LIBREVILLE, 16 jan (AFP) - 13h31 - Le parti de l'opposant gabonais Pierre-Louis Agondjo Okawe, député-maire de la capitale économique du pays, Port-Gentil, a annoncé mercredi à Libreville qu'il ne participerait pas au gouvernement d'ouverture proposé début janvier par le président Omar Bongo.
Le Bureau national du Parti gabonais du Progrès (PGP), qui s'est réuni mardi à Libreville, a décidé de dire "non à la participation du parti à un quelconque gouvernement d'ouverture", a annoncé son dirigeant lors d'un point de presse.
Dénonçant les "mauvaises conditions" des élections législatives de décembre dernier et "l'insolente majorité que se sont arrogés" le parti au pouvoir et ses alliés, le bureau politique du PGP a invoqué "le principe sacro-saint selon lequel la majorité gouverne et l'opposition s'oppose ".
Le PGP, fer de lance de la contestation au Gabon au début des années 1990, se démarque ainsi du Rassemblement national des Bûcherons (RNB/RPG) du maire de Libreville, Paul Mba Abessole, l'autre opposant historique au président Bongo.
Réuni le 13 janvier en congrès extraordinaire, le RNB/RPG avait répondu favorablement à l'appel lancé le 3 janvier par le chef de l'Etat en faveur d'un gouvernement d'ouverture, pour une "gestion collective" de l'Etat.
"Nous constatons aujourd'hui, à travers l'abstention massive, que les Gabonais ne croient plus tellement au Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir) et à l'alternance par la voie des urnes; nous estimons qu'il faut changer de méthode et nous ne voulons pas donner une caution de gauche au pouvoir", a souligné M. Agondjo, interrogé par l'AFP.
Le président du PGP a estimé, contrairement à M. Mba Abessole, que le pays ne courait pas "un danger" justifiant la participation à un gouvernement de "large consensus", ajoutant que le futur gouvernement d'ouverture "devra appliquer le programme du PDG".
Après les Accords de Paris, signés en 1994 à la suite d'un mouvement de désobéissance civile orchestré par l'opposition, "nous avions accepté de participer à un gouvernement pour la démocratie et nous n'avons rien gagné", a expliqué M. Agondjo.
En 1990, le PGP avait été en première ligne du violent mouvement insurrectionnel déclenché dans tout le pays, et en particulier dans la cité pétrolière de Port-Gentil (sud), après l'assassinat non-élucidé de son secrétaire général, Joseph Rendjambé.
Fort de 17 députés après les premières législatives multipartites de 1990, le PGP a vu son audience s'effriter tout au long de la décennie, et n'a obtenu que trois sièges aux dernières législatives, contre huit en 1996.
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