TOUT semble montrer que désormais, 1'organisation des prochaines élections locales va dominer l'actualité politique dans notre pays. C'est du moins ce qui a été remarqué la semaine écoulée avec les différentes sorties aussi bien du côté de la Commission nationale électorale (CNE) que de celui du ministère de l'Intérieur.
C'est surtout au niveau de la structure dirigée par Jean-Louis Messan que les choses se sont accélérées. Notamment avec la communication lundi du nom du vice-président de la CNE pour le compte de l'opposition, en la personne de Michel Essima Ossé. D'aucuns diront que cette information est logique dans la mesure où ce bras droit du professeur Pierre-André Kombila au sein du RNB a dirigé le groupe de l'opposition dans le comité paritaire qui a réfléchi sur la révision du code électoral. En face de M. Ossé, l'honorable Luc Marat Abyla, pour le compte de la majorité.
Conscient du retard accusé, le président de la CNE a multiplié les réunions dont une séance plénière vendredi. Il a été question d'évaluer le travail qu'il y a à faire, la question financière et celle des locaux pour les représentations de l'intérieur du pays. Le premier projet de budget a été arrêté à 6 milliards de F CFA. Le ministère des Finances serait déjà saisi. Autant exprimer ici, le scepticisme de l'opinion quant à l'assurance d'obtenir cette somme.
C'est comme si, Jean-Louis Messan et les siens n'avaient pas conscience des difficultés auxquelles fait face le pays. Difficultés traduites dans le projet de loi de finances 2003, dernièrement adopté par le Conseil des ministres. Il faut espérer que le Premier ministre trouvera les mots pour convaincre les membres de la CNE quant à la nécessité d'intégrer la notion de sacrifice dans leur travail. Autre chose à ce niveau : la communication des représentants à la CNE des ministères techniques et ceux des partis politiques.
Du côté de l'administration il faut rappeler la sortie du ministre de l'Intérieur. Mercredi. Idriss Ngari est venu faire le point sûr l'état d'avancement des missions dévolues à son département dans l'organisation des élections: On retiendra essentiellement que le fichier électoral sera remis à la CNE dès la première semaine du mois de novembre.
Dans tous les cas, le locataire de l'avenue de Cointet semble décidé à ne pas faillir à sa tâche, conscient du défi qui est le sien et qui consiste à redorer le blason de l'administration, bien terni par le désordre enregistré lors des législatives de décembre 2001. Dans sa méthode, il a choisi de dire ce qu'il a fait et ce qu'il lui reste à faire. Sur ce point, on peut déplorer le silence du général Ngari sur 1'élaboration d'un programme d'éducation civique des électeurs. C'est l'une des missions, et pas la moindre, dévolues à son département.
D'un côté comme de l'autre, on assiste à une véritable course contre la montre à huit semaines de l'échéance.
• On peut dire que le bureau du Sénat sous la houlette de l'élu de Lambaréné, tient au projet de la construction du futur palais de la chambre haute du Parlement. Heureusement pour eux, le dossier avance à grands pas. Et c'est Georges Rawiri lui-même qui a annoncé, mardi, l'imminence des premiers coups de pioche. C'était au sortir d'une réunion avec les responsables de la société générale de construction de Shangaï. C'est la compagnie chinoise retenue pour l'exécution des travaux.
• Les députés ont successivement auditionné les ministres de la Communication, André Dieudonné Berre (mercredi) et du Commerce Jean-Rémy Pendy Bouyiki (jeudi). Le premier est parti défendre le projet de loi révisant certaines dispositions de la loi organique du Conseil national de la Communication (CNC). Le second a défendu pour sa part le texte réglementant la propriété industrielle. Voilà qui va non seulement stimuler le génie créateur des Gabonais, mais aussi le reconnaître. Le patron de la communication dans notre pays a déploré pour sa part la violation du la loi dans la procédure de création des journaux. Cependant il semble ignorer que c'est aussi à son administration qu'incombe le devoir de prendre des mesures pour réparer ces manquements.
• La semaine aura également été marquée par la célébration des "Journées internationales". De la femme rurale, à l'élimination de la pauvreté, en passant ar l'alimentation, une chose a frappé opinion: le goût des autorités pour les discours. Même si une mention spéciale est à décerner à Mme Angélique Ngoma qui a tout de même réussi à mobiliser les femmes gabonaises à Oyem. Par contre, les Gabonais considèrent que marquer une journée internationale de la lutte contre la pauvreté par une déclaration faite dans un bureau climatisé (mercredi) relève de la moquerie. Comme si les pauvres, et ils sont nombreux chez nous, connaissaient la climatisation...
• Les jours qui vont suivre pourraient être marqués par l'organisation, dans les chefs-lieux de provinces, de séminaires en faveur des formateurs des agents électoraux. Du côté de la CNE on attend les principaux responsables des commissions locales. l'assemblée nationale, les députés devraient auditionner le coordonnateur général à la Réforme administrative, M. Jean de Dieu Megome-Oyono, etc.