(Libreville, 1 août 2002 - L'Union) - L'INITIATIVE du chef de l'État de convier la classe politique à une réflexion sur le Code électoral émanait de sa volonté d'impliquer les responsables des partis dans la recherche des solutions au sempiternel problème d'organisation des élections dans notre pays. Une question qui a indiscutablement toujours été en tète des préoccupations des leaders des partis toutes tendances confondues. D'où les innombrables critiques virulentes régulièrement enregistrées au lendemain de chaque élection politique depuis 1996.
Le propos introductif du président de la République a suscité beaucoup de réactions de la part des responsables des partis qui, pour approuver la démarche présidentielle, qui pour faire des propositions tendant à la renforcer. D'autres ont été plus ou moins nuancés en exprimant des avis plus ou moins en déphasage avec la démarche du président et/ou la proposition de programme des travaux lue parle ministre de l'Intérieur.
Outre la préoccupation du responsable du Parti gabonais du progrès (PGP), Me Pierre-Louis Agondjo Okawe, relative au caractère insuffisant du temps accordé aux partis politiques pour réfléchir sur l'Ordonnance, il y a aussi le refus du Parti radical des républicains indépendants (PARI), ou ce qu'il en reste, de poursuivre les débats dans un tel contexte.
Anaclé Bissiélo qui représentait ladite formation politique évoque plusieurs raisons obligeant sa structure à choisir une partition autre que la recherche du consensus: être en dehors de tout le processus. C'est d'ailleurs pourquoi le leader du PARI a quitté la salle avant la mise en place de la Commission ad hoc paritaire Majorité/Opposition et du bureau devant la diriger.
D'une manière générale, M. Bissiélo fonde son argumentation sur trois points: la contestabilité de la méthode, l'inopportunité du débat et le sort réservé aux décisions qui sortiront de la concertation.
Par rapport au premier point, le responsable du PARI estime que l'expérience a montré les limites de la démarche consensuelle dans notre pays. Il cite comme exemple les premières palabres qu'a déjà connues notre pays et qui, pense-t-il, n'ont pas pu régler les problèmes. Et pour preuve : nous sommes toujours dans la recherche d'un nouveau consensus. Anaclé Bissiélo prend pour exemple la Conférence nationale, les Accords de Paris et les deux rencontres politiques de l'année 2001.
INTENTIONS CACHÉES.
Dans un deuxième temps, le PARI trouve inopportun de parler des questions électorales au moment où les populations sont davantage confrontées à des difficultés persistantes lier à leurs conditions de vie. Cette démarche vise à détourner l'attention de l'opinion. Surtout que, et c'est le troisième argument, il n'y a aucune garantie quant à la volonté réelle du pouvoir d'appliquer effectivement les conclusions qui sortiront des travaux de la Commission ad hoc mise en place avant-hier.
Il faut souligner que créé le 04 décembre 1991, le Parti radical des républicains indépendants ne dispose d'aucun élu ni au Parlement, ni dans les conseils locaux. Aujourd'hui, cette formation politique se situe "en retrait des familles politiques gravitant autour du Parti démocratique gabonais (PDG) et de l'ex-opposition de 1996" A chacun de se faire une idée.
C'est pourquoi le Parti radical trouve que les présentes assises ne connaîtront pas une autre fortune. Ajouté à cela l'impression selon laquelle le fait de choisir pour document de base de travail, un texte élaboré par l'Exécutif et déjà adopté en Conseil des ministres dénote, selon lui, des intentions cachées de la part de l'Exécutif.