Son leader Pierre Claver Maganga Moussavou, dont aucun représentant ne fait partie de la liste des commissaires de l'opposition à la CNE, a introduit un recours auprès du président de cet organe.
L'ABSENCE du Parti social démocrate de la Commission nationale électorale en général, ainsi que des différentes commissions provinciales et départementales électorales au cours des élections municipales prévues d'ici au 15 décembre, était attendue. La passe d'armes entre ce parti et les membres de opposition "radicale" qui ont décidé de ne plus le reconnaître comme faisant partie du même bord politique qu'eux lui a été fatale à tous points de vue.
Cette méfiance qu'affichent aujourd'hui les anciens compagnons de route du PSD à égard de ce parti depuis que son leader, Pierre Claver Maganga Moussavou, est devenu ministre d'Etat, ministre de l'Agriculture et du Développement rural au sein du gouvernement d' "ouverture", a pris une tournure inquiétante pour l'avenir du PSD. Or, cet avenir politique commencera concrètement déjà avec les prochaines élections destinées a renouveler les Conseils municipaux et départementaux du pays, une échéance électorale qui tient particulièrement à cœur au chef du PSD, candidat probable à la mairie de Mouila, ville dont il fut maire par le passé, plus précisément à l'époque du parti unique.
EXPÉRIENCE
Pierre Claver Maganga Moussavou s'est personnellement rendu au siège "provisoire" de la Commission nationale électorale, où il est allé porter au président Jean-Louis Messan, son message écrit de protestation dans lequel il fustige cette sanction.
Il s'emploie dans cette missive, à en croire une source sûre, à démontrer qu'il est "victime" d'un complot ourdi par ses pairs de l'opposition radicale" pour le déstabiliser à l'approche des locales. De même, il a fait valoir qu'il reste un opposant. Enfin, il a rappelé ce qui lui a toujours servi de ligne de défense contre vents et marées à ce sujet, à savoir que c'est en tant qu'opposant qu'il figure au sein du cabinet Ntoutoume Emane II.
Ce qui n'est pas faux, et ses pairs ne le contestent d'ailleurs pas. Mais leur bataille avec lui semble davantage s'appuyer sur un argument juridique, au vu de l'évocation d'une disposition de la Constitution qui fait obligation aux membres du gouvernement d'être solidaires. Ce que lui non plus ne conteste pas.
ENTRETIEN CONVIVIAL
Dans la liste que la CNE a rendue publique, il est évident que le mode de désignation qui a prévalu est le principe de la parité entre la majorité et l'opposition. A cet égard quiconque n'est estampillé d'aucun de ces deux bords politiques ne saurait alors être choisi. Cet argument est majeur, il donne aussi à penser que s'il y a, comme c'est le cas, un recours à introduire, le PSD, plutôt que de s'adresser à la CNE , aurait peut-être été mieux inspiré de se tourner du côté de la Cour constitutionnelle.
Enfin, avant d'en arriver là, il y a ceci d'évident qu'au sein de l'actuelle CNE toutes les sensibilités politiques d'un camp comme de l'autre sont t représentées, et qu'en outre la grande majorité des personnalités retenues ont une expérience de cette Commission pour y avoir déjà été commissaires pendant les précédentes élections politiques organisées dans le pays. Cet atout sera-t-il suffisant pour voir se tenir des élections moins sujettes à contestations comme on le souhaite ?
• Sans prédire l'issue de ce recours qu'il a introduit auprès de la CNE, la même source a particulièrement relevé que le président de la Commission l'a promptement reçu, et leur entretien a été long et s'est déroulé sur un mode convivial et détendu. Reste à savoir maintenant si le président de la Commission nationale électorale, qui vient de rendre publique la composition de ladite Commission acceptera, en moins d'une semaine seulement, de se remettre en cause en la revoyant la configuration actuelle de la CNE pour faire une ou des places au PSD.• Cette situation est d'autant plus préoccupante qu'on a noté, à la suite de l'annonce de la composition de la Commission nationale électorale forte de tous ses représentants issus de la majorité présidentielle et de l'opposition, l'absence totale de commissaires estampillés PSD au sein de cette structure. Ce parti a toujours joué un rôle clé au nom de ladite opposition. Et son leader qui n'y a pas cru tout de suite, selon ses proches qui lui ont donné l'information, a dénoncé cette décision de la CNE.