Le parti de M. Christian Serge Maroga a dernièrement posé plusieurs actes contrevenant à l'esprit et la lettre de la Charte portant plate-forme politique et code de bonne conduite au sein du camp présidentiel. De, même, il pourrait être poursuivi en justice pour diffamation et attaques injustifiées contre le chef de l'État.
S'IL Y A une question que plusieurs responsables des partis qui composent la majorité présidentielle se posent, c'est bien celle de savoir depuis quand le Rassemblement des démocrates (RDD) de M. Christian Serge Maroga se comporte en taupe au sein de cette famille politique qui soutient l'action du président Omar Bongo Ondimba ? Et pour cause, c'est seulement depuis avant-hier qu'ils ont découvert que les leaders de cette formation politique jouaient à un double jeu. C'était au cours d'une réunion qui a eu lieu au palais de la présidence de la République sous la direction du chef de l'État, chef de la majorité présidentielle.
Parmi les questions inscrites à l'ordre du jour, figurait effectivement les récentes initiatives prises par le président du RDD. Lesquelles ont été jugées en violation flagrante des dispositions de la Charte portant plate-forme politique et code de bonne conduite au sein de la majorité présidentielle. Les autres partis du camp du président ont été choqués par les actes posés par celui qui était jusque-là était considéré comme un des leurs...
II s'agit notamment de la déclaration faite par M. Maroga relative à sa future candidature à l'élection présidentielle de 2005. Cet acte qui date du début de ce mois a étonné l'ensemble des responsables des formations politiques qui soutiennent l'action de Omar Bongo Ondimba. Ce d'autant plus que le parti de Christian Serge Maroga est signataire de la charte qui régit la majorité présidentielle. Laquelle dispose, en son article 18, que "pour l'élection présidentielle, et conformément à l'article 1 qui définit la majorité présidentielle comme un ensemble de partis politiques légalement reconnus qui soutiennent le président Bongo Ondimba, le chef de la majorité est par essence, le candidat naturel de la majorité, dès lors qu'il en a exprimé le voeu..."
Au regard de ces dispositions et au moment où plusieurs formations politiques et autres associations sollicitent avec insistance le président Bongo Ondimba pour qu'il soit candidat à la prochaine élection présidentielle, pendant que le chef de l'État ne s'est pas encore prononcé, les autres partis politiques considèrent que la démarche des responsables du RDD est inconcevable. Tout comme ils considèrent qu'elle correspond à une auto-exclusion de la majorité présidentielle.
ACTION EN JUSTICE. Surtout que Christian Serge Maroga et les siens ne s'arrêtent pas là. Ce qui pourrait être classé dans le cadre de la liberté d'expression des partis politiques. Mais ils ont fait plus grave au cours de la conférence de presse consacrée à la déclaration de candidature du président de RDD. Ce dernier avait accusé le chef de l'État de vouloir faire du Gabon une monarchie. Des "allégations gratuites", sur fond de diffamation, que M. Maroga n'a pas pu prouver au cours de la réunion d'avant-hier au palais de la présidence...
Au cours de cet échange aussi, les participants ont découvert que M. Maroga était auteur d'un certain nombre de documents adressés à l'opposition, notamment l'Union peuple gabonais (UPG) de Pierre Mamboundou, dans lesquels il prône "la coalition des sudistes". De même, il a écrit aux chefs d'État étrangers pour parler des problèmes du Gabon comme si les problèmes du Gabon se règlent dans d'autres capitales.
C'est pour toutes ces raisons que les partis de la majorité présidentielle estiment que le RDD ne peut plus continuer à siéger au sein de cette famille politique. Une réunion imminente entérinera la décision et la lui signifiera. Soulignons qu'au terme du congrès de la Refondation, M. Maroga avait porté plainte contre le chef de l'État auprès de la Cour constitutionnelle pour "violation de la Loi fondamentale". Il estimait que le fait pour le président Bongo Ondimba d'accepter d'être président-fondateur du PDG était en violation avec la Constitution. Ce qu'il n'avait pas pu prouver non plus.
L'exclusion du RDD pourrait être accompagnée d'une action en justice contre son président pour diffamation et attaques injustifiées contre le chef de l'État.