LIBREVILLE, 26 jan (AFP) - 21h05 - Le Premier ministre gabonais, Jean-François Ntoutoume Emane, a été reconduit samedi dans ses fonctions par le président Omar Bongo, a-t-on appris dans la soirée auprès de la Primature.
M. Ntoutoume Emane, 62 ans, avait démissionné vendredi, comme le veut l'article 34 de la Constitution gabonaise qui stipule que "les fonctions du gouvernement cessent à l'issue de la proclamation des résultats des élections législatives par la Cour constitutionnelle".
Il doit à présent composer un "gouvernement d'ouverture", dans lequel entrera une partie de l'opposition, conformément à l'appel lancé le 3 janvier par le président Bongo en faveur d'une "gestion collective" de l'Etat.
M. Ntoutoume Emane avait été nommé le 23 janvier 1999 à la tête d'un "gouvernement d'initiative et de combat", dans la foulée de la réélection d'Omar Bongo à la présidentielle de 1998.
D'ethnie Fang, originaire de la Province de l'Estuaire, il a été confronté pendant trois ans à la mauvaise situation économique de "l'émirat pétrolier" d'Afrique centrale, liée au faible cours du baril de pétrole en 1998-99 et à l'amenuisement de ses réserves pétrolières.
Son gouvernement a réussi à renouer avec les institutions financières internationales, au prix d'une politique d'austérité axée sur le remboursement de la dette extérieure, souvent durement ressentie par la population.
Sa reconduction à la tête du gouvernement témoigne de la confiance que lui témoigne le président Bongo, qui n'avait pourtant pas ménagé les critiques à son endroit, fustigeant, à l'occasion, l'inaction de son "gouvernement de coma".
Fidèle du chef de l'Etat gabonais, et diplômé en Sciences politiques de l'Université de Jussieu (Paris), M. Noutoume Emane a occupé auparavant plusieurs postes de ministre.
De 1976 à 1990, il avait été conseiller personnel du président Bongo, au pouvoir depuis 1967.
Le président Bongo, malgré l'écrasante victoire de sa formation, le Parti démocratique gabonais (PDG), aux législatives des 9 et 23 décembre derniers, s'était déclaré début janvier favorable à un gouvernement d'ouverture, répondant ainsi aux critiques de l'opposition sur l'organisation du scrutin et le "retour au parti unique".
Le premier parti d'opposition, le Rassemblement national des bûcherons (RNB-RPG, 8 députés), du député-maire de Libreville, le Père Paul Mba Abessole, opposant historique au président Bongo, a répondu favorablement à cet appel, le 13 janvier. Pour la première fois depuis le retour au multipartisme au Gabon, en 1990, il devrait donc participer à l'exécutif.
Le Parti social démocrate (PSD, opposition, 1 député) de M. Pierre Maganga Moussavou, a également souscrit à l'appel du président Bongo.
Le Parti gabonais du progrès (PGP, 3 députés) du député-maire de la cité pétrolière de Port-Gentil, Pierre-Louis Agondjo Okawe, et l'opposant radical Pierre Mamboundou, président de l'Union du peuple gabonais (UPG), s'y sont en revanche déclarés hostiles.
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