La Cour constitutionnelle du Gabon a achevé vendredi l'étude du contentieux électoral issu des législatives des 9 et 23 décembre 2001, en procédant à une douzième invalidation, a constaté un journaliste de l'AFP.
Un candidat de l'opposition, Jean-Pierre Nsoghe Nguema, membre du Congrès pour la Justice et la Démocratie (CDJ), a vu son élection annulée pour "falsification" des procès-verbaux de 11 bureaux de vote de la circonscription où il s'était présenté, a expliqué la présidente de la Cour constitutionnelle, Marie Madeleine Mborantsuo.
Onze annulations avaient déjà été prononcées ces dernières semaines par la plus haute institution judiciaire gabonaise.
Ces annulations ne devraient pas pour autant bouleverser l'échiquier politique du Gabon, où le Parti démocratique gabonais (PDG), la formation du président Omar Bongo, a raflé 86 des 120 sièges de l'Assemblée nationale, à l'issue des législatives.
Huit candidats du PDG, parmi lesquels le ministre délégué au Budget, Senturel Ngoma Madoungou, et le ministre de l'Education nationale, Daniel Ona Ondo, ainsi que deux opposants, un membre de la majorité présidentielle et un indépendant, devront néanmoins se représenter devant leurs électeurs.
La présidente de la Cour constitutionnelle a profité de la clôture du contentieux électoral pour appeler "tous les acteurs politiques et les citoyens à prendre leurs responsabilités" dans la perspective des futures échéances électorales, notamment les municipales, attendues courant 2002.
L'établissement de la liste électorale "doit être mené dans les délais prescrits par la loi et dans les conditions de rigueur indispensables à cette fiabilité", a-t-elle déclaré.
Une polémique avait éclaté à la veille des législatives de 2001 à propos du fichier électoral, qui faisait apparaître plus de 774.000 électeurs gabonais pour un pays d'environ un million d'habitants, obligeant la Commission nationale électorale (CNE) à procéder à un "toilettage" de dernière minute, rappelle-t-on.
"A cause des manquements observés à ce niveau, bon nombre de citoyens n'ont pas pu prendre part au vote (...), ce qui a fait dire, à tort, que cette consultation électorale a enregistré un fort taux d'abstention", a-t-elle déploré.
La présidente de la Cour constitutionnelle a également dénoncé "des comportements blâmables et des négligences coupables" de certains magistrats chargés d'animer les différentes commissions électorales.
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