Après les magistrats, l'avènement de ce haut cadre de la Nation, reconnu pour son intégrité morale, a été favorablement accueilli au sein de la classe politique. Les présidents des institutions constitutionnelles ont consacré une large place aux attentes autour des prochaines consultations électorales.
LA désignation vendredi dernier de Jean-Louis Messan à la présidence de la Commission nationale électorale (CNE) pour les élections locales 2002, a été perçue dans l'opinion comme une avancée significative en vue de la transparence tant souhaitée par toute la classe politique.
L'avènement de cette personnalité, actuellement premier Questeur au Conseil économique et social, répond à l'esprit et à la lettre de la concertation politique lacée scias les auspices du président Omar Bongo. La classe politique avait débattu pendant une dizaine de jours des voies et moyens de parfaire le dispositif électoral en raison des nombreuses faiblesses de la loi électorale. On se souvient que ces faiblesses avaient régulièrement suscité à chaque consultation électorale Lie vives controverses.
Avec l'élargissement des critères de sélection des personnes devant " manager" ces votes, et surtout le choix porté sur un membre de la société civile, il y a manifestement la détermination à coller parfaitement avec l'article 12 (nouveau) de la loi électorale. Lequel stipule que "(...) le président est choisi, pour chaque élection, par la Cour constitutionnelle, parmi les hauts cadres de la Nation reconnus pour leur compétence et leur intégrité morale".
Cette application stricte de l'ordonnance modifiée lors des discussions des leaders de partis, a été favorablement accueillie. Le président du Sénat, Georges Rawiri, institution dont les membres vont être élus à l'issue des Locales prochaines, se réjouit du choix porté sur Jean-Louis Messan personnalité d'une grande probité morale", précise-t-il.
MANAGEMENT
Issu de la société civile en sa qualité de membre du CES, et doté d'une expérience certaine dans le management pour avoir été à la tête de plusieurs administrations publiques et parapubliques, ce commis de l'Etat a un profil qui tranche résolument avec celui de ses prédécesseurs à la tête des Commissions électorales.
Car, à la suite des Accords de Paris qui avaient vu l'entrée en scène des membres du corps judiciaire dans la gestion des élections, avec la présence depuis lors des hauts magistrats a la tête des CNE, la sortie des magistrats à qui Georges Rawiri rend d'ailleurs hommage pour avoir organisé les dernières élections. Et la venue de ce haut cadre à la tête de la CNE pour les locales, est une sérieuse impulsion donné au management des élections dans notre pays.
L'homme, bien que surpris par l'honneur qui lui est fait, entend certes toujours servir son pays, mais n'entend point se départir de la rigueur ni du sens profond du respect des textes qui le caractérisent dans l'accomplissement des missions qui lui ont toujours été assignées.
CÉLÉRITÉ
C'est du moins le sentiment de Me Louis-Gaston Mayila, qui avait co-dirigé avec Michel Essima Ossé, du RNB-Démocrate, la Commission ad hoc majorité opposition chargée de parfaire l'outil électoral. Il a estimé que le consensus intervenu le mois dernier sur le toilettage du Code électoral autorise de nouveaux espoirs dans la conduite des consultations électorales dans notre pays.
Pour lui, ces espoirs sont d'autant plus prometteurs que la Société civile est désormais associée à l'organisation des prochaines élections locales. S'exprimant longuement sur ces échéances capitales, le président de l'Assemblée nationale, Guy Nzouba Ndama, qui s'est félicité dans son discours d'ouverture de session lundi dernier, de la célérité avec laquelle le gouvernement a procédé à la mise en forme des listes électorales, insiste sur l'importance décisive des Locales.
Il estime que les assemblées locales qui seront votées auront une mission déterminante dans l'enracinement de notre démocratie à travers notamment l'approfondissement du processus de Décentralisation en cours dans notre pays.
• Cette vision régalienne qui est bien celle autour de laquelle l'élite politique nationale s'était accordée le mois dernier a été impulsée dès le lancement il a plus d'une semaine, de opération de révision de listes électorales organisée en appui de celle annuelle qui se tient du 1er janvier au 31 mars.• Pour le président du Conseil économique et social, Me Louis-Gaston Mayila, cette désignation doit être considérée "comme un honneur pour (notre) son institution".De même qu'il estime que l'expérience et la probité morale de Jean-Louis Messan sont des gages de succès dans sa mission. Cette nomination marque aussi, comme l'a ajouté le président Georges Rawiri " le début de la préparation des futures consultations électorales".