Les instances dirigeantes du Parti gabonais du progrès semblent avoir bien manœuvré pour calmer les passions et ramener la sérénité dans leurs rangs à la veille des élections locales au cours desquelles le PGP jouera gros pour conserver les Conseils municipaux et départementaux encore sous son contrôle aujourd'hui.
Malgré l'habileté avec laquelle Benoît Mouity Nzamba, le vice-président du PGP ainsi que les autres hiérarques de ce parti présents à Libreville ont réussi, au terme de plusieurs rencontres au Sommet, à maîtriser la barre du navire, il n'en demeure pas moins que le parti de Pierre-Louis Agondjo Okawé, n'est pas totalement sorti de la tourmente. Car, "l'affaire André Mbourou" a laissé transparaître à travers les attitudes et les déclarations des uns et des autres les velléités et ambitions de nombre de hauts cadres.
Elle a, tout autant, renforcé le sentiment qu'on qu'un conflit au Sommet du parti couve sous les cendres. Pour tout dire, la guéguerre en sourdine que se livrent diverses fractions désireuses les unes après les autres de prendre le contrôle du parti, surtout depuis que le débat autour de la succession du vieux leader Agondjo Okawé, est rouvert, semble être à l'origine de ce climat surréaliste que même les apparences de cohésion affichée actuellement par les instances dirigeantes, ont du mal à masquer.
En effet, depuis plusieurs années, notamment après les départs successifs durant la dernière décennie de plusieurs hauts cadres naguère aux premières loges du combat politique de cette formation politique, la présence d'une vieille garde scindée en deux familles distinctes, et surtout l'arrivée dans les rangs d'une nouvelle élite de Progressistes autour de Marc Ropivia, on ne cesse de faire état de la présence de deux camps qui s'opposent réellement autour de Pierre-Louis Agondjo Okawé.
Pour de nombreux observateurs et même d'ancien responsables de cette formation politique, qui pronostiquent, à terme, un affrontement au couteau pour le contrôle du parti, il y a le clan mené, semble-t-il par l'ancien député de Mougoutsi, Benoît Mouity Nzamba, autour des parlementaires et militants sudistes. Dans la province de la Nyanga, comme dans l'Ogooué-Maritime et le Moyen-Ogooué, le PGP compte encore de nombreux militants et sympathisants.
Ce groupe se présente comme étant celui des "Démocrates" accrochés au respect scrupuleux des textes qui régissent le parti, pense théoriquement que la présidence du parti devra échoir le moment à l'actuel n° 2.
De même que celui présenté comme étant le groupe du "dernier carré" de Me Prerre-Louis Agondjo Okawé, incarné, dit-on également, par Séraphin Ndaot, Marc Ropivia, Ayenouet et autres proches du président du PGP.
Il est clair que si pour les "Démocrates" auxquels viennent se greffer certains élus l'Ogooué-Maritime, le "dernier carré" n'a aucune légitimité puis que non représentatif de la base, et donc ne peut nullement se prévaloir à terme, d'un quelconque héritage, les autres le leur rendent bien.
Car des proches du groupe en question réfutent bien évidemment ce point de vue en opposant celui de la dictature du groupe que semble vouloir imposer Benoît Mouity Nzamba, dont la survie politique ne serait pas possible, disent les mauvaises langue, en dehors du PGP.
Il faut dire depuis la disparition de la frange naguère formée autour de l'ex mairesse Marie-Augustine Ambotiroué, victime, il faut le dire, aussi bien des deux clans que de la rancune tenace de Pierre-Louis Agondjo Okawé, lui-même, la bataille en sourdine est lancée de plus belle. Au point que le reste des hiérarques du PGP balance entre les deux camps qui s'affrontent pour le moment à fleurets mouchetés.
Dans ce contexte, nul ne peut dire qui des deux camp finira par s'imposer et quelle sera l'attitude du vieil opposant une fois qu'il aura décidé d'arrêter le combat politique ?