Le groupe parlementaire du Parti démocratique gabonais à l'Assemblée nationale procèdera à sa rentrée politique les mardi 1er et mercredi 2 octobre prochain. Ainsi que l'explique son président, l'honorable Luc Marat-Abyla, député d'Akiéni, dans l'interview exclusive qu'il nous a accordée avant-hier au palais Léon Mba, cette rentrée sera vécue comme un moment politique fort de la vie du groupe. Ses députés entendent inaugurer à cette occasion une nouvelle façon de contrôler l'action du gouvernement et ainsi tordre le cou aux critiques selon lesquelles l'Assemblée nationale est devenue une chambre d'enregistrement sous l'actuelle législature. Plusieurs ministres seront interpellés grâce à cette initiative.
L'UNION:
Pour commencer, au nom de mes collègues députés, je vous remercie de l'intérêt que vous manifestez à l'endroit de nos activités politiques. Mais en même temps, permettez-moi de relever qu'a priori, vous semblez surpris de la tenue, pour la première fois au sein du groupe parlementaire du Parti démocratique gabonais à l'Assemblée nationale d'une rentrée politique sous cette forme et ce contenu. Effectivement la législature a débuté en mars dernier, et nous avons donc eu à faire nos débuts depuis lors. Nous avons d'abord pris le temps d'observer, avant d'envisager des discussions avec l'ensemble des députés de notre groupe, anciens comme nouveaux, en nous demandant comment faire pour être plus efficients plus efficients sous la précédente législature. Des suggestions ont été faites concernant notre organisation interne, et nous nous sommes accordés pour convenir qu'à partir de cette législature, nous devrions instituer des rentrées politiques du groupe au courant du mois d'octobre, c'est-à-dire dès la deuxième session de l'année. C'est une initiative réfléchie que nous avons prise, et au-delà nous avons pensé que cette rentrée politique doit être un grand montent de la vie du groupe. C'est ainsi que nous avons décidé de l'accompagner d'une série de conférences. Étant donné que le groupe débute, et que rien ne petit se faire sans de gros moyens, dont malheureusement nous ne disposons pas, nous avons donc retenu des activités qui ne nous pèsent pas trop financièrement. C'est ce qui explique que nous ayons privilégié des activités qui font plus appel au travail intellectuel. D'où les conférences-débats qui ont été programmées.
A l'évidence, elles sont les bienvenues, mais quel objectif précis vous êtes-vous promis d'atteindre à travers cette initiative?
Avant tout, tel que c'est organisé il y a un premier objectif visé par le groupe, c'est la volonté d'ouverture vers l'extérieur, vers les autres, sur laquelle nous avons beaucoup insisté pendant nos discussions. Il s'agit d'abord pour nous d'amener tous les parlementaires de tous les bords politiques à se retrouver ensemble, car autant que nous sommés, nous avons la même mission qui est celle de représenter les populations. Nous souhaitons que tous ensemble nous nous retrouvions à l'occasion de cette rentrée politique, bien qu'elle soit celle du groupe PDG, pour nous pencher sur les sujets retenus qui sont, du reste, des sujets qui préoccupent tout le monde, aussi bien les élus que les populations dans leur globalité. Nous pensons aussi que la même volonté d'ouverture doit davantage s'exprimer à l'endroit des électeurs, et comme ces sujets les intéressent particulièrement, eux aussi doivent se sentir concernés en venant suivre ces conférences, cette invitation s'adresse donc également aux cadres et aux citoyens.
Cela dit, M. le président, votre rentrée politique sera fondamentalement marquée par les interpellations de certains membres du gouvernement du Cabinet Ntoutoume Emane II. Quels sont ces ministres, et veuillez si possible nous rappeler les thèmes sur lesquels vous allez les interroger?
Il s'agit aussi du ministre de l'Éducation nationale, le Pr Daniel Ona Ondo. Celui-ci a annoncé à la fin des derniers examens que les résultats étaient en baisse, et d'ailleurs le Conseil des ministres s'en est préoccupé et, avec lui, les parents d'élèves. Devant cette situation alarmante, ".Continent améliorer le rendement scolaire de notre système éduca-tif ?". A cette question qui sera au cœur de nos débats avec lui, il n'a pas encore esquissé de réponses, nous allons lui en donner l'occasion.
Il s'agit également du ministre de la Défense nationale, Ali Bongo. " L'insécurité", tout le monde le sait est de plus en plus inquiétante dans le pays, et c'est le cas surtout dans les quartiers périphériques de là capitale. Il n'y a pas de jour qui passe sans que des actes de grand banditisme ne soient perpétrés contre les populations. Ce sujet, vous le savez bien, reste d'actualité.
