(Libreville, 12 août 2002 - L'Union) - Le chef de l'État a reçu samedi à la présidence de la République le rapport de la Commission paritaire ad hoc majorité-opposition qui comporte de profonds aménagements sur 80 articles du Code électoral. Le chef de l'État gabonais parle D'avancée significative. L'opposition qui a pris une part active aux discussions, pendant dix jours, a brillé par son absence à la cérémonie de remise solennelle des conclusions au président de la République.
LE président Omar Bongo s'est félicité du travail accompli par l'ensemble des acteurs politiques du pays en indiquant à l'issue de la concertation politique que celle-ci marque une victoire pour la démocratie.
Recevant des mains de Me Louis-Gaston Mayila, co-président de la Commission ad hoc majorité-opposition constituée le 30 juillet dernier date de lancement des pourparlers à la présidence de la République, le chef de l'Etat a estimé que les profonds amendements du Code électoral proposés par le gouvernement en prévision des prochaines élections locales constituent une "avancée significative pour notre pays".
Ce renouveau se traduit, au terme de dix jours de travaux par les conclusions auxquelles les acteurs politiques sont parvenus autour des deux co-présidents Louis-Gaston Mayila ( PUP/majorité) et Michel Essima Ossé (RNB /opposition).
AMÉNAGEMENTS
D'où la satisfaction affichée samedi par le président Omar Bongo qui adressant un satisfecit aux 36 membres de la Commission ad hoc paritaire, s'est résolu à aller de l'avant. Au terme de la concertation, il est apparu évident pour le chef de l'Etat gabonais que la question du Code électoral est définitivement réglée. "Que l'on ne revienne plus me parler dû Code électoral, ni sur ce qui a été déjà fait", a lancé Omar Bongo, conscient d'avoir répondu aux attentes des Gabonais et agi dans le seul intérêt de la nation gabonaise.
La nouvelle mouture peaufinée par les deux camps politiques vient corriger le dispositif tant décrié déjà l'avant-veille, pendant et surtout après les dernières élections législatives de décembre 2001. Dans sa volonté de parfaire le cadre légal régissant à la suite des "Accords de Paris" les scrutins électoraux, l'Exécutif avait fait adopter le 24 juillet dernier une ordonnance qui a servi de base de travail aux commissaires des deux camps politiques conviés par le président de la République à ce tour de table.
A la lecture des résultats issus de ces travaux convoqués afin d'apporter des amendements et des aménagements dans l'outil électoral pour que le Gabon se dote d'une loi électorale qui redonne confiance et rassure l'opinion nationale et internationale, le consensus a jusqu'au dernier jour dominé l'état d'esprit de la réunion politique.
Vendredi dernier, en effet, le chef de l'Etat Omar Bongo avait reçu les membres du bureau de la Commission a' taire venus Fui présenter les conclusions auxquelles ils sont parvenus. Ils avaient également sollicité l'arbitrage du président de la République sur trois points.
RESPONSABILITÉ
Ayant répondu "en toute liberté et dans l'intérêt supérieur de la nation" à cette sollicitation des dirigeants des partis politiques qu'il n'a eu de cesse, d'ailleurs, de rencontrer pendant ces dix jours d'échanges, le président Omar Bongo n'a pas caché son étonnement en constatant que les chefs de partis de l'opposition qu'il avait reçus ra veille brillaient par leur absence kirs de l'ultime rencontre plénière du samedi 10 août dernier à la présidence de la République (lire jean-Christian KombiIa).
Par cette absence aux allures de coup d'éclat, c'est une image brouillée que l'opposition a renvoyée à l'opinion nationale. En ce sens qu aujourd'hui encore plus qu'hier, en optant en fin de pourparlers pour la politique de la chaise vide, ses ténors ont démontré la complexité de leurs attitudes. Mais aussi et surtout le degré de responsabilité politique qu'ils affichent face a l'enjeu majeur que constitue le règlement de la question électorale dans notre pays.
Une situation qui donne réellement à penser que ces dirigeants de partis de l'opposition ne savent pas ce qu'ils veulent, ce qui jette un voile sur leur réelle volonté de contribuer à la paix et à la stabilité qui singularisent notre pays dans une région en proie à de fréquents soubresauts.
"Que les Gabonais sachent ce qui veulent la paix ou non" a
En effet, convoquée dans un contexte pré-électoral marque par des contestations autour de l'outil électoral, la concertation politique initiée par Omar Bongo, répondait au seul souci de susciter le débat, donner aux acteurs politiques l'occasion de s'exprimer sur les questions relatives à la préparation et l'organisation des opérations électorales qui ont souvent suscité de vives controverses au sein de la classe politique:
Par cette invitation au dialogue qu'il ne cesse de répéter depuis 1998 au lendemain de l'élections présidentielle, le chef de l'Etat a indiqué s'être chaque fois plié à I exigence de dialogue qui guide son action politique, en tendant la main aux différents acteurs politiques et même à des perdants.
Une démarche qui, faut-il le rappeler, met en évidence la portée de la philosophie politique qui guide l'action de l'homme d Etat Omar Bongo, et qui l'a amené après la lecture du contenu du Rapport final, fruit du consensus, à parler de "victoire pour le Gabon et la démocratie".
dit le chef de l'Etat, comme pour prendre à témoin l'opinion nationale par rapport à la réponse donnée par ces dirigeants de partis à son initiative.• Ceux-ci avaient trait à l'usage du bulletin unique de vote, le réaménagement de la composition de la Commission nationale électorale et la remise des procès verbaux aux membres des bureaux de vote.• Ils ont remanié quatre-vingts (80) dispositions de la loi électorale contre dix-huit (18) préalablement soumis à leurs examen, dans un réel climat de franchise, de respect et de considération mutuelle, ponctués par des débats âpres, rudes et parfois passionnés, des confrontations parfois harassantes et délicates.