PRÉSIDENT de la Commission nationale électorale à peine nommé, Jean Louis Messan était attendu au tournant dans l'affaire entre l'opposition "radicale" et le Parti social démocrate de Pierre-Claver Maganga Moussavou dont les représentants ne figurent pas au au sein de la CNE, suite au veto" de leurs anciens amis..
Après le rebondissement spectaculaire induit par la décision de la Cour constitutionnelle enjoignant la CNE d'admettre le Parti social démocrate au nombre des partis devant être représentés dans cette structure pour le compte de l'opposition, nonobstant l'appartenance de son leader au gouvernement d' "Ouverture", le président Jean-Louis Messan s'est trouvé confronté à sa première véritable épreuve politique.
Contestée par les leaders de l'opposition "radicale", qui n'entendent pas faire route en compagnie du PSD au cours de ces élections, cette décision de la Cour constitutionnelle tendant à rappeler que le PSD est en droit de revendiquer son appartenance à ce camp politique, et conséquemment d'être représenté sous cette bannière à la CNE, a fait craindre ces temps derniers, l'ouverture d'une crise à ce sujet au sein de la Commission.
En réalité cette perspective avait été envisagée avant la tenue de la plénière de la CNE, avant-hier, au cours de laquelle ce problème a dominé les discussions, une fois iris sur le tapis par le président Messan et après qu'il eut demandé l'opinion du chef de file des commissaires de l'opposition "radicale", son vice-président à la CNE, le premier secrétaire du RNB/Démocrates, Michel Essima Ossé.
L'opinion de ce dernier, opposé à l'admission des "élus" du PSD parmi eux n'a surpris personne, et pour tout dire, même pas le président de la Commission nationale électorale qui a tenu à faire partager aux membres de la Commission la teneur de la décision de la Cour, sans chercher à leur imposer son opinion personnelle.
Cette façon de procéder, ainsi que l'ont décrit certains commissaires, a eu le mérite de révéler la tension perceptible dans le camp de l'opposition, qui cachait mal son envie d'en découdre en ouvrant des hostilités quitte à causer une paralysie de la Commission en réaction contre le retour forcé qui ne dit pas son nom, à leurs côtés, du PSD.
Autre chose, en écoutant le chef de file de l'opposition "radicale" à la CNE développer ce qui a jusque là été leur ligne de défense pour démontrer qu'en tant que parti faisant partie du gouvernement, le PSD ne saurait encore se réclamer de l'opposition en cette période électorale, le président de la CNE a surtout compris que dans cette affaire vouloir absolument s'en tenir à la décision de la Cour, pouvait ouvrir la brèche à une crise sans précédent au sein du bureau de la CNE.
Le spectre d'une telle impasse aura malgré tout plané au-dessus de cette structure dès l'annonce de la décision de la Cour rendue vendredi 25 octobre en faveur du PSD, et l'opinion n'avait pas manqué de se demander comment allait se comporter le président de la CNE à l'épreuve de cette bataille des commissaires. Et une question était sur toutes les lèvres : la CNE allait-elle se remettre en cause et procéder à une modification de la liste de ses membres?
Saisi par le PSD dans ce sens, après que ce parti et son leader eurent tenté à deux reprises de leur forcer la main en introduisant en vain une liste unilatérale de commissaires, le président de la Commission avait déjà catégoriquement rejeté cette façon de vouloir jeter de l'huile sur le feu.
Évidemment, dans son argumentaire pour récuser les appels du chef du PSD, Jean-Louis Messan eues autres membres de la CNE n'ont eu de cesse de rappeler que ceux qui y sont ont été envoyés non pas par les partis individuellement pris, mais plutôt par les camps politiques. Et c'est au fond la même chose qu'il vient de redire à la Cour constitutionnelle dans la réponse à sa récente décision, bien qu'il ait seulement fait valoir le risque d'une refonte permanente de la composition du bureau de là Commission, voire de celle-ci en général.
Aux yeux de l'opinion c'est u n acte politique que le président de la CNE pose avec une habileté rare que d aucuns n'étaient pas prêt,, à lui reconnaître. Haut cadre de la nation à la compétence que l'on vante, mais qui fait ses premiers pas sur la grande scène politique à la tête de la CNE, il entre ainsi avec la gestion de cette crise de plain-pied dans l'arène en renvoyant lu PSD face à l'opposition "radicale".
Et rien ne dit, alors, au vu du mode consensuel ou électoral ayant prévalu dans le choix des commissaires de l'opposition, que le PSD et la tendance du Moréna de Ze Memini qui trouveront sur ce chemin l'autre tendance rivale du Moréna, incarnée par Molière Boutamba, ce faucon parmi les faucons, aient une chance d'être éligibles.