If s'agit, enfin, du ministre d'Etat, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et de la Francophonie, Jean Ping. Plusieurs de nos concitoyens ne mesurent pas toujours bien, q"la contribution de la diplomatie gabonaise au service du développement du pays". Ce sera l'occasion pour le ministre d'Etat jean Ping, de venir l'expliquer sur la base d'exemples concrets.
Plus précisément, M. le président, en peu de mots, qu'attendez-vous donc de ces membres du gouvernement, qu'ils viennent vous dire ce qui a été fait par le gouvernement, ou au contraire ce qu'il compte faire dans ces différents domaines, et avec quel calendrier?
Sans vouloir déjà anticiper, mais si vous le voulez, concernant un ministre comme celui de l'Équipement et de la Construction, Egide Boundono Simangoye, revenons d'abord sur le slogan en vogue de son département ministériel: la route du développement. Qu'est-ce à dire? Évidemment, il fait de la route la clef du développement, et dès lors que nous nous montrons très préoccupés par les questions liées au développement du pays, nous ne pouvons qu'interpeller celui qui en constitue la clef. "Quelle route pour quel Gabon ?", il reviendra au ministre Boundono d'apporter des réponses. Certes, il y a plusieurs paramètres qui peuvent être en jeu, par exemple le relief, ou la situation économe que, et que selon ces paramètres, on définit les types de routes, et qu'on parle de routes qui ont un caractère national, d'autres qui n'ont qu'une vocation départementale, cantonale, alors que d'autres encore relèvent des Collectivités locales. Mais sans vouloir déjà entrer dans le vif du sujet, ce sera au ministre de répondre à ces questions, et aux interrogations des électeurs. C'est donc là une occasion qui leur est offerte d'expliquer ce qu'ils envisagent de faire. C'est important, car à ce niveau-là, nous avons l'impression que notre gouvernement ne prend pas le temps d'expliquer ce qu'il fart, ou ce qu'il envisage de faire. Puisque le gouvernement n'a pas toujours ce temps-là, il faut donc que nous parlementaires représentant le peuple, l'interpellions et l'invitions à venir s'expliquer devant la représentation nationale. Enfin, ce que nous disons en ce qui concerne le ministre Egide Boundono Simangoye, est valable pour les trois autres ministres. Et vous savez bien ce qu'a dit le ministre de l'Education nationale au sujet de la baisse du rendement scolaire. Qui plus est, le problème a été posé au niveau d u gouvernement. Ce problème, nous le disons nous interpelle torts, et la date que nous avons retenue pour notre rentrée politique, le mardi 1er octobre, soit au deuxième jour de la rentrée scolaire, nous lui poserons la question suivante : M. le ministre, après nous avoir fait le bilan de fin d'année qui semble être assez catastrophique, nous allons entamer la nouvelle année scolaire, au lieu d'attendre à nouveau la fin d'année, comment allez-vous faire pour améliorer le rendement de notre système éducatif? C'est vrai, que la réflexion pour un système éducatif est assez longue, et qu'elle se fait dans la durée, mais nous sommes impatients que le ministre nous fasse déjà partager la réflexion conçue avec ses collaborateurs. C'est à lui de nous ouvrir des pistes de sortie du mal qui s'aggrave.
Est-ce parce que le mal s'aggrave aussi en ce qui concerne l'insécurité que vous avez décidé d'inviter le ministre de la Défense nationale qui s'emploie à mettre en place la loi de programmation militaire 2003-2007? Au fait, on appris que cette loi tarde à bénéficier du soutien de l'Assemblée nationale et que depuis elle se trouve sur votre table. Est-ce vrai, ou bien nous nous trompons en le disant?
D'abord, disons un mot sur l'insécurité. Sachez encore une fois que c'est une préoccupation quotidienne et récurrente des populations, et que, par conséquent, nous devons en parler, et pour ce faire, interpeller les ministres en charge de ce problème. Il y cri a deux, le ministre de l'Intérieur et celui de la Défense nationale. Nous ne pouvons pas convoquer les deux en même temps, sachant entre autres qu'ils ne s'occupent pas du même domaine de compétence. Vous savez aussi qu'aujourd'hui, le ministre de l'Intérieur, Idriss Ngari est beaucoup plus occupé à préparer l'organisation des élections locales; et on a donc préféré le laisser prendre toutes les mesures nécessaires au bon déroulement de ce scrutin. Alors, nous nous sommes tournés vers le ministre de la Défense nationale, Ali Bongo, surtout que depuis longtemps, celui-ci avait manifesté un grand intérêt à justement venir développer la nouvelle orientation stratégique militaire de notre pays devant l'Assemblée nationale. A l'époque, nous lui avions demandé défaire preuve de patience, et aujourd'hui surtout dans le contexte international que nous connaissons, nous l'invitons à venir le faire. Concernant maintenant la loi de programmation militaire qui est un outil indispensable à la résolution des problèmes de défense et de sécurité de notre pays, le Premier ministre, chef dit gouvernement, jean-François Ntoutoume Emane, avait effectivement annoncé dans son discours de politique générale que le gouvernement allait urgemment élaborer cette loi. Le ministre Ali Bongo est très attendu par les dépistés, de même que ce projet de loi dont nous sommes curieux de savoir les grands axes, et surtout ce qu'il comporte. Ce qui est certain, c'est qu'il nous a dit que cela n'allait plus tarder. C'est, enfin, indirectement répondre à l'autre aspect de votre question.
