Le gouvernement déjà engagé dans la phase de préparation, devrait proposer une dote définitive. Dans un bref bilan des assises du sommet pour le développement durable en Afrique du Sud, le chef de l'Etat estime que ce Sommet a été "une réussite".
LE président Omar Bongo, de retour hier de Johannesburg (Afrique du Sud) a annoncé la tenue probable des élections locales au mois de décembre 2002.
Pour le chef de l'Etat, qui encourage le gouvernement à oeuvrer davantage pour la préparation de ces échéances électorales, ce pan de l'Exécutif devrait proposer très prochainement une date en vue du renouvellement des Assemblées municipales et départementales. "Nous attendons que le gouvernement propose une date, mais s'il fallait qu'on la fixe, je dirais que les Locales auront lieu en décembre".
Avec l'ouverture, il y a plus d'une semaine de l'opération de révision de listes électorales pendant un délai de vingt et un jour (21) jours, période au terme de laquelle un nouveau fichier sera établi par l'administration. Puis la désignation par la Cour constitutionnelle du nouveau président de la Commission nationale électorale, Jean-Louis Messan, le processus semble bien engagé, a reconnu le président de la République.
Depuis la concertation politique qui a réuni sous ses auspices toute l'élite politique en août dernier et qui a abouti à l'élaboration d'un nouveau Code électoral, fruit du consensus obtenu pendant ces discussions, le début d'application de l'Ordonnance 05/2002 est effectif.
Face au peu d'engouement observé au sein des populations qui rechignent à aller se faire inscrire sur les listes électorales, le chef de l'Etat croit à un sursaut patriotique de ses compatriotes.
DÉTERMINATION
Dans un bref bilan du Sommet pour le développement durable auquel il a pris une part active aux côtés de plus d'une centaine de chefs d'Etat de la planète, le président Bongo a estimé, malgré les appréciations diverses autour des résultats, notamment le Plan d'action, que ce Sommet a été "une réussite".
Le Gabon, comme il y a dix ans au Sommet de Rio au Brésil en 1992, a fait entendre sa voix au cours de cette grand-messe qui a regroupé à Johannesburg plus de participants, notamment les Organisation non gouvernementales (ONG) qui ont été plus actives et les chefs d'Etat, sur l'impérieuse nécessité de préserver l'environnement afin d'assurer un développement durable pour tous.
Le président gabonais a affirmé la détermination de notre pays à poursuivre les efforts déployés depuis le précédent Sommet de Rio en vue de la protection de l'environnement. Il a également marqué son étonnement devant le peu d'empressement manifesté depuis lors pour que le Gabon bénéficie des contreparties promises depuis la Conférence de Rio. "Nous sommes d'accord sur la protection de l'environnement, mais n'avons jusque-là rien obtenu en contrepartie ", Il s'agit dans ce contexte pour les pays développés de tenir les engagements pris successivement à Rio, Doha et Monterrey.
ENGAGEMENTS
Ce poumon vert de la planète après l'Amazonie, comporte, faut-il le rappeler, les forêts de six pays : le Gabon, le Congo, le Cameroun, la République démocratique du Congo, la Guinée Équatoriale, la République centrafricaine.
C'est dans cet ordre d'idées que le président de la République est revenu; comme il l'a fait du haut de la tribune du Sommet de la Terre, sur la création d'une zone de parcs nationaux qui recouvre 10% du territoire national. "Nous venons de créer 12 parcs nationaux au Galon".
Cette décision constitue une preuve manifeste de la volonté de notre pays d'œuvrer pour concrétiser les engagements du Sommet de la Terre de Rio et rendre compatibles croissance économique, progrès social et protection de l'environnement, les trois volets du développement durable.
Au salon d'honneur de l'aéroport Léon Mba, où il était arrivé quelques minutes plus tôt en compagnie de son épouse Edith Lucie Bongo, le président gabonais a été interrogé sur la tenue, en marge du Sommet, des assises des Premières Dames d'Afrique contre le Sida, notamment sur le soutien dont peuvent bénéficier ces dernières de la part des dirigeants africains.
Il a indiqué que l'Organisation des Premières Dames d'Afrique contre le Sida (OPDAS) présidée par Mme Bongo, poursuit son chemin. Après les réunions tenues dans plusieurs capitales africaines, dont Libreville avant Genève en Suisse. Omar Bongo a révélé avoir abordé, en marge du Sommet, la question de la lutte contre le Sida engagée par les premières Dames d'Afrique avec le président français Jacques Chirac.
Le chef de l'Etat français a souhaité que cette Organisation s'étende à toutes les épouses de chefs d'Etat francophones, de manière à mobiliser davantage autour de la question préoccupante de la lutte contre cette pandémie qui sévit davantage en Afrique au regard du sombre tableau statistique enregistré par le continent. Reste maintenant au Secrétariat général de la Francophonie à ouvrer pour la réalisation de ce vœu, a ajouté le président Omar Bongo.
Constatant malheureusement au sujet de la lutte contre "cette peste des temps modernes" que de nombreuses promesses, des déclarations de bonnes intentions sont faites depuis lors, le président de la République a insisté pour que des fonds soient alloués en vue de la lutte contre le Sida, " une préoccupation mondiale aujourd'hui". Aussi, a-t-il appelé le gouvernement gabonais à aider l'Association de lutte contre cette pandémie en fournissant des médicaments, en construisant des structures d'accueil...
• Justement, au sujet des efforts déployés par notre pays, le chef de l'Etat a fait état du vaste partenariat initié avec les Etats-Unis, les ONG, l'Union européenne, projet soutenu également par la France, la Grande Bretagne, l'Allemagne, la Belgique, le Canada, la Japon:.. pour la protection de la forêt du Bassin du Congo, l'un des écosystèmes les plus riches de la planète, menacé par l'exploitation excessive et illégale.• Pour autant, Omar Bongo a appelé les acteurs politiques à tirer les enseignements de la forte abstention qui a marqué les dernières consultations électorales au Gabon, mais également dans d'autres pays à la culture démocratique plus ancienne. A cet effet, le président Omar Bongo estime que les candidats devront être disposés à descendre, le moment venu, sur le terrain pour faire oeuvre de pédagogie en demandant aux populations d'accomplir leur devoir civique.