A la faveur d'un point de presse donné le week-end dernier, le Comité directeur du FAR a menacé d'organiser un Congrès pour "virer" l'actuel leader dudit parti. Au nombre des griefs que lui font ses amis, son "infantilisme politique" et une gestion opaque des finances du parti.
PLUS rien ne va plus au sein de la hiérarchie du Forum africain pour la reconstruction (FAR). En effet, finis les mamours observés naguère entre Léon Mbou Yembi, Premier secrétaire du FAR et une grande partie des membres du Comité directeur qu'il dirige. Lesquels le menacent aujourd'hui d'éviction du secrétariat du parti, pour plusieurs motifs qu'ils ont rendus publics.
En effet, la déclaration lue devant la presse samedi dernier au siège de cette formation politique, membre de l'opposition radicale gabonaise, par le secrétaire national à la Communication, Claude Nzameyo, est une véritable déclaration de guerre contre Léon Mbou Yembi et ses amis qui constituent l'ossature du Forum africain pour la reconstruction aujourd'hui en complète déliquescence.
La convocation de la rencontre du week-end avec les médias de la place avait donc valeur de baromètre. Car il s'est agi, pour les "faristes" à l'origine de la fronde, "d'éclairer à cette occasion la lanterne et de "rassurer" les militants sur l'avenir de leur formation politique en tentant de mettre un terme à la "confusion longtemps occasionnée" par Léon Mbou Yembi, de plus en plus boudé par ses vieux compagnons de lutte politique.
Mais que lui reproche-t-on exactement ? Sur le plan de la gestion au quotidien du Forum, le Comité directeur condamne avec fermeté "l'infantilisme politique" de Léon Mbou Yembi: Selon les membres dissidents du Comité en question, bien qu'ils soient ensemble depuis plus d'âne décennie, le leader du FAR trouve toujours un malin plaisir à "suspecter lés autres de vouloir aller a la soupe".Un argumentaire, à les entendre, qui est devenu une sorte d'échappatoire que trouve toujours Léon Mbou Yembi, a chaque fois qu'il est mis en difficulté au sein du parti et/ou lorsqu'il lui est demandé des comptes sur sa gestion financière.
LE HIC • Le Comité directeur à l'origine de la fronde dorénavant ouverte dit également ne pas se reconnaître dans les différentes sorties que le premier secrétaire du FAR a faites dans certains organes de presse de la place.
De la gestion financière jugée opaque, il est demandé au "fariste" en chef de déterminer la destination qu'a pris le franc électoral donné par l'État aux partis politiques en 1996, en 2001 et en 2002. Soit au bas mot, a-t-on indiqué, 100 millions. "Alors même que, malgré cette manne, le parti a du mal à s'implanter et à s'affirmer sur le terrain" ironise Claude Nzameyo.
Pis, selon la partie dissidente, depuis 1996 les finances du FAR sont entièrement détenues par Léon Mbou Yembi qui, semble-t-il sans motif apparent, a tout bonnement décidé de déposséder le secrétaire national aux finances du parti de tous les chéquiers dûment signés. A ce sujet, le comité directeur entend entreprendre le moment venu toutes les démarches nécessaires afin que la lumière soit faite sur cette affaire des détournements réels ou supposés des fonds du FAR par Léon Mbou Yembi.
L'instance dirigeante du Forum africain pour la reconstruction déclare par ailleurs que les pourparlers engagés actuellement par ce dernier avec certains partis de l'opposition tels le PGP, le MESP et le Morena... n'engagent que sa personne et non le FAR. Entendu, précise-t-on, que toute décision engagée dans ce sens relève strictement de la compétence du congrès.
Le Premier secrétaire, conformément aux statuts; coordonne les activités du parti et préside les réunions du comité directeur. Or voici aujourd'hui plus d'un an qu'il n'a plus tenu de réunion de ce type. Et qu'a-t-il fait pour sortir le FAR de sa léthargie actuelle ? Rien !" soutiennent les membres dissidents par la voix de leur porte-parole.
Lesquels, prenant à témoin l'ensemble des militants, se réservent le droit d'organiser un congrès pour déboulonner Léon Mbou Yèmbi. L'avenir nous dira s'ils sont en mesure d'aller au bout de leurs annonces.
La réaction du leader du FAR est à lire dans notre prochaine livraison.