LE président du Parti social démocrate (PSD) et ses militants viennent de prouver que la politique est un perpétuel combat. Dont l'issue n'est pas connue d'avance et dans lequel tout est possible. En moins de deux semaines, la formation de Pierre-Claver Maganga Moussavou a connu des fortunes diverses. Nombreux sont ceux qui pensaient que la mise à l'écart du PSD par le groupement de partis de l'opposition dans la désignation de ses représentants à la Commission nationale électorale (CNE) annonçait la fin de ce parti. Ils ont dû réviser leur position vendredi. Non pas à cause de la création avec Martin Ze-Mémini de l'Union des forces du progrès, mais plutôt en raison de sa "réhabilitation" au niveau de la CNE par une décision de la Cour constitutionnelle.
Cette décision rendue vendredi par la haute juridiction met indéniablement l'institution présidée par Jean-Louis Messan dans une situation des plus inconfortables. L'arrivée du PSD implique forcément des changements au sein de la CNE. La parité des représentants des partis politiques dans cette structure exige que Michel Essima Ossé se sépare d'un de ses collaborateurs. Mais de quel parti sera-t-il ? Comment les autres partis de l'opposition déjà représenté à la CNE vont-ils réagir à cette décision de la Cour constitutionnelle, étant donné que cette mesure apparaît comme si on leur imposait une collaboration avec une formation dont ils doutent des convictions ? Peut-on reprocher à Maganga Moussavou d'avoir revendiqué ses droits ? Dans tous les cas, cette décision de la Cour constitutionnelle en faveur du PSD risque de polluer l'ambiance au sein de CNE, voire au niveau de toute la classe politique.
• Pendant que la Cour constitutionnelle statuait sur la requête du président des sociaux-démocrates, Jean-Louis Messan et les siens étaient en conclave au cours d'une séance plénière dont le principal point à ordre du jour était la désignation des présidents des commissions électorales locales. Au regard des personnes désignées, on constate que conformément à l'ordonnance 0005/PR/2002 du 14 août 2002 portant révision de certaines dispositions, les commissaires ont choisi aussi bien les magistrats que d'autres hauts fonctionnaires. Mais moins de magistrats quand même, au point où certains membres de ce corps ressentent le retrait de l'exclusivité de l'organisation des élections comme une sanction. Si tel était le cas, ce serait de nature à contredire la déclaration de Gilbert Ngoulakia selon laquelle c'est la tête haute que les magistrats devaient prendre cette disposition.
La Commission nationale électorale a reçu, mardi, quelques véhicules du ministère de l'Intérieur. Ceux qui avaient suivi la déclaration du général Ngari le 16 octobre denier sont restés sur leur faim. Lorsque le locataire de l'avenue de Cointet avait promis de remettre le matériel électoral à la CNE le 22 octobre, les Gabonais pensaient plus aux urnes, isoloirs, encre indélébile, etc. Il n'y a pas eu de traces des ces effets. Peut-être que le ministre de l'Intérieur fera-t-il une autre sortie pour dire quand la CNE recevra cette partie du matériel électoral. Finalement la partie qui concerne les instruments les plus indispensables.
• Deux jours avant d'aller accueillir le président de la République au pied de la passerelle ~ l'avion qui le ramenait de Beyrouth où il a pris part au IXe sommet de la Francophonie, le Premier ministre, Jean-François Ntoutoume Emane s'est rendu sur les chantiers de l'université. Il a annoncé l'imminence de la reprise des cours : ceux-ci pourraient commencer le 15 novembre prochain. Il faut dire que l'optimisme du chef du gouvernement sur cette question n'est pas partagé par tous. A juste titre, au regard du travail qui reste encore à réaliser.
Les étudiants et leurs parents estiment qu'il faut régler tous les problèmes avant de rouvrir l'institution. Parce que l'impression suscitée par cette annonce est que le gouvernement dont il faut pourtant louer les efforts accomplis dans ce dossier, semble précipiter les choses. D'aucuns se demandent si tous les problèmes qui minent notre université trouvent leurs solutions dans le seul renforcement des structures. Tout compte fait, les étudiants attendent de voir dans deux semaines ...Sans trop y croire.
Les responsables du RNB/Démocrates ont compris qu'une élection ne se gagne pas dans des réunions à la cité Awendjé. Surtout que, pendant ce temps, les adversaires, au premier chef desquels le Parti démocratique gabonais sont sur le terrain. Depuis jeudi, le Pr Kombila et nombre de ses "amis" effectuent une tournée dans l'Ogooué-Maritime. Les mauvaises langues disent que les bûcherons ont été inspirés par Simplice Guedet Manzela qui a exprime son optimisme quant à la prochaine victoire de son parti. C'était dans une interview parue dans l'Union Plus mercredi.
• Il faut s'attendre, dans les sept prochains )ours, à l'installation des responsables des commissions électorales locales. Les partis de l'opposition , excepté le PSD, devraient se réunir pour arrêter la conduite à tenir face à la décision de la Cour constitutionnelle qui réhabilite la formation politique du ministre d'État Pierre-Claver Maganga Moussavou. Les experts du FMI qui sont à Libreville depuis la semaine dernière vont poursuivre leurs discussions avec ceux du ministère des Finances.