(Libreville, 30 juillet 2002 - L'Union) - Les chefs de partis politiques réunis ce matin à la présidence de la République autour du chef de l'État, Omar Bongo, sont attendus sur le terrain des réformes devant permettre de régler une fois pour toutes la question électorale au Gabon.
LA grand-messe des acteurs politiques gabonais que préside dès 10 heures, ce mardi 30 juillet 2002, le chef de l'État, Omar Bongo, ouvre des perspectives nouvelles autour de la question fondamentale des élections dans notre pays.
La trentaine de chefs de partis attendue pour cette concertation tant souhaitée, qui planchera sur le Code électoral en prévision des élections en vue du renouvellement des assemblées départementales et sénatoriales prévues théoriquement avant la fin de l'année, se lance à la quête d'un consensus autour d'une nouvelle formulation de ce document à la base des consultations électorales.
En effet, à l'ordre du jour de la rencontre au Sommet des chefs de partis politiques, la révision du texte portant dispositions communes à toutes les élections politiques articulé autour de 164 articles. Il sera très certainement question de définir des règles nouvelles autour des missions de l'administration de la Commission nationale électorale, des conditions d'éligibilité, d'organisation des élections, de déroulement du vote et des opérations post-électorales.
Élaboré en mars 1996 après les "Accords de Paris" issus des négociations menées entre les représentants de la majorité et ceux de l'opposition, puis modifié deux ans plus tard, ce document à la base de toute opération électorale n'a cessé depuis lors d'être décrié par ces mêmes acteurs.
Certains se sont violemment opposés au maintien de ce texte en l'état estimant que la présence de certaines dispositions était contraire à l'idée qu'ils se font d'une élection transparente. D'autres également se sont insurgés haut et fort contre la mauvaise, voire le manque d'application stricte de certains articles.
INITIATIVE
Les ténors des principaux partis, Pierre-Louis Agondjo Okawé du PGP, Paul Mba Abessole du RNB-PGP, Pierre Mamboundou, de l'UPG, Me Louis-Gaston Mayila, du PUP, jules-Aristide Bourdès Ogouliguendé du CDJ, avaient lancé l'idée d'un bulletin unique, du vote obligatoire, de la réforme de la Commission nationale électorale, etc. L'article 48 que l'on disait au centre du transfert des électeurs et de la fraude au cours des votes, avait chaque fois été décrié.
Face à ces différentes récriminations et plaintes sans cesse formulées par les chefs des partis politiques et dont le point culminant sera atteint lors de la cérémonie de présentation des vœux lu président de la République, le gouvernement, le ministère de l'Intérieur s'est employé, dans la perspective du vote prochain, à trouver des solutions idoines au règlement de ce problème jugé fondamental.
C'est dans cet ordre d'idées que se situe l'adoption par le Conseil des ministres mercredi 24 juillet dernier de nouvelles dispositions autour de cet article incriminé. Dans la vision gouvernementale perçue comme une volonté de parfaire l'outil électoral cette initiative devrait, semble-t-il, permettre aux participants à la réunion politique d'entamer les discussions sur une base nouvelle.
ADMINISTRATION.
Les discussions de ce matin pourraient également porter sur les missions assignées à l'Administration et à la Commission nationale électorale. De l'avis de certains chefs de partis qui n'ont jamais caché leurs critiques au sujet de l'implication des magistrats dans le jeu électoral, la réaffirmation du rôle majeur des préfets dans la confection des listes électorales est à l'ordre du jour.
Il s'agit là, assurent ces derniers, simplement d'un retour aux missions régaliennes dévolues au ministère de l'Intérieur chargé d'assurer la révision des listes électorales. De même que l'on tentera de régler la question sensible de la liste nationale électorale. Cette volonté affichée devrait cantonner la Direction générale de l'Informatique (DGI) dans son rôle d'expertise contrairement à ce qui s'est passé lors des élections de décembre dernier.
Après l'élaboration d'une ordonnance définissant les règles de financement des partis politiques, on s'attend moins à voir les leaders de partis remettre en cause le caractère plus liberticide de ce texte concocté en novembre 2001. En ce sens que cet acquis des dernières concertations de juin et août derniers de la classe politique, même s'il grève énormément le budget de l'État au regard du montant annuel, pourrait ne pas être abordé. Sauf si du fait de la conjoncture économique et financière difficile que traverse notre pays, le problème de la réduction du nombre de partis avec ses effets induits, est remis sur la table des discussions.
Même si la teneur du nouvel article reste encore inconnue du public, certains experts ont noté une avancée sur ce point précis. Dans le fond, le texte gouvernemental spécifie clairement les conditions dans lesquelles se font les inscriptions sur les listes électorales et partant le vote. Ce d'autant plus que le nouveau projet devrait prendre en compte bien plus que le précédent les liens familiaux, notamment le lieu de naissance dans la circonscription, le lieu de résidence ou le fait d'y avoir des parents.• Il faut dire qu'à l'avant-veille d'une élection, notamment depuis les élections législatives de 1996, la question de la refonte de ce texte se retrouve au cœur de toutes les préoccupations. Au point que les leaders de partis politiques avaient esquissé des pistes de réflexion.