Un devoir qui incombe en priorité aux ministères (Intérieur, Communication et Éducation nationale), à la CNE et au CNC.
LE point de presse, le 16 octobre dernier, du ministre de l'Intérieur Idriss Ngari, a donné un parfait aperçu de ce que peut et doit attendre le citoyen en temps d'élection : une meilleure information dans sa direction. Listes électorales, cartes d'électeur, matériel électoral, formation des formateurs (à charge pour ces derniers de former a leur tour les membres des bureaux de vote): l'avenue de Cointet s'est efforcé d'indiquer à quelles étapes elle se trouvait dans l'accomplissement de ses missions.
II reste toutefois le volet lié à la campagne d'éducation des électeurs proprement dite, d'autant plus important qu'il détermine pour une large part la fréquentation des bureaux de vote le jour de l'élection. "L'autre fardeau d'Idriss Ngari", analysions-nous déjà il y a une dizaine de jours ('L'Union Plus" du 15 octobre 2002). Le ministre de l'Intérieur ne peut le porter seul. Doivent s'associer à cet effort, les départements de la Communication et de l'Éducation nationale, le Conseil national de la communication (CNC). Sans oublier la Commission nationale électorale (CNE), tenue de communiquer sur les conditions d'organisation et de déroulement du scrutin.
Il va sans dire qu'une campagne de cette nature nécessite la mobilisation de moyens conséquents, en argent, en hommes et en équipements. Et si on attend du ministère de l'Intérieur qu'il en conçoive le contenu et qu'il en assure la réalisation, le ministère de la Communication, comme le CNC, devraient logiquement l'aider dans la mobilisation des médias, audiovisuels notamment, en faveur de l'éducation des citoyens impliqués directement dans le processus électoral (candidats, organisateurs, assesseurs, etc) ou indirectement en tant qu'électeurs.
Le ministère de la Communication pourrait également ouvrer à la sensibilisation des organes de presse écrite, toutes tendances confondues, au profit de l'information civique des électeurs en dehors de toutes prises de position partisanes. Après tout les valeurs de solidarité, de fraternité, d'unité, de tolérance, de démocratie, de respect du choix des électeurs ou de participation à la vie publique sont communes à tous les Gabonais.
Bien entendu, il ne serait pas raisonnable, comte tenu des difficultés financières que traverse la presse écrite, de demander aux éditeurs d'augmenter leur pagination en période électorale pour éduquer les citoyens, rôle qui incombe en toute logique au gouvernement. Par conséquent, l'État pourrait financer les pages que les journaux consacreraient aux compte-rendus des meetings et déclarations des principaux candidats. De même qu'à l'information civique.
Comment ? En prélevant des montants correspondant aux espaces consacrés (par exemple un cahier spécial de 4 pages par journal) sur la ligne budgétaire "soutien à la presse écrite figurant dans les Dépenses communes de l'État, chapitre 672". Cette utilisation des crédits inscrits au budget 2002 aurait ainsi une double vocation: soutenir la presse écrite avec comme contrepartie la participation des médias écrits a une meilleure information des lecteurs-électeurs.
Quant au contenu des pages spécifiquement consacrées à 1 éducation civique des électeurs, il pourrait être rédigé par un collectif de journalistes issus des différents journaux paraissant au Gabon. Objectif : éviter la politisation partisane du contenu suivant les sympathies politiques des médias.
À cet égard, le CNC dont l'importance en période électorale n'échappe à personne, pourrait jouer un rôle en vigie en veillant à ce que les médias respectent les règles édictées en matière de couverture pluraliste des élections. Quitte à prendre des sanctions immédiatement applicables.
Reste la mission du ministère de l'Éducation nationale. Celle-ci consisterait en des cours d'instruction civique dispensés par les instituteurs des cours moyens et les professeurs du premier cycle du secondaire et traitant ces élections, de la vie municipale, des assemblées départementales, etc. Les élèves jouant les relais d'opinion auprès de leurs parents, ceux-ci seront sensibilisés à toute campa e civique.
Lest clair que cette opération s'inscrit comme une urgence. Ce qui revient à dire qu elle devrait débuter un mois avant le scrutin, c'est-à-dire mi-novembre.