La décision de ce cadre du PGP de briguer le fauteuil de maire de Port-Gentil dont Me Agondjo Okawé, le président du parti, est le titulaire sortant et candidat déclaré à sa propre succession, soulève de vives réprobations et constitue un "acte d'indiscipline impardonnable". Autant que ses propos sur la santé chancelante de son leader. Selon la tradition du Parti, il risque l'exclusion. Mais hier matin, tenant à calmer le jeu, André Mbourou a présenté ses "sincères excuses".
COMME chaque fois que se profile à l'horizon une importante échéance politique; le Parti gabonais du progrès traverse à nouveau une période de turbulences aux graves conséquences politiques pour son avenir.
Plusieurs crises politiques répétitives ont effectivement secoué cette famille politique et laissé de profondes séquelles dans ses rangs, à l'instar de celle qui a précédé l'élection à la mairie de Port-Gentil, du leader du Parti gabonais du progrès, Me Pierre-Louis Agondjo Okawé, à la suite de l'exclusion de ce parti de Mme Marie-Augustine Houangni-Ambouroué, destituée ensuite par la tutelle.
Cette année encore, alors qu'approchent les élections municipales, cette tradition est en passe d'être respectée avec l'affaire André Mbourou, du nom du député du 2e arrondissement de la capitale économique, et 3e vice-président de l'Assemblée nationale.
Ce cadre du Parti, pourtant connu pour être un proche du président du Parti gabonais du progrès, a créé la surprise en faisant part publiquement au cours d'un Conseil extraordinaire du 2e arrondissement, tenu le samedi 7 septembre dans ce bastion du PGP, de sa détermination à briguer les suffrages des électeurs au sein du Conseil municipal en vue de devenir le maire de la ville de Port-Gentil.
Autrement dit, il entend dorénavant croiser le fer avec le maire sortant, c'est-à-dire le leader du PGP Pierre Louis Agondjo Okawé en personne, lequel a récemment annoncé avant lui son engagement à être candidat à sa propre succession. Cette volonté qu'il a affichée en présence de nombreux militants pégépistes, dont certains parmi les plus passionnés sont même prêts a se jeter du haut d'un immeuble de cent étages pour justement défendre leur champion, a du coup été vécue comme une décision de sa part d'ouvrir un front destiné à contester au président du PGP son leadership sur l'ensemble de leur famille politique.
Qui plus est, il ne s'est pas arrêté simplement à ce dessein qui n est pas forcément en soi un crime de lèse-majesté, mais semble-t-il, il a jeté de l'huile sur le feu dès lors qu'il a tenté de justifier sa volonté de s'opposer au chef charismatique du PGP en faisant valoir que l'état de santé de Me Agondjo Okawé est devenu chancelant, à tel point qu'il lui est difficile d'assumer correctement le poids de ses charges. Si l'évocation de l'état physique du maire de Port-Gentil n'est pas en tant que telle un appel à ce dernier pour lui faire comprendre qu'il est temps pour lui de passer le témoin, elle sonne au moins comme un message pour lui dire clairement que des ambitions se sont aiguisées parmi les militants, et qu'il doit donc s'attendre à une lutte impitoyable en leur sein si tant est qu'il doit rempiler à la tête de l'Hôtel de Ville.
Plus que l'annonce de sa candidature dans la course à la mairie centrale, ce sont visiblement les allusions au carnet de santé de l'actuel maire qui ont choqué une frange considérable de militants du PGP, à commencer par Me Pierre Louis Agondlo Okawé lui-même. Selon certains de ses lieutenants, celui-ci n'a pas supporté ces critiques sur sa personne, surtout quand elles émanent d'un cadre du parti qu'il considère comme appartenant au dernier carré de ses confidents, ce qui est à juste titre fondé car il n' y a pas un pas de Me Agondjo Okawé sans qu'on n'aperçoive ce lieutenant dans son ombre.
RIGUEUR IMPARTIALE
Ce qui pose problème c'est le fait qu'on veuille s'en servir comme argument de campagne électorale pour le déstabiliser. Soit dit en passant, Me Pierre-Louis Agondjo Okawé, n'a jamais nié ses propres difficultés de santé. À preuve, à l'approche des élections présidentielles de 1998 où il avait refusé de se présenter, son principal argument, pour convaincre ses partisans le jour de la cérémonie de présentation de vœux en son honneur, avait consisté à reconnaître qu'il était souffrant.
Pour autant, en étant revenu là-dessus dans le contexte électoral actuel, le député du 2e arrondissement risque gros pour son avenir politique sous la bannière du PGP. Une réunion du Bureau national du Parti a été convoquée d'urgence à Libreville avec entre autres points à l'ordre du jour le cas André Mbourou." C'est un acte d'indiscipline impardonnable",
A priori, c'est pour éviter qu'il en soit ainsi qu'il a organisé un point de presse, hier matin, au si è e du PGP à Likouala. André Mbourou s'est empressé de battre sa coulpe. Dans sa déclaration, il a regretté d'avoir fait état de la santé du chef du PGP et reconnu que ses paroles ont causé beaucoup de torts aux siens, mais il n'a cependant pas renoncé à se lancer dans la course à l'Hôtel de Ville de la cité pétrolière.A Me Agondjo Okawé, président du Parti, je présente mes sincères excuses pour le ressentiment qui a pu naître en lui",
a-ti-l indiqué. Reste à savoir, s'il sera entendu. On le saura aujourd'hui, car il est prévu une sortie publique très attendue du vice-président du PGP, l'ancien député de Mougoutsi, Benoît-Joseph Mouity Nzamba, connu pour son attachement rigoureux aux principes, mais aussi pour sa souplesse dans leur application. Ce que lui reproche souvent Me Agondjo Okawé.a confié un cadre du PGP requérant l'anonymat. Me Agondjo Okawé a pris part à cette réunion aux conclusions jusque-là tenues secrètes. Il est fort probable que le coupable subira, comme d'autres avant lui, la sanction suprême du moins si cela ne tient qu'à Me Agondjo Okawé. Mais rien ne dit aussi qu'il n'échappe pas à l'exclusion, car si c'est le cas, il pourrait être déchu de ses hautes fonctions à la chambre des députés.• C'est cela qu'a donc expliqué cet autre proche de Me Agondjo Okawé, selon lequel c'est moins le fait de dire que la santé du leader du PGP se serait dégradée depuis la campagne des élections présidentielles de 1993 durant lesquelles il avait connu de raves secousses qui l'avaient ait évacuer en France qui fait mal.