Son n°2 Benoît Joseph Mouity Nzamba, a rendu publiques hier les conclusions de la réunion de l'appareil du parti sur le cas André Mbourou, coupable de "propos malencontreux" sur la santé du leader du PGP, et candidat déclaré à la succession de Me Agondjo Okawé à la mairie de Port-Gentil. Écartant l'exclusion, l'instance suprême du PGP s'est contentée de stigmatiser son discours. Cette décision est une victoire des colombes sur les faucons du parti.
LA tendance est à l'apaisement au sein du Parti gabonais du progrès, avec la décision de la hiérarchie de cette famille politique de ne pas faire usage du couperet stalinien contre le député du 2e arrondissement de la capitale économique, et 3e vice- président de l'Assemblée nationale, André Mbourou.
Ce dernier était sur la sellette pour avoir fait acte de candidature à la mairie de Port-Gentil dont l'actuel édile est Me Pierre-Louis Agondjo Okawé, le leader charismatique du PGP. Ceci lors de la tenue du Congrès extraordinaire du 2e arrondissement de Port-Gentil, au cours duquel il avait ouvertement déclaré son intention de briguer l'Hôtel de Ville de la cité pétrolière. Une audace, doublée du crime de lèse-majesté que s'étaient alors juré de lui faire payer au prix fort certains responsables de l'appareil du parti, résolument fidèles au président du PGP. Lequel, quelque temps auparavant, avait fait connaître sa candidature à sa propre succession à la tête de la mairie de Port-Gentil.
Mais à leur corps défendant, ils devront faire leur la décision du Bureau national convoqué expressément à ce sujet, le dimanche 15 septembre dernier. Tous les hiérarques du parti avaient participé à cette réunion houleuse au siège du PGP à Likouala. C'est le vice-président, Benoît Joseph Mouity Nzamba, qui s'est chargé de venir rendre publique la sentence.
Celle-ci n'a pas tout à fait été du goût de ceux qui pensent qu'André Mbourou n'a pas à braver le leadership incontestable du leader du Parti gabonais du progrès, en décidant comme il l'a fait d'aller l'affronter en duel, le moment venu, au sein du Conseil municipal, ou même lors d'élections primaires, souvent rudes et incertaines, comme les précédentes vécues au sein du parti.
Selon l'ancien député de Mougoutsi, remonté au créneau avec cette affaire, le parti ne peut plus se permettre de nouveaux déchirements à l'approche des prochaines électrons municipales, surtout moins de deux années après le dernier conflit grave qui a précédé la succession de l'ancienne mairesse de la ville, Marie-Augustine Houangni-Ambouroue, qui avait été abusivement exclue du PGP, selon une frange des militants et même de l'opinion nationale.
D'emblée, Benoît Mouity Nzamba a tenu à expliquer qu'à ses yeux, et à ceux du Bureau national, le fait pour André Mbourou de poser sa candidature aux fonctions de maire, n'est en rien un crime de lèse-majesté. Deux raisons, selon lui l'expliquent:
DESARROI DES FAUCONS.
Cet argument qu'il a brandi a été défendu par les partisans de l'application stricte des textes fondateurs du parti, notamment les parlementaires et les anciens parlementaires dont lui même, mais surtout il a constitué la principale ligne de défense de l'accusé qui n'a jamais cessé de demander depuis le début de cette affaire qu'il lui soit démontré qu'il a enfreint les lois de sa famille politique.
Ainsi que l'a effectivement révélé le vice-président du PGP, André Mbourou a été longuement auditionné par les instances dirigeantes du Parti, et celles-ci ont tenu à délibérer en toute objectivité. Ayant conclu sans le dire que les griefs contenus dans le dossier d'accusation étaient légers, ils ont décidé de "relaxer" André Mbourou, qui s'en tire donc plutôt bien.
Le Bureau national, prenant acte des excuses qu'il a présentées hier aux militants et au leader du PGP, fustige simplement ses déclarations sur l'état de santé chancelant de Me Pierre-Louis Agondjo Okawé. En effet, " le Bureau national constate que certains propos sont malencontreux et susceptibles de jeter le trouble dans l'esprit des militants et des compatriotes. Le Bureau national stigmatise ces propos" a-t-il noté. Autrement dit, André Mbourou n'est pas menacé d'être exclu, et ne l'a donc pas été.
Tout compte fait, cette décision du Bureau national a vocation à préserver l'unité dans les rangs du parti, lequel n'a toujours pas effacé les séquelles du conflit qui s'était ouvert en son sein entre les Orungus et leurs frères Nkomis du Fernan Vaz qui se disputent le contrôle dela ville de Port-Gentil à travers la lutte de succession qui se pose de plus en plus au PGP.
En outre, cette affaire est venue révéler davantage l'acuité de cette guerre de succession, mais son dénouement rendu en l'absence de Me Agondjo Okawé a surtout démontré à quel point il a été difficile pour le leader du PGP d'imposer ses vues aux autre, hiérarques du parti, comme il était parvenu à le faire dans l'affaire Marie-Augustine Ambouroué. Ce rejet de la politique d'ostracisme qui traduit le désarroi qui s'est emparé des va-t-en guerre tapis dans l'ombre, illustre enfin l'ascendant qu'ont pris 1es colombes sur les faucons du PGP.
La première est qu'il ne s'agit en principe que d'une candidature à la candidature, la seconde est que ce principe de candidat à la candidature est consacré par les statuts et règlement intérieur du PGP. "La pluralité des candidatures à un poste électif est la preuve tangible, s'il en était besoin, du caractère démocratique du fonctionnement du PGP", a-t-il fait savoir.