Accusant le Conseil national d la communication de briller dans la répression et la censure, les éditeurs de la presse écrite gabonaise demandent au CNC de jouer son véritable rôle d'organe de régulation. Avant de s'en remettre au président de la République pour la levée des mesures qui frappent Gabaon et Misamu.
LES éditeurs gabonais regroupés au sein de "Gabon Presse Edition" sont sortis, avant-hier, de leur mutisme.
Au sortir d'une réunion élargie à l'ensemble de la corporation et du public, mercredi 17 septembre au siège du journal Misamu, quartier Sociga, suite aux sanctions infligées à quatre journaux indépendants du pays par le conseil national de la communication, l'association des éditeurs de la presse écrite gabonaise (Gabon Presse Édition) a condamné vigoureusement cette décision et mis également en demeure le CNC de se conformer à son principal rôle de régulateur des médias.
Accusant le conseil national de la communication d'être plus un organe de répression et de briller par la censure, Gabon Presse Edition a dénoncé ce que ses membres ont appelé "la restriction du champ de la liberté au Gabon (...) et le net recul des acquis du processus de libéralisation, engagé depuis la conférence nationale".
"GPE condamne énergiquement cette décision qui tend à restreindre le champ de la liberté au Gabon", notent-ils, dans un communiqué de presse au sortir de ladite réunion, et parvenu à notre rédaction, avant-hier, tard dans la soirée.
Les travaux dirigés par le président de Gabon Presse Edition, l'abbé Noël Noël Nguema, par ailleurs, directeur de publication du journal Misamu, dont la signature authentifie le communiqué en question, ont vu la participation d'une bonne brochette des professionnels de la presse écrite gabonaise, particulièrement ceux des journaux suspendus, qui ont d'ailleurs apporté leur soutien à ces confrères, notamment Misamu qui, en dehors de la suspension, devait en principe comparaître en correctionnelle dans les tout prochains jours, suite à la plainte déposée par les services concernés par le dossier des 3 000 000 000 FCFA.
Il faut rappeler que, siégeant en sa séance plénière ordinaire du 5 septembre dernier, pour l'examen des dossiers relatifs au contenu et au fonctionnement des organes de presse nationaux, l'organe de régulation de la communication au Gabon avait suspendu, pour trois mois, les journaux "Misamu" et "Gabaon" et mis en demeure "Le Nganga" et "La Lowé".
Le Conseïl national de la communication reprochait à ces titres d'avoir livré des informations "de nature à porter atteinte à l'ordre public, au crédit de l'Etat et à a dignité et l'honneur des responsables des institutions de la République".
Plus précisément, le CNC condamnait le fait que Misamu ait fait état de "la soi-disant disparition d'une somme de trois milliards (3 000 000 000) de nos francs des caisses du Trésor public, et de l'éventualité du non paiement des salaires des fonctionnaires au mois de septembre (encours)", dans ses numéros 256 et 257, et pour "Gabaon" le fait de s'être pris violemment au président du Sénat (Georges Rawiri) en faisant étalage de sa vie privée. Quant aux hebdomadaires "Le Nganga" et "La Lowé", il leur est reproché d'avoir livré des informations portant atteinte à la dignité du Premier ministre dans leurs éditions, respectivement, du 9 juillet et 1er août 2002.
Se joignant ainsi donc aux appels pressants des associations et organisations nationales et internationales de défense de la liberté de la presse dont, entre autres, le Club de la presse du Gabon, Reporter sans frontières (RSF) qui, à travers son secrétaire général Robert Menard, a adressé une correspondance au Premier ministre, demandant au chef du gouvernement gabonais d'explorer certaines voies en vue d'annuler cette décision, Gabon Presse Edition a demandé la levée pure et simple de ces "mesures iniques". Et s'en remet au président de la République, chef de l'Etat, garant des institutions républicaines.
"Gabon Presse Édition, tout en se réservant le droit d'entreprendre toute action allant dans ce sens, en appelle au président de la République, chef de l'État(...) conclut le communiqué, signé de l'abbé Noël Ngwa-Nguema.