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Concertation: L'opposition amorce un revirement tardif et sans objet
Auteur:  L'Union  | Date: 13 Août 2002  | Réactions ()
Section: Politique  | Source: L'Union

(Libreville, 13 août 2002 - L'Union) - Me Pierre-Louis Agondio Okawé, le leader du Parti gabonais du progrès (PGP), que ses compagnons présentent comme le chef de file des faucons, souhaite la reprise des discussions sur le Code électoral. Un dossier bouclé qui rend la démarche initiée par ce camp sans intérêt.

AU lendemain de l'attitude incorrecte de l'opposition gabonaise qui a brillé par son absence à la plénière présidée par le chef de l'Etat, Omar Bongo, samedi 10 août 2002, lors de la remise solennelle du Rapport des travaux de la Commission paritaire ad hoc constituée pour réfléchir sur le Code électoral, l'opposition gabonaise amorce un revirement parfaitement sans objet par rapport à l'évolution de la question électorale.

Certains de ses leaders, notamment Pierre-Louis Agondjo Okawé, joint hier au téléphone depuis son fief politique de Port-Gentil, a indiqué que ses compagnons et lui considèrent que le débat engagé "reste ouvert sur les quatre points de désaccord".

La position du camp de l'opposition exprimée hier par le président du Parti gabonais du progrès qui, selon ses collègues, conduisait le camp des "faucons", c'est-à-dire, des farouches opposants à la participation à la plénière de samedi, apparaît plutôt curieuse.

Elle illustre bien l'attitude inconséquente de ce dernier, voire de l'ensemble des chefs de ce groupement politique. Pis, elle confirme la légèreté des décisions prises par ces hommes politiques face à des sujets d'intérêt majeur pour le pays.

En effet, après dix jours de longues et âpres discussions placées sous l'égide du président de la République sur des corrections et des aménagements de l'ordonnance portant modification de la loi Électorale, le refus de prendre à la plénière présidée par le président de la République, révèle beaucoup d'incohérences dans la démarche des chefs de partis ainsi qu'une certaine immaturité politique dans les actes posés par quelque-uns de ces dirigeants.

COLOMBES•

Après l'arbitrage présidentiel sollicité par ces quatre responsables de l'opposition, sur lequel toutes les parties s'étaient accordées, rendez-vous avait été pris le lendemain samedi 10 août 2002 lors de la plénière. Au cours de cette assemblée présidée par le président de la République, la classe politique devait comme c'est souvent les cas, en pareille circonstance, débattre du contenu du Rapport final élaboré par la Commission paritaire.

Des avancées ayant été enregistrées pendant les travaux engagés entre représentants de la majorité et de l'opposition, l'on s'interroge de plus en plus sur les raisons qui ont amené ces leaders à ne pas prendre part à l'ultime séance de la concertation politique. Alors que, comme l'indiquent des "colombes", c'est-à-dire, le groupe des partisans à la participation à la plénière, mis en minorité par les "faucons", cette rencontre leur aurait certainement d'obtenir, à la suite de nouvelles discussion, quelques aménagements.

BLOCAGE

La première raison qui fait que ce revirement est sans objet tient au fait que, s'agissant de la révision de l'outil électoral, la question est close pour le président Omar Bongo. La seconde a trait au calendrier, car après la remise du Rapport final de la Commission ad hoc au chef de l'Etat, le conseil des ministres devait, dès hier, plancher et adopter son contenu sous la forme d'une ordonnance gouvernementale, fruit de la large concertation qui a rassemblé toutes les formations légalement reconnues, représentées ou non au Parlement.

Au demeurant, cette situation devrait interpeller l'opinion nationale et internationale sur l'attitude de blocage et de pourrissement des situations qu'adopte régulièrement l'opposition chaque fois quelle est conviée ou associée par le président Omar Bongo à une action allant dans le sens de l'intérêt supérieur de la nation et de l'affermissement de notre démocratie.

Une stratégie encore confirmée par son refus d'aller au bout du processus conduit d'un commun accord. Ce après qu'elle eut été appelée à nouveau par le chef de l'Etat, qui par fidélité au dialogue politique et au consensus qu'il a toujours utilisés, entendait associer tous les partis politiques présents ou non au Parlement pour débattre et amender le texte révisant la loi électorale.

Tous les acteurs politiques avaient conscience que le président de la République pouvait à travers cette ordonnance modifier le cadre juridique qui réglemente les élections. Ce qu'il n'a pas fait alors que la Constitution lui en confère le pouvoir en période d'intersession, c'est-à-dire, de vacance du Parlement. Tout comme il aurait pu tout aussi bien faire amender la loi électorale par l'Assemblée nationale et le Sénat, sans risque aucun, car disposant d'une confortable majorité au sein de ces deux chambres.

• Quoi qu'il en soit, la volte-face que d'aucuns jugent maladroite et irrespectueuse vis-à-vis de l'institution présidentielle, de ces opposants, laquelle sert d'introduction à la démarche de Pierre-Louis Agondjo Okawé, ne se justifiait pas tout comme l'initiative qu'elle précède arrive un peu tard.
Cela est d'autant plus vrai, révèle une source proche du dossier, que la veille, vendredi 9 août, la délégation de l'opposition conduite par le co-président Michel Essima Ossé, et comprenant Pierre-Louis Agondjo Okawé, du PGP, Jules-Aristide Bourdès Ogouliguendé, du CDJ, Albertine Maganga Moussavou, du PSD, avait été reçue par le chef de l'Omar Bongo, pour d'ultimes arbitrages sur trois points de désaccord avec la majorité. Notamment sur l'usage du bulletin unique de vote, le réaménagement de la composition dé la Commission nationale électorale, la remise des procès verbaux aux membres des bureaux de vote.

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