Le député du 2e arrondissement, AA quelques semaines de cette consultation électorale, Pierre André Kombila, Jules Aristide Bourdès Ogouliguendé et leurs compagnons, qui se retrouvent cet après-midi face au ministre de l'Intérieur, pourraient exprimer quelques appréhensions sur des points qui, selon eux, font peser une hypothèque sur 16 transparence électorale.
L'OPPOSITION gabonaise, qui semblait avoir quasiment déserté l'arène politique au lendemain de sa volte-face maladroite lors de l'ultime phase de la remise des conclusions des négociations engagées dix jours plus tôt avec la majorité pour le Code électoral, tente aujourd'hui, lundi 7 octobre 2002, de reprendre l'initiative pour des élections locales transparentes.
A la faveur d'une rencontre qu'elle a souhaitée avoir ce jour à 16 h avec le ministre de l'Intérieur, Idriss Ngari ce groupement politique entend engager de sérieuses discussions autour des conditions de sa participation effective aux élections locales. Celles-ci doivent avoir lieu au plus tard le 15 décembre 2002, date butoir fixée par la Cour constitutionnelle.
Face aux responsables du ministère de 'Intérieur, département en charge des questions électorales, ses principaux leaders qui, pour la plupart, se gardent toujours d'évoquer une probable entrée dans la nouvelle arène électorale, hormis Pierre Louis Agondjo Okawé, du PGP, candidat, à sa propre succession à la mairie de Port-Gentil, vont clairement exprimer leurs appréhensions sur des points qui, selon eux, pourraient aire peser une sérieuse hypothèque sur la transparence électorale.
C’est justement la crainte de voir subsister encore des entraves à une bonne organisation des prochaines élections locales qui aura, à en croire un diri5eant de l'opposition, suscite la convocation du sommet de cet après-midi. Un sommet qui se tient un peu plus de quarante-cinq jours avant le scrutin local, et minutieusement préparé au cours des discussions élargies que ce camp politique a eues la semaine dernière au siège du parti de Pierre André Kombila, à Awendjé.
REVIREMENT • Lors des discussions à l'avenue de Cointet, il est fort probable que Jules Aristide Bourdès Ogouliguendé du CDJ, Pierre André Kombila du RNB, ceux du Parti gabonais du progrès (PGP) et d'autres formations, mais aussi Pierre Mamboundou de l'UPG, dont la présence du parti est envisagée depuis que son leader s'emploie a sortir de son isolement, aborderont les aspects relatifs au Code électoral issu de la dernière concertation politique placée sous l'égide du président Omar Bongo.
Cette rencontre avait réuni pendant une dizaine de jours les représentants de la majorité et de l'opposition pour améliorer de manière significative l'organisation des élections dans notre pays. Un objectif qui avait été atteint de manière consensuelle au point que depuis lois, a fait remarquer dernièrement Louis-Gaston Mayila, le président du PUP et co-président de cette concertation politique, pas un seul leader n'a trouvé à redire sur l'ordonnance 05/2002 qui réglemente aujourd'hui l'organisation des opérations électorales.
C'est sans aucun doute, après une longue période de réflexion, et diverses concertations menées au sein de l'opposition gabonaise, qui avait tenté d'opérer un revirement "sans objet" après l'acte osé le 9 août dernier à la présidence de la République, que cette famille politique a jugé opportun de reprendre fa main en interpellant le ministre de l'Intérieur sur des points restés en suspens.
ENJEU • Un des chefs de ce bloc politique fixant l'en eu de la rencontre d'aujourd’hui avec le ministre Ngari, a indiqué que certaines recommandations faites au gouvernement par la Commission paritaire majorité/ opposition, pourraient servir de base de discussions. Une indication assez révélatrice du climat ou de l'es rit dans lequel l'opposition fait son retour sur l'échiquier politique et qui traduit 11importance de ses préoccupations et de sa démarche.
Au nombre de ses inquiétudes figure, semble t il, la question de la dynamisation du Conseil national de la Démocratie (CND). Un sujet récurrent au sein de la classe politique et qui pourrait cette fois figurer au nombre des préalables posés par l'opposition pour son implication effective dans le processus en vue du renouvellement des assemblées départementales et des conseils municipaux.
Dans la perception 'de l'opposition, dont un des principaux ténors, Jules Aristide Bourdès Ogouliguendé, assurait encore la présidence de cet organe permanent "dépositaire des procès-verbaux" au terme du vote, l'impossibilité flagrante aujourd'hui pour cette structure d'assurer les missions qui lui ont été assignées fait peser une ombre sur la volonté affichée de parvenir à des élections crédibles.
De ce point de vue, il apparaît clairement qu'à la veille de ce scrutin et même si le CND n'intervient nullement dans le processus électoral, l'opposition tente d'interpeller le gouvernement sur les lenteurs observées par rapport à la mise en oeuvre d'une recommandation importante faite par la Commission paritaire de doter le CND des moyens nécessaires à son bon fonctionnement.
Mieux encore, jules Bourdès Ogouliguendé et ses compagnons, qui ont tenté d'obtenir en vain un élargissement des destinataires des procès-verbaux des bureaux de vote, entendent manifestement s'en saisir et en faire un enjeu pour le vote prochain, sinon du contentieux électoral qui pourrait naître à l'issue du scrutin.
C'est donc dans ce contexte pré-électoral de forte exigence de transparence que l'opposition et le ministère de l'Intérieur se retrouvent cet après midi pour tenter de s'accorder sur les conditions de préparation de cette échéance placée sous le signe de la compréhension et de la confiance partagée.
ndré Mbourou, ne semble pas avoir renoncé à son ambition d'être candidat à Io mairie centrale. Les instances du parti devront trancher entre Me Agondjo Okowé et lui.
CEST donc le choc des ambitions au Parti gabonais du progrès (PGP). Candidat à sa propre succession au fauteuil de maire de Port-Gentil, Me Pierre-Louis Agondjo Okawé devra en effet; au préalable, affronter, lors de "primaires" le député du 2e arrondissement et 3e vice-président de l'Assemblée nationale, André Mbourou. Ce dernier, en plus de conduire la liste "progressiste" dans le 2e arrondissement, avait, le 7 septembre dernier, annoncé qu'il serait "candidat à la candidature" pour l'Hôtel de Ville. Revenant hier sur cet épisode qui a agité ces derniers jours la vie du PGP, l'intéressé s'est borné à présenter aux militants et au leader du parti ses excuses pour le "trouble" qu'a pu provoquer sa démarche et pour le "ressentiment qui a pu naître en lui (Me Agondjo Okawé) suite à cet évènement". Quant aux modalités de ces "primaires", sans doute la base - qui, dans la capitale économique, a été appelée à la mobilisation en vue de "faire gagner le parti" - sera-t-elle consultée, mais ce sera au bureau national, en dernier ressort de trancher.