(Libreville, 31 juillet 2002 - L'Union) - A l'ouverture hier matin de cette importante réunion, le chef de l'Etat a souhaité que soit confectionnée "une loi électorale qui jouisse de la confiance de la classe politique, de l'opinion nationale et internationale" pour clore une fois pour toutes le débat récurrent sur la question électorale.
LE président Omar Bongo a engagé hier matin en ouvrant la réunion de la classe politique gabonaise à la présidence de la République, les leaders de partis politiques légalement reconnus à façonner une nouvelle loi électorale qui permette d'améliorer de manière significative l'organisation des élections au Gabon.
Devant plus d'une trentaine de chefs de partis de la majorité et de l'opposition, et des ténors que sont Pierre-Louis Agondjo Okawé du PGP, jules-Aristide Bourdès Ogouliguendé, du CDJ, Pierre-André Kombila du RNB, Simplice Guedet Manzela du PDG, Louis-Gaston Mayila du PUP, jean-Boniface Asselé du CLR, Paul Mba Abessole du RNB-RPG, le chef de l'Etat a interpellé ses hôtes sur la nécessité de saisir l'opportunité de ce tour de table pour régler de façon définitive la question électorale au cour de cette rencontre au sommet.
La convocation de cette réunion des chefs de partis avait été décidée, malgré les consensus obtenus lors des négociations de Paris en 1994 entre la majorité et l'opposition et à Libreville en juin et août 2001, pour répondre, cette fois encore, à une préoccupation fortement exprimée par toute la classe politique gabonaise face à l'absence de plus en plus avérée de fiabilité du système électoral.
CONSENSUS
En effet, l'avant-veille, pendant et surtout après le vote des députés; qu'il s'agisse de l'établissement des listes électorales ou de l'organisation de ces consultations électorales, de vives critiques émanant quasiment de l'ensemble des chefs de partis, des présidents des institutions constitutionnelles, des représentants des confessions religieuses et de la société civile, n'ont cessé d'être formulées contre l'outil électoral gabonais.
Mais, face à cette vague de récriminations et mû par une farouche volonté d'aller de l'avant et de parfaire le mécanisme électoral, Omar Bongo a choisi d'associer tous les chefs des formations politiques à la réflexion engagée dans la perspective des prochaines échéances électorales. Objectif: apporter à travers une nouvelle rédaction du Code électoral des réponses idoines et consensuelles à cette question fondamentale de la transparence électorale tant souhaitée par tous les acteurs politiques et même les populations.
Le chef de l'Etat s'est refusé, en adoptant cette démarche, à user de l'action initiée par 1e seul gouvernement Pour résoudre ce problème électorale. Notamment en brandissant l'ordonnance adoptée mercredi 24 juillet dernier en Conseil des ministres. Ou encore en convoquant le Parlement avec le retard qu'une telle procédure aurait provoqué au regard de la date butoir du 30 septembre fixée par la haute juridiction pour la tenue des locales, avant les sénatoriales, deux mois avant la fin du mandat des sénateurs en mars 2003.
CONFIANCE
Adepte du dialogue politique, une philosophie qui guide son action depuis des lustres, le président Omar Bongo a magnifié une fois encore ces vertus dans toute oeuvre humaine et politique en vue du développement du pays et du bien-être des populations. "Si le dialogue n'est pas privilégié dans d'autres pays, je m'inscris en faux pour dire que ceux qui ont choisi l'affrontement pour refuser le dialogue n'ont pas eu raison".
Aussi a-t-il à nouveau fustigé l'attitude de certains chefs de partis politiques en mal de tribune qui refusent de prendre part à cette concertation pour débattre face à tous les autres acteurs des problèmes qui se posent au pays. Nombre d'entre eux ont privilégié la politique de la chaise vide et n'hésitent pas à utiliser des pratiques obscures telles que les tracts et autres procédés pour se faire entendre.
Conscient de l'intérêt pour le Gabon de parvenir à une meilleure organisation des opérations électorales, le président Omar Bongo a souhaité, aux termes de leurs échanges, que les Commissaires confectionnent une loi électorale qui jouisse de la pleine confiance des partis politiques et de l'opinion nationale, voire internationale. "Il y va de l'intérêt de tous" a conclu le chef de l'Etat.
Notons que cette séance solennelle d'ouverture des discussions de la classe politique a été marquée, après la lecture de l'ordre du jour par le ministre de l'Intérieur, Idriss Ngari, à la demande de Pierre-Louis Agondjo Okawé et Pierre-André Kombila, par les interventions des chefs de partis.
Face à la gravité de la question soumise à la réflexion générale, les uns et les autres ont donné leur position officielle sur le Code électoral et de façon générale sur l'organisation des consultations électorales. Et certains se sont montrés davantage critiques et sceptiques par rapport aux délais impartis et même les conclusions de la Commission ad hoc paritaire mise en place.
• La concertation politique d'hier s'inscrit dans le droit fil de la vision présidentielle dominée par la primauté accordée au consensus. Il ne s'agit guère, a précisé le chef de l'Etat, d'intervenir à la va-vite parce que les choses vont mal, encore moins "d'endormir l'opposition" comme ont laissé entendre certaines voix de démagogues et critiques de cette réunion politique au sommet.• Lequel; il faut le relever, aura démontré toutes ses limites et conduit la Cour constitutionnelle saisie d'un volumineux contentieux à reconnaître l'existence de plusieurs manquements, incohérences... à l'origine du désordre quia régné ors des scrutins législatifs des 9 et 23 décembre dernier.