Le Premier ministre gabonais, Jean-François Ntoutoume Emane, a présenté mardi devant l'Assemblée nationale le programme de son gouvernement "d'ouverture", formé le 27 janvier dernier après la tenue de législatives en décembre 2001, a constaté un journaliste de l'AFP.
Le programme s'articule principalement autour du combat contre "la pauvreté et l'exclusion sous toutes leurs formes" et "la refondation de l'Etat", a expliqué le Premier ministre dans sa déclaration de politique générale.
"Le renforcement de l'Etat de droit" et "la lutte contre la corruption", ainsi que "la poursuite de l'assainissement des finances publiques", seront également au centre des préoccupations du nouveau gouvernement, a-t-il ajouté au cours de son allocution qui a duré plus de deux heures.
Nommé dans ses fonctions en janvier 1999 et reconduit le 26 janvier dernier, M. Ntoutoume Emane a constitué un gouvernement "d'ouverture" intègrant pour la première fois des membres de l'opposition gabonaise, invitée par le président Omar Bongo à participer à l'exécutif.
Dans son discours, le Premier ministre s'est toutefois longuement attardé sur les réalisations de la précédente équipe gouvernementale, précisant que "les mesures déjà engagées vont constituer la base des actions futures du gouvernement".
Le Pacte national de Solidarité et de développement (du président Bongo lors de la présidentielle de 1998) "sera la principale source d'inspiration du programme d'action que je décline devant vous", a-t-il encore ajouté.
"La moralisation des moeurs politico-administratives et financières dans notre pays constitue l'un des tout premiers chantiers auquel ce gouvernement va s'atteler", a poursuivi M. Ntoutoume Emane, rappelant la création dans l'actuel gouvernement d'un ministère chargé de la lutte contre la corruption.
Pour renforcer l'autorité de l'Etat, le nouveau gouvernement entend poursuivre "la réforme administrative déjà initiée" et renforcer les moyens humains et matériels des forces de sécurité (police et armée).
Le Premier ministre, qui a expliqué "la progression de la pauvreté" au Gabon par la montée du chômage, a par ailleurs promis un programme pour la création de "1.000 micro-projets" représentant à terme quelque 3.000 emplois.
"Dans un contexte de déclin du secteur pétrolier", le gouvernement poursuivra "l'assainissement des finances publiques par l'amélioration du rendement fiscal et la maîtrise des dépenses publiques", a-t-il indiqué M. Ntoutoume Emane.
Cette volonté se traduira notamment par l'élargissement de l'assiette de l'impôt, la réduction des niches fiscales, a-t-il ajouté, évoquant aussi la création d'un impôt foncier.
Le gouvernement poursuivra aussi le remboursement de la dette, intérieure et extérieure, du Gabon, tout en gardant comme objectif la réduction de la pauvreté.
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