ANDRE Mbourou, hiérarque du Parti gabonais du progrès (PGP) mis en difficulté dans son propre camp pour avoir tenu non seulement des propos désobligeants sur l'état de santé chancelant de Pierre-Louis Agondjo Okawé, le leader charismatique de ce parti politique, mais aussi pour avoir décidé de le braver en se portant candidat à la mairie de Port-Gentil, a fini par battre en retrait.
A la faveur d'un point presse mercredi 18 septembre 2002 au siège du parti à Likouala, l'honorable André Mbourou, s'est confondu en excuses face à l'opinion nationale et principalement les militants du PGP et son président Agondjo Okawé, par ailleurs, son propre parent.
Plus d'une dizaine de jours après avoir fait au cours du Conseil extraordinaire du 2e arrondissement une déclaration qu'il regrette aujourd'hui, la sortie du 3e vice-président de l'Assemblée nationale, a été perçue par la hiérarchie de ce parti comme une tentative d'éviter la crise au sein du parti, surtout à la veille d'élections cruciales comme les Locales. Ce rendez-vous quelque peu forcé détonait comme l'expression formelle du regret par rapport à l'acte posé.
Aussi la question se pose-t-elle de savoir si les excuses publiques faites avant-hier par André Mbourou, sous la pression de ses compagnons seront acceptées par le vieux lutteur qu'est Agondlo Okawé? Pardonnera-t-il cette "trahison" à celui que l'on a toujours considéré comme son inconditionnel ?
Pour l'heure, rien ne l'indique, car jusqu'à ce jour, Me Pierre-Louis Agondjo Okawé s'est muré dans son fief de Port-Gentil dans un silence qui en dit long sur son état d'esprit en ce moment. Même si le Bureau national par la voix du vice-président Benoît Mouity-Nzamba,-s'est félicité des excuses de l'honorable André Mbourou.
Toujours est-il que André Mbourou qui s'est présenté mercredi en fin de matinée devant la presse l'air complètement atterré et conscient des vagues provoquées par ses déclarations "malencontreuses" sait mieux que quiconque quelle peut être la rancœur de son parent et président du PGP. Mais aussi les conséquences possibles au sein même de leur communauté, voire du clan familial.
En effet, dans les rangs des Progressistes, et aussi des proches du leader de ce parti, l'homme Agondjo Okawé est respecté, mais surtout craint pour avoir la rancune tenace et une propension marquée à "trancher la tête" de ceux où celles qui osent braver son autorité. Anselme Nzoghé, Nang Nguéma Jean-Charles Barrier Allela, Borobo Epembia, Guy Nang Bekalé, Anaclé Bissiélo, Méré Fabien, Marie-Augustine Ambouroué, Makaya de Setté Cama et tous les autres Progressistes qui ont été forcés de quitter le navire ou de rentrer dans les rangs, sont bien placés pour le savoir, et souvent à leurs dépens. Dans le cas André Mbourou, nombreux sont ceux qui craignent encore le pire.