LIBREVILLE, 27 jan (AFP) - 23h39 - Le Premier ministre gabonais, Jean-François Ntoutoume Emane, a annoncé dimanche soir la formation de son nouveau gouvernement, dit "d'ouverture", dans lequel quatre opposants font leur entrée.
L'opposant historique au président Omar Bongo, le député-maire de Libreville, Paul Mba Abessole, devient ministre d'Etat, ministre des Droits de l'Homme, chargé de mission, tandis que deux (bien deux) cadres de son parti, le Rassemblement national des bûcherons (RNB/RPG), intègrent ce gouvernement pour la première fois depuis le retour au multipartisme en 1990.
Le quatrième opposant à entrer au gouvernement est le président du Parti social démocrate (PSD, opposition), Pierre Claver Maganga Moussavou, nommé ministre d'Etat, ministre de l'Agriculture, de l'Elevage et du Développement rural.
La nouvelle équipe est forte de 39 membres, soit six (bien six) de plus que le dernier gouvernement, et comprend deux vice-Premier ministre, huit ministres d'Etat, 21 ministres, et sept ministres délégués.
Elle mettra l'accent sur la "lutte contre la pauvreté, la lutte contre la corruption et la réinsertion sociale, qui sont des préoccupations majeures du chef de l'Etat", a déclaré M. Ntoutoume Emane à la télévision nationale.
Outre l'entrée d'opposants, ce "gouvernement d'ouverture" voulu par le président Omar Bongo, malgré la très large victoire de son camp aux élections législatives de décembre dernier, est marqué par des changements importants.
Paul Toungui, ancien ministre des Mines, de l'Energie, du Pétrole et des Ressources hydrauliques, devient ministre d'Etat, chargé de l'Economie, des Finances du Budget et de la Privatisation, à la place d'Emile Doumba, nommé ministre de l'Economie forestière, des Eaux, de la Pêche, chargé de l'Environnement.
L'ancien ministre des Transports, le général Idriss Ngari est nommé ministre de l'Intérieur, de la Sécurité publique et de la Décentralisation, à la place d'Antoine de Padoue Mboumbou Miyakou, promu vice-Premier ministre, ministre de la Ville.
Les ministères-clefs des Affaires étrangères et de la Défense restent aux mains de leurs titulaires précédents, respectivement Jean Ping et Ali Bongo, fils du chef de l'Etat.
Le "combat pour le développement du pays ne peut se faire que dans la tranquilité publique et dans la paix sociale", a déclaré le Premier ministre, Jean-François Ntoutoume Emane, pour expliquer la décision présidentielle de former un gouvernement d'ouverture.
C'est pourquoi, le président Bongo "a voulu, comme toujours, que toutes les forces vives de la nation, toutes les bonnes volontés se rassemblent", a ajouté M. Ntoutoume Emane, nommé en janvier 1999 dans ses fonctions et reconduit samedi à la tête du gouvernement gabonais.
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