Le propos est de René Ndemezo Obiang, ministre chargé des Relations avec les Assemblées.
L'EXERCICE d'une fonction induit un ensemble de contraintes, de servitudes et de sacrifices pour l'agent public. La charge de président de la République illustre au plus haut point l'apogée de cette disponibilité. Un régime de retraite conséquent pour les premiers citoyens doit donc être aménagé à cet effet". Ainsi s exprimait jeudi dernier en matinée, au Palais Léon Mba, le titulaire du portefeuille des Relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement, René Ndemezo Obiang, venu plaider devant les députés, la ratification de deux projets d'ordonnances modifiées et relatives aux régimes spéciaux de retraite de certains anciens hauts dignitaires de l'Etat, en l'occurrence les présidents de la République, les vice-Présidents de la République, les Premiers ministres et les présidents de chambres du Parlement.
Selon les explications du ministre contenues dans son exposé des motifs, les deux textes visent a déterminer les règles se rapportant à la pension retraite, les dispositions matérielles, les prérogatives fonctionnelles les honneurs et les immunités de certains anciens hauts dignitaires de l'Etat.
Plusieurs députés, à la lecture des documents de base â eux proposés, sont montés aux filets pour dénoncer le caractère "excessif' des avantages accordés aux personnalités concernées par ces régimes de pension. D'aucuns ont objecté que les dispositions qui leur étaient proposées à ratification étaient en flagrante contradiction avec les objectifs visés par le gouvernement, à savoir la lutte contre la pauvreté et la réduction du train de vie de l'Etat, au moment où notre économie bat de l'aile. Les plus pointus ont simplement estimé que les avantages proposés étaient trop élevés.
On notera, pour exemple, qu'une dotation forfaitaire mensuelle, de 80% des émoluments perçus pendant la période d'activité devrait être versée à un ancien président de la République, contre 65% à un ancien vice-président, un Premier ministre ou un ancien président de chambre du Parlement.
Devant les récriminations maintes fois réitérées des élus du peuple, notamment en ce qui concerne l'urgence de la ratification de ces deux ordonnances, Ndemezo Obiang a coupé court en déclarant que personne ne détient le calendrier. Une façon de dire que nul ne sait ce qui peut arriver demain. Et comme le vide juridique persiste en la matière, il fallait bien mettre de l'ordre dans ce sens.
Pour lui, l'aménagement des textes s'impose aujourd'hui, car cela permet de prévenir des situations inattendues. Du point de vue du gouvernement, soutiendra-t-il, ces mesures trouvent amplement leur raison d'être. Il soulignera par ailleurs que des dispositions similaires ont été dernièrement adoptées en ce qui concerne le régime de retraite des anciens députés et d'autres catégories socioprofessionnelles. Ce qui n'a, visiblement, déplu à personne. Alors, pourquoi s'époumoner pour un avantage qui a été concédé à d'autres citoyens, a semblé s'interroger le porte-parole du gouvernement.
Ce dernier, en pédagogue rompu, a fait valoir que lesdites ordonnances, pour politiques qu'elles soient, auront le mérite de prévenir certaines situations inadmissibles qu'on a observées sous d'autres cieux, notamment le dénuement des anciens dignitaires de l'Etat. Un cas de figure qui n'est pas gai à vivre et qui, selon l'orateur, n'honore pas les citoyens d'un pays sérieux. "Les hauts dignitaires de l'Etat doivent bénéficier d'une pension honorable", martèlera-t-il. Le maintien de la paix tient également à cela, devait conclure le ministre.