(Libreville, 29 juillet 2002 - L'Union) - En dépit de son ordre du jour limité à la loi électorale, l'impact qu'aura cette nouvelle réunion de la classe politique en allant au tonne la question électorale à cause du problème du transfert des électeurs, et surtout l'issue de cette rencontre seront des indicateurs sur la capacité des politiques à résoudre durablement les problèmes qui se posent au pays.
UNE période décisive pour l'avenir politique du pays s'ouvre avec la concertation de la classe politique convoquée à l'initiative du président de la République, Omar Bongo, et qui se tient à partir de demain matin, mari 30 juillet, au Palais de la présidence de la République.
Cet évènement s'ouvre, en effet, dans un contexte économique à tout le moins morose pour le pays. Le gouvernement est encagé dans de difficiles négociations pour a conclusion d'un nouveau Programme de trente-six mois avec le Fonds monétaire international (FMI), et son principal objectif de la lutte contre la pauvreté dans laquelle l'a fermement engagé le chef de l'État tarde à être lancé concrètement sur l'ensemble du territoire national.
Et le sentiment que la machine gouvernementale a du plomb dans l'aile n'avait cessé de se répandre parmi les populations au sortir de l'organisation décriée par toute la classe politique elle même des dernières élections législatives aussi longtemps que la loi de finances rectificative 2002, c'est-à-dire le Budget 2002, n'avait pas encore fait l'objet de débats au Parement avant son vote en définitive par les députés et les sénateurs.
Ce faisant, il est vrai qu'un pan du voile a été levé avec la mise en place de ce Budget, mais il est également vrai que des élus du peuple déterminés sur ce volet à jouer à fond leur rôle de contrôle de l'action de l'Exécutif n'avaient pas hésité à s'interroger sur la réalité au plan pratique de ce Budget dont il n'est pas sûr que les différents départements ministériels utilisent à temps la part qui leur est allouée, ce qui risque donc d'avoir des conséquences négatives sur la réalisation de leurs objectifs.
Soit, et d'ailleurs on n'en est pas encore là, et puis rien ne dit que cette tendance est irrémédiable pour autant que s'ex rime sur la durée une réelle volonté e réformer de fond en comble les vieilles et mauvaises habitudes acquises qui font la réputation de certains fonctionnaires corrompus. Toutes choses qui démontrent manifestement que la situation est préoccupante.
Le chef de l'Etat, M. Omar Bongo, qui s'était lui-même de longue date engagé à voir se tenir cette rencontre capitale a visiblement pris la mesure de ladite situation. Il sait mieux que quiconque autour de lui, après avoir écouté chacun des leaders politiques, qu'il faut nécessairement un acte politique fort aujourd'hui pour relancer le pays dans sa globalité.
A l'heure de la prime a la bonne gouvernance économique et politique, érigée en exigence incontournable pour une coopération bénéfique avec les institutions financières internationales notamment et à la suite des critiques qui ont accablé la conduite du processus électoral lors du dernier scrutin pour le renouvellement de l'Assemblée nationale, cette concertation de la classe politique tombe sous le sens.
D'aucuns au sein de la minorité marginale sur l'échiquier politique ont pensé le contraire, et certains chefs de partis politiques ont même fait valoir qu'au vu des problèmes de développement auxquels font face les populations, celles-ci ne saisissent pas toujours le bien-fondé d'une telle rencontre essentiellement politique. Le leader du Congrès pour la démocratie et la justice (CDJ), jules-Aristide Bourdès Ogouliguendé est de ceux-là mais il a cependant salué sur fond de pédagogie cette initiative.
En définitive, dans l'opinion, l'immense majorité des compatriotes la saluent, et ceux qui se sont essayés à dire ce dont pourrait accoucher une telle concertation ont souhaité qu'elle débouche sur des innovations consensuelles originales qui fassent en sorte que ce dialogue ne soit pas vain. A bien les écouter, en définitive, plusieurs personnes sont d'avis qu'il est important que cette question électorale soit abordée enfin dans le fond.
Un résultat probant qui marquerait l'issue de ces discussions aurait valeur d'électro-choc aux yeux de tous pour restaurer la confiance dans l'élite politique et faire bouger les choses dans les domaines où le sentiment de blocage domine: la Réforme de l'État fait par exemple partie de ces chantiers gagnés par le surplace et qui a besoin de stimulant.