(Libreville, 29 juillet 2002 - L'Union) - Après avoir avant et au sortir des Législatives 2001, émis l'idée de réunir les chefs de partis politiques pour débattre des questions électorales, le chef de l'Etat reçoit, demain mardi, à la présidence de la République l'ensemble des leaders des partis politiques légalement reconnus.
LES leaders des partis politiques légalement reconnus seront demain mardi 30 juillet 2002 à 10 heures, à la présidence de la République autour du chef de l'Etat, Omar Bongo, pour débattre des questions électorales.
L'annonce tant attendue de cette concertation politique, dont l'idée avait été émise par Omar Bongo lui-même à l'avant -veille des Législatives 2001, puis reprise en début d'année 2002, a été rendue publique samedi matin dans un communiqué de la présidence de la République.
A la lecture de l'ordre du jour qui portera sur la révision du Code électoral en prévision des élections locales prévues avant le 30 septembre prochain, il y a dans la décision présidentielle la volonté de susciter un réel sursaut politique national afin de redonner foi en l'outil électoral de notre pays. Ainsi qu'une véritable crédibilité aux acteurs politiques issus des consultations électorales et pour consolider les acquis du jeu démocratique.
L'évocation d'une rencontre au sommet des chefs de partis autour du président de la République, avait été favorablement accueillie par plusieurs leaders de formations politiques, même ceux ayant boudé le dernier scrutin.
En effet, que ce soient les dirigeants des formations politiques, les présidents d'institutions constitutionnelles, les représentants de confessions religieuses ainsi que ceux de la société civile. Les uns et les autres n'avaient pas manqué de dénoncer, au lendemain des Législatives, les mauvaises conditions de préparation de cette consultation électorale et le mauvais état du fichier électoral.
LOGIQUE NOUVELLE.
Face à la nécessité de redéfinir les règles du jeu telles que souhaitées, à l'unisson, par l'ensemble des acteurs politiques du pays, il apparaît donc clairement avec la confirmation de la concertation politique de demain à la présidence de la République, que les dirigeants de plus d'une trentaine de partis politiques attendus vont s'employer à dessiner de nouveaux contours de la loi 10/98, du 10 juillet 1998 portant dispositions communes à toutes les élections politiques.
La présentation mercredi 24 juillet dernier parle gouvernement réuni en conseil des ministres de nouvelles dispositions contenues dans un projet d'ordonnance et trois projets de décrets autour de question électorales, marque déjà une réelle volonté de l'Exécutif d'aller de l'avant sur ce dossier. Sinon, d'amener tous les acteurs politiques à s'inscrire dans une, logique nouvelle en matière électorale.
En effet, jamais depuis les "Accords de Paris" de 1994, qui avaient conduit à l'élaboration de ce Code électoral, des changements majeurs n'ont été initiés sur des points aussi sensibles que l'article 48 (Chapitre deuxième- Condition d'inscription). Un article jusque-là perçu par les uns et les autres, comme un moyen de favoriser le transfert d' électeurs.
RÉSULTATS
Le 20 août 2001 déjà, les dirigeants des partis politiques réunis à la présidence avaient certes, abordé cet aspect mais n'avaient obtenu à l'inverse sur d'autres points que quelques "dérogations" sans grands effets pour une meilleure participation des Gabonais au vote et parfaite organisation du scrutin.
Après plusieurs semaines de discussions au sein d'une Commission ad hoc présidée par le Premier ministre, les acquis consensuels de cette concertation avaient porté sur quatre (4) des six (6) points examinés. Ceux-ci avaient trait aux listes électorales, au vote par procuration, à la délivrance des pièces d'état civil, au financement des partis politiques.
Il avait été admis le principe de la mise en place d'une commission tripartite de révision des listes électorales (administration, agents de sécurité et représentants de partis politiques), d'assouplir es conditions d'accès au bureau de vote, de revoir les modalités d'obtention du financement électoral. Autant d'éléments qui, bien qu'appliqués n'ont guère donné les résultats escomptés.
Demain mardi 30 juillet, l'ensemble de la classe politique tentera sans aucun doute d'aller plus loin que ce qui a déjà été fait et proposé. Et surtout de préserver le caractère consensuel de la démocratie gabonaise en se mobilisant pour l'intérêt supérieur de la nation.
• Pierre-Louis Agondjo Okawé du Parti gabonais du progrès, Louis-Gaston Mayila du Parti de l'unité du peuple et bien d'autres, avaient décelé en cet article le véritable nœud gordien du dispositif électoral actuel mais aussi la source principale des difficultés pour notre pays de parvenir à une organisation efficiente du vote.Ce faisceau de griefs, à l'origine des fraudes avérées, avaient fini par susciter ce que Me Louis-Gaston Mayila qualifia, à l'époque, "d'un fort désamour entre les dirigeants, l'administration et leur peuple" qui avait été très absent lors du vote, d'où l'abstention record enregistrée.