C'est sous cet intitulé qu'Antoine Meyo me Ndoutoum, pilote de ligne à la retraite, a donné une communication sur son oncle Léon Mba, premier président du Gabon.
PARLER d'une personnalité publique peut être à la fois aisé et complexe. Surtout lors qu'on est un proche de CE personnage. C'est à cet exercice que s'est récemment essayé Antoine Meyo me Ndoutoum dans une des salles du NovotelRapontchombo. Commandant de bord et pilote de ligne à la retraite (il a passé 28 ans de sa vie dans les avions); le conférencier a présenté Léon Mba, premier président du Gabon du mieux qu'il a pu.
Il s'est notamment appesanti sur la philosophie politique de ce personnage à travers ses actions les plus, significatives ainsi que le concept "Gabon d'abord". Dans le public, deux filles de Léon Mba, dont l'une au moment de l'échange avec l'auditoire, est, à un certain moment, venue à la rescousse du conférencier.
Né à Kérélé (Libreville) le 9 février 1902, Léon Mba a indiqué le conférencier, a été très tôt confronté aux exactions de l'administration coloniale qui par bien des aspects, aliénait l'émancipation de son peuple. Un affront qui finira par contraindre le jeune commis à l'exil en Oubangui-Chari après la prison purgée au Tchad. Le retour au pays en 1945 sera déterminant avec l'adhésion, quelques années plus tard, au Bloc démocratique gabonais (BGD) et la prise du pouvoir en passant successivement par les étapes de maire de Libreville (1957), Premier ministre (1959) et enfin président de la République le 17 août 1960.
Imprégné des idées de la révolution française de 1789 et de la nation des Droits de l'Homme qui en découle, Léon Mba, selon le conférencier, conçoit les rapports entre dirigeants et citoyens "sans ambiguïté", à savoir "le principe du dirigeant au service du citoyen". D'où sa philosophie politique dénommée Gabon d'abord".
C'est un concept-pro-gramme qui signifie que les fonds Publics doivent être, affectes pour assurer, en priorité ."le bien-être du, citoyen avant de s'occuper des salaires des dirigeants". Une exigence qui passe par un fonctionnement conséquent de l'Efat :des fonctionnaires conscients d'être au service du citoyen un gouvernement qui réagit aux doléances de ce même citoyen avec une célérité déterminée par le président de la République et qui exécute, à lettre la mission que lui confie, le chef de l'Etat.
Ici, ajoutera le conférencier, le président contrôle lui-même et de façon permanente le travail du gouvernement en effectuant des inspections au sein des ministères, des préfectures, des écoles et des chantiers des grands travaux. Toute déviation constatée est aussitôt sanctionnée. Le concept "Gabon d'abord" combat aussi le népotisme, le favoritisme et le tribalisme dans l'administration. Pour l'essentiel, le conférencier souligne que Léon Mba voulait surtout se donner un État sans inertie et économe au service du citoyen, considéré comme le premier destinataire de son activité.
La Partie débat de cette conférence a débordé du simple cadre de Léon Mba pour aboutir sur la vie et action politique du conférencier qui fut membre du Morena de Paris et ministre des Affaires étrangères du dernier gouvernement en exil.
Sur le rapport avec certains de ses collègues de l'époque, notamment Paul Mba Abessole, membre du gouvernement d'ouverture actuel, le conférencier a dit qu'il souhaite ne plus parler de lui. Et personne dans la salle n'a réussi à lui arracher un mot de plus là dessus. Il convient de noter que cette conférence entre dans le cadre de la célébration en cours du centenaire de Léon Mba, étalée sur toute l'année 2002.