LIBREVILLE, 25 jan (AFP) - 18h37 - Le gouvernement gabonais a présenté vendredi sa démission au président Omar Bongo, qui l'a acceptée, ouvrant la porte à la formation d'un "gouvernement d'ouverture" dans lequel devrait notamment entrer le parti d'un opposant historique au chef de l'Etat, Paul Mba Abessole.
"A partir de ce jour (vendredi), le gouvernement a remis sa démission" et "expédie les affaires courantes en attendant la nomination d'un nouveau Premier ministre", a déclaré l'actuel chef du gouvernement, Jean-François Ntoutoume Emane, à la télévision nationale.
Le chef du "gouvernement d'initiative et de combat" s'est ainsi conformé à l'article 34 de la Constitution gabonaise, qui stipule que "les fonctions du gouvernement cessent à l'issue de la proclamation des résultats des élections législatives par la Cour constitutionnelle".
La haute juridiction a en effet proclamé vendredi midi les résultats des dernières partielles des législatives gabonaises tenues en décembre 2001, qui ont reconduit l'écrasante majorité absolue du Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir), vainqueur dans 86 circonscriptions sur 120.
Cette démission prend toutefois un relief particulier compte tenu de l'appel lancé le 3 janvier par le président Bongo, en faveur d'un "gouvernement d'ouverture", pour "une gestion collective de l'Etat".
Le Rassemblement national des Bûcherons/Rassemblement pour le Gabon (RNB/RPG) du député-maire de Libreville, Paul Mba Abessole, a accepté la main tendue du chef de l'Etat lors de son congrès extraordinaire, le 13 janvier.
Devenu la première formation d'opposition à l'issue du scrutin législatif de décembre, avec seulement huit élus, ce parti dominé par l'ethnie Fang, majoritaire au Gabon, et fer de lance de l'opposition radicale gabonaise au début des années 1990, devrait faire son entrée dans le futur gouvernement.
On ignorait vendredi après-midi quand interviendrait sa formation. Celle-ci semblait néanmoins proche, le nouveau Bureau de l'Assemblée nationale devant être élu vendredi après-midi.
Selon des rumeurs circulant ces derniers jours au sein de la classe politique gabonaise, M. Mba Abessole pourrait personnellement hériter du portefeuille de vice-Premier ministre.
Hormis le RNB-RPG, seul le Parti social démocrate (PSD, opposition) de M. Pierre Maganga Moussavou, a officiellement accepté, jeudi soir, de participer à ce gouvernement d'ouverture.
Le Parti gabonais du progrès (PGP) du député-maire de la cité pétrolière de Port-Gentil, Pierre-Louis Agondjo Okawe, l'autre opposant historique au président Bongo, avait décliné l'offre au motif que "la majorité gouverne et que la majorité s'oppose".
L'opposant radical Pierre Mamboundou, président de l'Union du peuple gabonais (UPG), second derrière Omar Bongo lors de la présidentielle de 1998, et qui a boycotté les dernières législatives, a de son côté fustigé l'attitude des autorités. "Après qu'ils aient fraudé, triché et atteint 100 députés à l'Assemblée nationale, ils tendent la main à quelques lapins en quête de carottes", avait-il ironisé.
L'entrée d'opposants dans le futur exécutif devrait conduire le président Bongo à quelques arbitrages délicats dans son propre camp, les engagements pris par le Gabon envers les institutions financières internationales ne lui permettant pas une inflation du nombre de portefeuilles ministériels.
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