La Cour constitutionnelle par l'entremise de son président, Marie Madeleine Mborantsuo, a procédé hier après- midi à l'installation du nouveau président de la Commission nationale électorale pour le scrutin en vue du renouvellement des Assemblées départementales et municipales.
La cour constitutionnelle a lancé hier après-midi à son siège le processus en vue du renouvellement attendu des Conseils départementaux et municipaux en procédant à l'installation officielle de Jean-Louis Messan à la tête de la Commission nationale électorale chargée de ce scrutin.
La prise de fonction du président de la CNE désigné par cette même Cour constitutionnelle pour conduire avec les différents membres de cette institution indépendante les opérations d'organisation de scrutin, constitue le premier acte majeur posé dans la perspective du démarrage effectif de cette phase importante, prélude à la tenue des Locales. Celles-ci, prévues au départ pour fin septembre, devraient semble-t-il, se tenir d'ici la fin de l'année 2002.
L'installation du manager général du vote prochain devrait être suivie par la désignation dans quelques jours des autres membres du Bureau de la Commission ainsi que ceux devant composer les différents démembrements locaux.
Devant le ministre de l'Intérieur, Idriss Ngari, dont le département ministériel a vu ses pouvoirs renforcés dans le cadre du management des opérations électorales dans le nouveau Code électoral, ainsi que des représentants de diverses formations politiques de la majorité comme de l'opposition, Mme Marie Madeleine Mborantsuo a indiqué que la prise de fonction du nouveau président de la CNE est conforme à l'esprit et à la lettre du nouveau cadre juridique des élections dans notre pays.
En effet, lors de la dernière concertation politique organisée à l'initiative du président Omar Bongo, en vue de parfaire et redonner l'espoir en l'outil électoral très critiqué, et pour susciter l'adhésion de la communauté nationale et internationale, une nouvelle grille en matière électorale autour de 88 nouvelles dispositions avait été élaborée par toute la classe politique gabonaise.
Au terme d'une dizaine de jours de discussions constructives et consensuelles, les chefs de partis politiques avaient élargi le champ de désignation du président de la Commission nationale électorale aux hauts cadres de la nation.
Ce qui, concrètement, signifiait que le président de a CNE ne devait plus être choisi uniquement au sein des cadres de la famille judiciaire, comme ce fut le cas jusqu'aux dernières Législatives 2001. Celles-ci avaient, on s'en souvient encore, été marquées par de nombreuses fraudes et par de fortes irrégularités ayant conduit la Cour constitutionnelle à plancher pendant plusieurs mois sur le volumineux contentieux électoral soumis à son arbitrage.
Ce changement ainsi que la cérémonie d'hier répondaient parfaitement à la nouvelle situation juridique dessinée par la volonté largement exprimée non seulement au plus haut niveau de l'Etat, mais également far tous les acteurs de parvenir à des élections qui puissent satisfaire le plus grand nombre de Gabonais.
Dans ce contexte, le président de la Cour constitutionnelle estime que Jean-Louis Messan est "l'homme de la nouvelle situation créée par la nouvelle loi portant disposition commune à toutes les élections dans notre pays".
En effet, premier président de la CNE issu de la société civile, ce dernier que l'on présente comme un personnage pondéré, discret, intègre et doté d'une expérience certaine dans la gestion des affaires publiques pour avoir dirigé plusieurs administrations publiques et parapubliques, aura la lourde responsabilité de gérer une consultation électorale que toute la classe politique souhaite transparente. De même qu'il devra, comme l'a souhaité Mme Mborantsuo, oeuvrer pour que "l'expression démocratique se fasse sereinement".
Dans cet ordre d'idées, le président de la Cour a exhorté Jean-Louis Messan, qui sera confronté chaque jour à des acteurs politiques désireux chaque fois de tirer la couverture de leur côté, à faire preuve de responsabilité et de détermination dans l'accomplis- serrent de sa mission.
Mandataire de la Cour constitutionnelle placée en amont et aval du processus électoral, le président de la CNE devra pour réussir dans sa mission s'appuyer sur les hauts juges de la haute juridiction. Son président Marie Madeleine Mborantsuo a émis le vœu que s'établisse une parfaite collaboration entre la CNI et la Cour. Collaboration permettant, de son point de vue et dans le contexte difficile et le climat tendu qui prévaut lors du scrutin, de répondre aux pressantes préoccupations souvent exprimées par les candidats et autres acteurs du jeu électoral.
Fort du soutien qu'il a publiquement reçu des neuf sages de la Cour, qui lui ont dressé des lauriers, Jean-Louis Messan, qui aborde là son premier grand examen dans le management électoral, a naturellement pris la réelle mesure de l'enjeu qui se dessine et surtout de 1 Importance et l'espoir que suscite son avènement à la présidence de la Commission nationale électorale.
Aussi, a-t-il souhaité dans une brève intervention, avoir affaire à "de grands acteurs politiques dans l'intérêt suprême de la démocratie gabonaise". Une manière implicite d'interpeller les dirigeants politiques sur la responsabilité qui est la leur dans le bon déroulement des opérations électorales.