Aussi bien dans les rangs du Parti démocratique gabonais que dans ceux de son principal challenger et néo-allié le RNB/RPG, les têtes et les listes se bousculent pour obtenir les faveurs de la hiérarchie.
APRÈS les dernières élections législatives qui ont vu le Parti démocratique gabonais au pouvoir rafler, en un exploit historique, les trois sièges de députes du département de l'Abanga-Bigne dont Ndjolé est le chef-lieu, les principales formations politiques brigueront les suffrages des électeurs lors des élections locales annoncées pour cette fin d'année se mettent déjà en ordre de bataille.
Aussi bien au sein du parti présidentiel que chez son nouvel allié du Rassemblement national des bûcherons version Paul Mba-Abessole, formations politiques occupant le mieux le terrain électoral à Ndjolé, Ebel-Alémbé, Ebel-Abanga et Samkita; on assiste en ce moment à une fébrile agitation dans l'optique de la constitution des listes et de leur validation par les instances supérieures.
Pour la course à l'investiture des quinze membres du conseil municipal de Ndjolé, les choses sont plutôt à l'apaisement du côté du Parti démocratique gabonais où l'on enregistre à ce jour deux candidatures - d'ailleurs de qualité - dont celle de l'ancien gouverneur de province M. Gaston Nnang-Enzema.
L'homme, apparemment, aurait réussi à faire l'unanimité autour de sa personne. Il faut d'ailleurs dire qu'il a parfaitement le profil du poste, puisque cet administrateur civil en chef connaît bien les problèmes rencontrés par les collectivités locales pour avoir eu l'occasion de les traiter lorsqu'il était gouverneur de province notamment dans la Nyanga et le Woleu-Ntem.
Déjà candidat en 1996 sous la bannière d'indépendant, il dispose d'un projet personnel qui enrichira à n'en point douter celui du parti qui va peut-être bientôt l'investir. Sauf si la préférence du PDG va finalement à la seconde liste, celle que veut conduire Alain Eloue, philosophe de formation, qui souhaite concilier désormais la cogitation intellectuelle et le pragmatisme du terrain politique.
Deux listes également sollicitent les faveurs des plus hauts responsables du Rassemblement national des bûcherons du père Paul Mba-Abessole. D'abord celle dont on parle le plus, ou qui fait le plus parler d'elle, parce que conduite par un transfuge de haut rang de l'ancien parti unique.
Reconverti depuis bientôt une décennie aux vertus du pluralisme Jean Nyare-Nkoghe entend conduire victorieusement la liste bûcheronne du futur Conseil municipal. Mais il doit encore compter avec la détermination de l'édile actuellement en place, Bénoît Nze-Meye, qui souhaite continuer la belle oeuvre entamée il ya plus de cinq ans à la tête de la nouvelle mairie de Ndjolé.
CONVOITISE DÉPARTEMENTALE.
L'élection à la tête du riche Conseil départemental de l'Abanga-Bigné attire, plus encore que la mairie, un nombre sans cesse croissant du cadres locaux, et singulièrement ceux du Parti démocratique gabonais où, pas moins de quatre listes sont actuellement enregistrées. Il s'agit de celles que veulent conduire respectivement: Jean-Marie Edzoghe, Mba-Ewoure l'actuel directeur de cabinet de la ministre déléguée Ursule Ekié, Isidore Enguegne et Hermine Bendoume alias Mignonne.
Apparemment, l'actuel président du Conseil, M. Eyene Meye, ne souhaite pas être en course autrement peut-être que comme simple membre.
Dans les rangs du RNB/RPG, par contre, les candidatures ne se bousculent pas au portillon. L'ancienne tête de liste de 1996, Nze-Bie, renouvellera son engagement. Mais il se dit aussi que l'ami Elie Mbang nourrirait les même ambitions.
Les candidatures ainsi dévoilées, la question qui se pose aujourd'hui est de savoir si le PDG pourra continuer sur sa lancée fulgurante des dernières législatives.
Si on regarde les chiffres d'il y a cinq ans, on s'aperçoit que le scrutin risque d'être très serré une fois encore.
En 1996 pour la désignation des quinze membres du Conseil municipal, le RNB avec 8 conseillers avait battu d'une courte tête le PDG et ses 7 conseillers. Pour l'élection du Conseil départemental de la même année, le duel RNB/PDG qui ont respectivement obtenu 7 et 6 sièges, a été rendu plus incertain encore avec l'intrusion du FAR et ses deux élus.
Une incertitude qui persistera encore sur le terrain jusqu'au jour du scrutin. Une incertitude qui s'est accentuée avec le nouveau virage du parti du père Paul Mba qui vient fit, s'inviter à la table de la majorité, non plus républicaine, mais tout simplement présidentielle. Une arrivée qui ne manquera pas de troubler et les esprits, et le futur jeu électoral.
La prise de contrôle de la mairie de la deuxième ville du Moyen-Ogooué n'intéresse pas que les deux partis précités. Il faudra tenir compte, au regard du scrutin proportionnel qui sera encore utilisé cette année, de l'existence de formations politiques assez bien implantées localement comme le Forum africain pour la reconstruction (Far) de Joseph Etoughe-Otsaghe, le PGP ou le Mouvement commun de développement du ministre Biyighe-Mba. A prendre en compte aussi d'éventuelles candidatures libres qui pourraient contribuer en un émiettement toujours préjudiciable pour les plus rands, d'un électorat qui se fait de plus en plus désirer comme en témoigne le fort taux d'abstention enregistré au cours des dernières consultations populaires locales.