Le ministre de l'Intérieur était hier au palais Léon Mba, où s'est ouvert le débat autour des nouvelles dispositions, fruits de la concertation ayant réuni toute la classe politique autour du président de la République. Le ministre en charge des élections a défendu le nouveau cadre juridique électoral.
LES membres de l'Assemblée nationale ont exprimé hier face au ministre de l'Intérieur Idriss Ngari, quelques appréhensions autour de l'ordonnance 05/2002 portant Code électoral en vigueur dès sa publication à l' issue de la concertation de la classe politique placée sous l'égide du président Omar Bongo.
Auditionnant le chef du département ministériel en charge des élections politiques dans notre pays, lequel est venu présenter la philosophie qui a sous-tendu la mouture finale élaborée de manière consensuelle par tous les acteurs politiques, ces élus n'ont pas manqué de faire savoir à leur hôte leur détermination à jouer pleinement leur rôle de parlementaires.
Dans la vision partagée au sein du palais Léon Mba, plus précisément dans la Commission présidée par Barnabé Indoumou, structure au sein de laquelle les membres se sont félicités du consensus qui a prévalu lors de l'élaboration du nouveau Code électoral, il n'est nullement question pour ces députés visiblement désireux de jouer à fond leur rôle de faire de leur institution une simple chambre d'enregistrement. Ils ont clairement laissé entendre au ministre Idriss Ngari.
AMÉLIORATION •
Dans ce contexte de quasi remise en cause que semblent créer ces élus, l'hypothèse de voir ces derniers apporter des corrections, ou encore que des ajustements soient opérés autour des articles qui nécessiteront des modifications, n'est pas à exclure une fois que le texte sera soumis d'ici la semaine prochaine à leur examen.
Face à cet accueil quelque peu prévisible réservé au ministre de l'Intérieur, qui avait mandat du gouvernement pour entretenir les élus sur cette ordonnance indispensable à la tenue des locales prochaines, Idriss Ngari s'est employé à défendre les contours et les modalités ayant concouru à la signature par le président de la République de ce texte. Il a présenté les grandes innovations qui permettront de combler les lacunes fortement décriées dans la précédente mouture.
Ce texte au cœur du débat d'hier avait été élaboré en raison des problèmes posés lors de l'organisation et du déroulement des élections dans notre pays. Après avoir tiré les leçons du dernier vote marqué par des fraudes manifestes, des irrégularités, de même que par une abstention record la classe politique a travaillé d'arrache-pied pour améliorer de manière significative l'organisation des opérations électorales.
Il faut dire que l'ordonnance 05/2002 que l'on présente aujourd'hui comme une réponse des politiques à la question préoccupante des élections, devrait dans la perspective des locales prochaines redonner l'espoir en la mécanique électorale du pays. D'aucuns estiment aussi que ce texte devrait faire en sorte que le vote se déroule dans la transparence souhaitée par les acteurs politiques. A condition, avancent d'autres, que les uns et les autres jouent le jeu.
Le fait que le Code électoral en question porte la marque de tous les acteurs politiques, est plutôt bien perçu par les députés. Mais cette démarche ne saurait empêcher les parlementaires d'examiner sérieusement ledit texte.
Bien qu'il apparaisse de en plus au regard des déclarations des responsables de partis, d'institutions de la République, que ce document joint de la peine confiance des partis politiques et de l'opinion nationale et internationale, le Code en vigueur doit naturellement suivre la procédure législative de critique des membres des deux chambres du Parlement avant sa ratification.
C'est en conclusion ce message que les députés ont tenu hier à transmettre au gouvernement à travers les quelques réserves émises par les uns et les autres au cours de cette séance a précisé, un parlementaire de la majorité. Reste qu'une fois encore, nombreux sont ceux qui dans l'opinion demeurent sceptiques face à la réelle détermination de ces élus à aller au bout de leur logique.
Par cette précision à valeur d'avertissement lancé à l'Exécutif, ces élus pourtant issus des partis politiques ayant pris part à la concertation politique, entendent marquer leur territoire. Ce qui ne surprend guère d'autant plus que nombreux sont ceux qui, ès la promulgation dudit texte, arguaient à l'appui de l'article 52 de la Lot fondamentale, que des amendements pouvaient être proposés dès sa venue au Parlement.