Le PSD, qui n'avait pu obtenir de représentants à la CNE devrait, suite à la décision de la Cour constitutionnelle, siéger au sein de cet organe chargé de l'organisation des élections.
LONGTEMPS cantonné dans la réserve qu'il s'était imposée même au plus fort du bras de fer politico-juridique qui l'opposait depuis le 10 octobre dernier à ses anciens compagnons de l'opposition "radicale"qui l'avaient exclu de leurs rangs en raison de son positionnement jugé assez flou sur l'échiquier politique national, Pierre Claver Maganga Moussavou du Parti social démocrate a des raisons de sortir de son mutisme et de se réjouir.
Son parti, le PSD devrait dans les tout prochains jours siéger au sein de la Commission nationale électorale, organe au sein duquel il n'avait pu être représenté. Il prend ainsi sa revanche sur ses anciens campa gons de l'opposition radicale qui avaient refusé de l'associer à la liste consensuelle établie par cette famille politique.
Contre toute attente et au moment où tout semblait militer pour son isolement, la Cour constitutionnelle saisie par le président du PSD Pierre Claver Maganga Moussavou "aux fins de voir garantir son droit à participer à l'organisation des élections locales par la désignation de ses membres, au titre de l'opposition... ", a rendu vendredi une décision qui enjoint la CNE à reconsidérer sa position et à revoir sa copie.
La décision des hauts juges constitue rien de moins qu'une victoire de Maganga Moussavou dans la bataille engagée face au cap de l'opposition "radicale' qui s'est jusque-là résolue à ne plus associer l'actuel ministre d'Etat, ministre de l'Agriculture du gouvernement d'ouverture de Jean-François Ntoutoume Emane, dans le combat que ces " rands opposants "mènent de leur côté en vue de parvenir à une alternance politique au Gabon.
On se souvient que le 10 octobre 2002 au cours d'une réunion tenue à Awendjé, au siège du RNB -Kombila par la quasi-totalité des partis politiques dits de 1 opposition, ses leaders avaient décidé après de longues discussions de l'exclusion du PSD de cette famille.
Ils arguaient que la participation de son président à ce pan de l'Exécutif l'assujettit à la solidarité gouvernementale prescrite par l'article 33 de la loi fondamentale. Un argument juridique fort brandi par Michel Essima Ossé, le vice-président de l'opposition à la CNE, pour ne pas associer, avec l'accord des dirigeants de l'opposition "radicale", les membres du Parti social démocrate dans le management des élections locales.
DISCORDE
Accueillie avec satisfaction et soulagement dans les rangs du Parti social démocrate où la marginalisation du bloc de l'opposition pure et dure a été perçue comme un cuisant revers surtout à la veille des élections des conseillers et maires, la décision des juges constitutionnels, désaveu pour l'opposition, interpelle au premier chef le bureau de la Commission nationale électorale dirigé par Jean-Louis Messan.
En effet, concentré encore sur la mise en place effective des Commissions locales, tout indique, au regard des positions tranchées traduites parla décision des chefs de partis de l'opposition de faire bande à part, qu'une recomposition de la CNE et des structures locales ne se fera pas sans difficultés. Bien au contraire.
Puisque dans le contexte pré-électoral actuel marqué du sceau du consensus du landerneau politique surtout autour de l'ordonnance 05/2002 portant Code électoral, il est fort à craindre qu'une pomme de discorde naisse au sein de la Commission nationale électorale.
D'abord, dans l'opposition elle-même où l'on pourrait être tenté de bloquer la machine. Ensuite, au sein de ce groupement hétérogène et le bureau de la CNE, avec la globable entrée du PSD dans le management électoral. On craint que cette" affaire" ne vienne rompre le climat apaisé qui prévaut actuellement sur l'échiquier politique.
Face à ce schéma qui se dessine, le président Jean-Louis Messan va passer, avec cette "affaire", son premier grand test dans le règlement du problème posé par la probable prise en compte du PSD comme membre de la Commission nationale électorale. Étant donné que, comme l'a indiqué un des membres de la CNE, la décision de la Cour s'impose. On s'achemine vrai semblablement vers le remplacement d'un ou plusieurs représentants de l'opposition par un ou d'autres issus du PSD, voire de l'Union des forces de progrès (UPF).
Ce nouveau groupement créé vendredi dernier au Rapontchombo regroupe les membres du parti de Magana Moussavou et ceux de ancien député Ze Memini du Moréna. Dans le but de faim pièce aux "radicaux" en passant pour une opposition plus... crédible que le HCR et le FPC.
• Mais, depuis vendredi 25 octobre dernier ces différents arguments n'ont manifestement pas convaincu les membres de la haute Juridiction, qui a rétabli le PSD dans ses droits en lui attribuant le label d'opposant et, sur le même élan, lui reconnaissant le droit de figurer au sein de la Commission nationale électorale et ses démembrements chargés de l'organisation des élections des membres des collectivités locales.