(Libreville, 14 août 2002 - L'Union) - Les membres de la Commission paritaire Majorité/Opposition ayant inspiré le projet d'ordonnance adopté avant-hier en Conseil des ministres n'ont pas manqué de traiter des "indépendants", un sujet qui a souvent perturbé les états-majors des formations politiques, notamment celui du PDG dont certains militants non investis se sont présentés à plusieurs élections sans être sanctionnés.
PARMI les avancées des travaux de la Commission ad hoc paritaire Majorité/ Opposition il y a la question des candidatures indépendantes. Laquelle était jusque-là traitée par l'article 62 de la loi 07./96 du 12 mars 1996 modifiée par la loi 10/98 du 10 juillet 1998 portant dispositions communes à toutes les élections politiques. Ce texte disposait que "les partis ou groupement de partis politiques légalement reconnus sont admis à déposer une liste de candidature et une seule ; les candidats indépendants peuvent également présenter une liste de candidats égale au nombre de sièges attribués à la circonscription ou à la section électorale concernée."
Les innovations apportées à ces dispositions viennent de ce que désormais, le candidat indépendant est astreint à une sorte de discipline. En ce sens que la loi précise que "tout adhérent à un parti politique légalement reconnu ne peut, sans démission préalable de celui-ci, se préscnter comme candidat indépendant ni figurer sur une liste de candidats indépendants. En cas d'absence de démission expresse, toute candidature indépendante vaut démission du parti." De même, le nouveau texte interdit à tout élu indépendant d'adhérer à un parti politique légalement reconnu pendant la urée de son mandat, sous peine d'annulation de son élection...
Il faut souligner que ces nouvelles précisions entraînent un certain nombre de conséquences aussi bien au sein des partis politiques que dans les institutions parlementaires et les conseils locaux. Tout comme elles viennent mettre fin à une sorte de roublardise politique dont les populations ont souvent été les victimes, pour paraphraser le constitutionnaliste Samuel Ntoutoume Ndzeng qui estime que le fait de s'inscrire à l'Assemblée nationale ou au Sénat dans le groupe parlementaire d'une formation politique, alors que l'on a été élu en tant qu'indépendant, relève de la tromperie du peuple.
C'est un raisonnement qui se tient lorsqu'on à la certitude que l'élection d'un candidat indépendant est l'expression d'un rejet des partis politiques classiques par les populations. Dans ce cas effectivement, cela correspondrait à une trahison des électeurs qui ont choisi l'indépendant dans le but de sanctionner les partis, mais qui apprennent que leur élu a finalement radé une formation politique.
Il faut surtout reconnaître que les nouvelles dispositions de l'article 62, telles que proposées par les commissaires de la majorité et de l'opposition ayant travaillé sur la révision et l'amélioration du Code électoral viennent au secours des partis politiques. Parce que le phénomène des indépendants a toujours constitué un casse-tête chinois pour les formations politiques en périodes électorales.
On se souvient que depuis 1996, le Parti démocratique gabonais (PDG), majoritaire, a régulièrement été confronté à ce problème. Ce qui a souvent obligé son directoire à sortir de sa réserve en brandissant la menace de la sanction. Mais, en dépit des multiples rappels à l'ordre lancés par le secrétaire général de l'ancien parti unique, Simplice Guedet Manzela, des militants "indisciplinés" se sont toujours présentés comme indépendants aux élections. Arrachant même parfois la victoire aux candidats investis par le parti.
Dans la perspective des prochaines élections locale et sénatoriales, il y avait déjà des militants de ce parti qui ambitionnaient de présenter des candidatures parallèles. C'est donc dire que la révision de la loi électorale, notamment le renforcement de la réglementation par rapport à la question des indépendants est arrivée à point nommé pour les responsable du PDG qui n'avaient toujours pas trouvé la parade pour dissuader leurs militant de se présenter comme indépendants aux élections.
Désormais donc les choses sont claires. Une candidature indépendante d'un militant de parti correspondra à son exclusion de cette structure politique. Ceci présage indéniablement d'un nombre très limité de candidature indépendantes lors des prochaines élections.