Pour terminer, dites-nous, s'il vous plaît, un mot sur la problématique que soulève le passage du chef de la diplomatie gabonaise, le ministre d'Etat Jean Ping, devant les députés à cette occasion.
Que voulez-vous encore que je vous dise d'autre sur ce que nous attendons, si ce n'est que le ministre d'Etat jean Ping vienne nous révéler le rôle que joue notre diplomatie au service du développement. Dans l'intitulé que nous avons formulé à ce sujet précis, ça ne l'est pas sur la forme interrogative comme c'est le cas à propos de la route avec le ministre de l'Équipement et de la Construction, oit encore celui de l'Éducation nationale: C'est la preuve que nous ne nous posons pas de question ici, mais qu'en revanche nous l'affirmons et partageons donc cette volonté d'orienter la diplomatie au service des affaires comme était venu l'indiquer le premier ministre devant les députés. Reste maintenant au ministre d'Etat Jean Ping à venir démontrer concrètement comment se passé cette coopération à la fois bilatérale et multilatérale, ainsi que son impact sur le développement économique qui préoccupe les populations au quotidien.
Doit-on donc considérer au fond, que cette initiative cache mal une insatisfaction des élus PDG à l'égard d'un gouvernement qui est sort émanation en grande partie, même si le président de la République a voulu qu'il soit un gouvernement d'ouverture?
Pas forcément. Voyez-vous, le gouvernement, c'est le gouvernement, et il a le devoir d'expliquer ce qu'il fait, et ce qu'il envisage défaire, à court , moyen et long termes. Et ce qu'il fait, ce n'est pas parce que nous sommes le groupe parlementaire PDG que nous devons toujours le voir comme de la satisfaction absolue, et que nous devons donc l'encenser. Les élus que nous sommes, nous devons constamment nous retrouver du côté des populations que nous représentons. C'est ce qui nous oblige alors à exprimer sans le cacher leurs attentes à l'Exécutif Vous verrez donc à l'occasion de ces conférences qui ne se tiendront pas à huis clos, que les députés et sénateurs, pas seulement les pédégistes - donc ceux de tous les bords politiques - seront du côté de ces populations.
Pour conclure, si vous le voulez bien M. le président, à travers cette rentrée politique, entendez-vous inaugurer une nouvelle façon au sein du groupe parlementaire PDG de contrôler l'action du gouvernement et l'usage qu'il fait des deniers publics. Ce d'autant plus que l'opinion attend de vous que vous soyez plus regardants à ce sujet ?
Oui. Mais je dirais néanmoins, qu'avant d'en venir au contrôle systématique, nous voulons en amont comprendre les objectifs poursuivis par le gouvernement dans son action quotidienne en faveur des populations. De même, le gouvernement a besoin de connaître les besoins primordiaux des populations pour coller sa politique à ces attentes. C'est évident que si on est mal compris, les solutions élaborées risquent d'être inappropriées et inadaptées. Au demeurant, nous voulons savoir où le gouvernement conduit-il l'Etat, pour mieux le suivre pas à pas. Nous sommes aussi animés de la volonté de contribuer à la formation politique des députés de notre groupe.
II s'agit dans l'ordre de passage du ministre des Travaux publics, de l'Équipement et de la Construction, Egide Boundono Simangoye. Vous savez la place que la route occupe dans le développement d'un pays et les problème qui se posent aux populations à cause de l'état des routes dans le pays, malgré les efforts que déploie le gouvernement dans ce domaine. " Quelle route pour le Gabon? " C'est ainsi que nous avons intitulé notre sujet de débat avec lui, et il lui reviendra donc de répondre à cette préoccupation globale que nous lui avons formulée devant les parlementaire. Président Luc Marat-Abyla, vous êtes à la tête du groupe parlementaire PDG à l'Assemblée nationale et la prochaine rentrée politique des élus pédégistes est prévue pour le mardi 1er octobre. Il semble que vous soyez décidés à donner à cet évènement d'ordinaire discret un cachet spécial. Qu'en est-il?