Réagissant à la déclaration de certains membres du secrétariat du parti qui l'ont menacé d'éviction du FAR, l'homme donne sa version des faits. Selon lui, les griefs qui lui sont faits ne sont que des prétextes, les vraies motivations de ses anciens amis sont ailleurs...
M. le premier secrétaire du Forum africain pour la reconstruction (FAR), dernièrement certains de vos amis du comité directeur ont fait une déclaration vous menaçant d'éviction. De quoi s'agit-il selon vous ?
C'EST avec un réel étonnement que j'ai appris la tenue d'un point de presse, samedi, au siège du parti sis à Akebé-Ville, par une fronde constituée de certains membres du comité directeur du FAR , dont j'ai la gestion, en qualité de premier secrétaire, depuis sa création. Ceux qui ont tenu à faire la déclaration de samedi sont de véritables pyromanes qui crient au feu. Leur souhait a toujours été d'amener le FAR dans la mouvance présidentielle, comme c'est à la mode actuellement. Je m'y suis toujours opposé dans le principe du pluralisme politique dans notre pays…
Il ne faut pas perdre de vue que nous sommes avant tout un parti de l'opposition. En effet, depuis 1990, nous sommes estampillés sous cette étiquette bien que le Parti démocratique gabonais, (PDG) a tenu la dragée haute pendant les élections, il faut montrer à la face du monde que le pluralisme politique existe bien dans notre pays. Nous nous battons pour cela même si certains de ceux-là qui m'entourent sont de plus en plus affamés et ne peuvent plus résister à la tentation d'aller à la soupe au bord de mer ou dans la majorité présidentielle...
Ils vous reprochent surtout votre gestion qu'ils qualifient d'opaque, qu'en dites-vous ?
Effectivement ils qualifient d'opaque ma gestion des finances du parti. Je pense qu'il y a là lieu de relativiser. En effet que me reproche-t-on puisqu'en 1996, c'est mon adjoint, le secrétaire national à l'administration chargé de la permanence du parti, Jean-Marie Nguéma Metoule qui était allé, bien avant le quitus du congrès de 1998, le lui autorisant, toucher l'argent de la campagne électorale. En dehors de l'argent de la campagne, nous avons obtenu notre premier franc électoral finalement en 2003. Preuves à l'appui et d'ailleurs ensemble, on avait pu nous doter d'un siège à Akébé-Ville, à hauteur de plus de trois millions. Et nous avons équipé celui-ci en ordinateur, en table et chaises pour réunions, panneaux d'indication du siège, etc.
Quant au franc électoral de 2004, nous ne l'avons toujours pas. Il faut rappeler qu'il n'y a pas longtemps, l'ancien ministre de l'Intérieur, le général Idriss Ngari, nous avait convoqués pour nous remettre l'arrêté. Mais il s'avère que le ministère des Finances qui est co-signataire n'a pas encore donné l'autorisation au Trésor public de nous payer. Donc nous patientons. Maintenant lorsque cela sera possible, nous irons, comme d'habitude, chercher ensemble cet argent au Trésor pour d'autres besoins du parti qui sont d'ailleurs légion. Je suis prêt pour cela à participer, s'ils le veulent, à un débat télévisé ou radiodiffusé pour en resituer les choses et alors nous verrons qui sera plus blanc que qui ?
Que pensez-vous de l'idée que les dissidents ont émise relative à la convocation d'un congrès pour vous destituer ?
-Ils veulent convoquer un congrès pour me destituer ? Alors qu ils le fassent. Mais où trouveront-ils l'argent nécessaire pour le faire ? Si ce n'est au bord de mer vers où tous lorgnent depuis avec concupiscence. Seulement, sauf à être ignorants; nous ne devons pas oublier, sur ce point précis; que les statuts sont bien clairs car ne peuvent prétendre à prendre de telles initiatives que ceux des militants ou les fédérations qui remplissent tous les critères qui s'imposent au rang desquels les cotisations régulières selon le mode établi. Or à ce jour, parmi tous ceux qui prêchent pour mon éviction, aucun ne verse même un radis dans les caisses presque vides du parti.
Si j'avais voulu, certains d'entre eux seraient aujourd'hui poursuivis pour détournement de l'argent affecté aux campagnes respectives de certains d'entre eux lors de la Présidentielle de 1998 et les Législatives de 2001. Notre candidat choisi pour s'opposer à Omar Bongo Ondimba en 1998 n'avait pas trouvé mieux que de faire plutôt la campagne du président de la République à Oyem...
Nous n'avons plus tenu de congrès depuis 1998, c'est vrai. Nous cherchons les moyens pour le faire. Mais faut-il préciser que sur les 25 membres qui constitue le bureau du Comité seuls 10 se réunissent régulièrement ? Ce sont les 15 autres invisibles qui s'agitent pour un but connu :amener le FAR dans la majorité.
Pour le reste, j'affirme ne faire que des alliances avec l'UPG, le Morena, le MESP...qui sont nos alliés parce que socialistes, communistes et patriotes nationalistes. Malgré l'agitation actuelle, en aucun cas je ne vais me rapprocher de la majorité présidentielle. Nous ne sommes pas obligés d'aller à la soupe.