Les leaders des partis politiques de l'opposition qui se sont accordés sur le choix de leurs commissaires au sein de la Commission nationale électorale, ont estimé par ailleurs que le PSD, absent à cette rencontre comme aux précédentes, et dont surtout le leader appartient au gouvernement, ne saurait encore les représenter dans les Commissions.
ALORS que les leaders des partis politiques de l'opposition se sont récemment accordés sur la répartition de leurs représentants au sein de la Commission nationale électorale en général, ainsi que dans les différentes commissions provinciales et départementales, l'absence du Parti social démocrate à cette réunion est venue renforcer ces derniers dans une de leurs convictions. A savoir qu'en vertu du principe républicain connu de la solidarité collective des membres du gouvernement, donc à l'action du Cabinet Ntoutoume Emane, 11, le PSD et son leader, l'actuel ministre d'Etat, ministre de l'Agriculture et du Développement rural, Pierre Claver Maganga Moussavou, ne peuvent avoir des commissaires censés défendre avec objectivité leurs intérêts à la CNE. Autrement dit, le PSD doit plus que jamais avoir le courage de ses opinions et, plutôt donc que de s entêter à appartenir a l'opposition en même temps qu'à la majorité, via sa présence au gouvernement, l'appareil de ce parti se doit de suivre la voie tracée par le RNB/RPG du père Paul Mba Abessole qui a viré sa cuti, et proclamé solennellement son ralliement à la majorité présidentielle.
Telle est donc la position des chefs des partis de l'opposition, acquise lors de leur ultime réunion ayant abouti au choix de son co-vice président au sein de la CNE, organisée en milieu de semaine dernière, au siège du RNB/ Démocrates du Père Pierre André Kombila, à Awendjé. Tel est surtout le défi de clarté qui se pose à nouveau au leader du Parti social démocrate et à ce qui lui reste de militants. Ce n'est pas la première fois depuis l'entrée du chef du PSD au Cabinet Ntoutoume Emane II que ses pairs de l'opposition émettent de vives réserves sur son engagement réel et continu à leurs côtés. On se souvient bien que pendant les dernières élections législatives, en particulier les partielles, un commissaire du PSD à la Commission nationale électorale avait été fermement récusé par les autres membres de l'opposition. Présenté au départ comme rapporteur de l'opposition, Serge Mouiri avait eu de vifs échanges avec un hiérarque du PGP qui avait fini par convaincre leurs responsables de la nécessité de le remplacer a ce poste. C'est ce qui avait été fait aussitôt, en dépit des protestations du chef du PSD se demandant si ce pégépiste était autorisé à octroyer ou à retirer le label d'opposant aux militants d'un autre parti.
Sans pour autant répondre à cette question il est certain, néanmoins que cet incident donne à penser que des évènements similaires, sinon pires, pourraient se vivre entre le PSD et ses pairs de l'opposition à l'avenir.
COUP DUR *Lors du Sommet de la classe politique à la présidence de la République, pourquoi ont ils laissé l'unique député du PSD, Albertine Maganga Moussavou, assumer les fonctions de vice-président de la Commission ad hoc au nom de l'opposition sachant que son parti est aussi aux affaires? Dès lors, il est prévisible que le chef du PSD et le député de la Douya-Onoye à Mouila, utiliseront le même argument consistant à faire valoir qu'à la Cambre des députés, Albertine Maganga Moussavou siège au sein du groupe parlementaire PGP; qui est bien comptabilisé dans l'opposition. Bien que cette ligne de défense ait convaincu les uns et les autres en son temps, aujourd'hui, il semble que beaucoup d'eau ait coulé sous les ponts à telle enseigne que ses "amis" considèrent que la position du PSD a évolué, bien qu'officiellement il se réclame encore de l'opposition. Un ancien parlementaire du RNB/Démocrates s'est fait le porte-parole de cette opinion à l'issue de leur réunion. Selon lui, il y a bien longtemps, exactement depuis la fin du Sommet de la classe politique que le PSD s'est inscrit aux abonnés absents lors des retrouvailles de l'opposition. Avec cette bataille des commissaires à la CNE, à cause de son positionnement mi opposant, mi-majorité-, ce parti se trouve en très mauvaise posture.
Il l'est d'autant plus qu'il est confronté à de sérieuses difficultés internes, engendrées par cette mise à l'écart crue ne s'explique pas son aile dure incarnée par la battante Blandine Mbadinga et d'autres. A l'approche d'une nouvelle échéance électorale, ce divorce risque d'être lourd de conséquences devant les électeurs. Au siège 'du PSD, à Nzeng Ayong les activités politiques sont mêmes devenues rares, portant un coup à l'ardeur de nombreux militants lassés d'attendre en vain un retour d'ascenseur pour leur loyauté et leur engagement ininterrompus pendant ces dix dernières années:
On attend maintenant de voir comment le leader du PSD, dont on a appris qu'il se lancera dans la course à la mairie de Mouila, va manœuvrer pour éviter à son parti une marginalisation au sein du la classe politique.