(Libreville, 30 juillet 2002 - L'Union) - Initiée par le chef de l'État, Hadj Omar Bongo, la rencontre des acteurs politiques suscite des réactions diverses. Nombreux sont ceux qui estiment que ces assises permettront à la classe politique gabonaise de résoudre enfin le sempiternel problème de la transparence électorale. D'autres se demandent si les précédents aménagements seront pris en compte ou alors totalement rejetés.
LA concertation politique de ce jour peut être considérée comme faisant partie de la coutume politique dans notre pays. Depuis la Conférence nationale en 1990, le Gabon a enregistré des réunions de la classe politique. Notamment les négociations à l'origine des Accords de Paris en 1994, la réunion du 12 Juin 2001, ayant rassemblé autour du président de la république, les responsables des partis politiques, et celle du 20 août 2001.
Il convient de rappeler qu'à chaque fois le président Bongo a été en amont de ces différentes rencontres. En ce sens qu'il en a toujours été l'initiateur. Comme en juin 2001, l'organisation des élections dans notre pays va être au centre des débats aujourd'hui. Car, le chef de l'État a précisé dans la note d'invitation adressée aux partis politiques qu'il s'agira de discuter du Code électoral.
La question qui traverse les esprits aujourd'hui est de savoir si les assises de ce matin s'inscriront dans la suite ou la continuité des décisions issues des précédentes rencontres ou si l'on assistera à une rupture avec ce qui avait été déjà décidé. On se souviendra que la réunion du 12 juin 2001 avait abouti à la mise en place d'une commission ad hoc paritaire Majorité/Opposition présidée du reste par le Premier ministre Jean-François Ntoutoume Emane. Les conclusions des travaux de cette structure étaient d'ailleurs à l'origine de la rencontre du 20 août 2001.
TEXTES RÉGLEMENTAIRES.
Sur le vote par procuration, il avait été décidé un contrôle strict pour la délivrance des procurations. Et, à propos des pièces d'état civil requises pour l'inscription sur les listes électorales et l'accès aux bureaux de vote, la commission avait préféré élargir les choses en insérant le jugement supplétif, l'acte de naissance, la carte scolaire, la carte d'étudiant, le récépissé de la carte nationale d'identité, etc.
Par rapport au financement des partis, la classe politique avait décidé d'en revoir les conditions d obtention. C'est ainsi que le critère d'avoir au moins un parlementaire ou un élu local avait été retenu (pour le fonctionnement), et 10 candidats dans au moins cinq provinces (pour la campagne électorale)... Ces décisions avaient été traduites en textes réglementaires par le gouvernement.
Cependant, malgré ce consensus les conditions dans lesquelles les élections législatives étaient organisées ont suscité un vent de contestation aussi bien dans le camp de la majorité que du côté de l'opposition. Ce qui signifie qu'il y avait toujours problème. D'où, la proposition du président de la République de réunir à nouveau la classe politique pour revoir la loi électorale. Mais, entre-temps, le ministère de l'Intérieur a initié quatre textes allant dans le sens dune révision du Code électoral
À noter que d'autres dispositions du Code électoral ont toujours irrité nombre de responsables des partis. Il s'agit par exemple du bulletin de vote unique, du renforcement des pouvoirs de l'administration dans la confection des listes électorales, de la remise des procès-verbaux des bureaux de vote aux représentants des formations politiques, etc.
En somme, compte tenu de f diversité des dispositions souvent incriminées par les politiques tout milite pour la mise en place d'une nouvelle commission ad hoc dans le style de celle du 12 juin 2001. À ce niveau au moins on peut être sur que nous serons dans la continuité.
Il faut rappeler que quatre points inscrits à l'ordre du jour des travaux des commissaires avaient fait l'objet d'un consensus de toute la classe politique. Il s'agit des listes électorales, de vote par procuration, de la délivrance des pièces d'état civil et du financement des partis politiques. Au niveau des listes, la principale décision était relative à la mise en place de commissions spéciales de révision des listes électorales comprenant le préfet, le secrétaire général de préfecture ou de sou-préfecture, les agents de sécurité et les représentants de la majorité et de l'opposition...