La succession du père Paul Mba Abessole à l'Hôtel de Ville est plus que jamais ouverte dans la capitale, même si officiellement la campagne électorale n'est pas lancée.
QUI succédera au père Paul Mba Abessole à la tête de la mairie de Libreville, la plus importante municipalité du pays? L'interrogation est loin d'être hâtive ou déplacée, et la fébrilité qui s'est emparée de certains hommes politiques et l'atmosphère de veillée d'armes qui règne dans les états majors des partis ne trompent guère sur le fait que des grandes manœuvres sont en préparation.
Bien plus, plusieurs prétendants à l'Hôtel de Ville de Libreville ont fait acte de candidature plus ou moins explicitement ces temps derniers, alors que d'autres personnalités n'ont jamais fait mystère de leur ambition de devenir maire de la principale ville du pays à l'issue des élections locales qui pointent à l'horizon.
La liste, sans être exhaustive, compte déjà une bonne dizaine de noms. Le leader du Centre des libéraux réformateurs et député-maire du IIIe arrondissement de la capitale, Jean Boniface Assélé y figure en bonne place. Sa candidature, même si elle n'est pas confirmée ne surprendrait personne, c'est plutôt le contraire qui prendrait tout le monde y compris ses adversaires les plus irréductibles, à contre-pied.
Chef de file - avec l'actuel ministre délégué auprès du ministre d'Etat ministre de L'Économie, du Budget et de la Privatisation, Jean Eyeghé Ndong- de l'opposition municipale, contre l'hégémonie du RNB/RPG, ses philippiques contre le maire central ont défrayé la chronique, tout au long du quinquennat qui s'achève. La bataille pour le contrôle du marché de Mont-Bouët et ses substantiels revenus est un exemple parmi tant d'autres.
L'autre personnalité dont la candidature est évoquée avec insistance est l'actuel Premier ministre, chef du gouvernement, Jean-François Ntoutoume Emane. Mais cette information le concernant est pour le moment à prendre prudemment, même si dans son fief électoral de Lalala, au 5e arrondissement, la grande majorité des citoyens ne verraient pas d'inconvénient à ce que leur champion défie le maire sortant qu'il a souvent battu par le passé aux précédentes élections législatives, au moment où ces derniers l'accusent de manquer de méthode politique pour faire entrer de l'argent à la mairie de Libreville en mettant en place une politique plus imaginative. A leurs yeux, d'autre part, le changement s'impose qui soit porteur d'un meilleur management dés hommes à l'Hôtel de Ville.
D'autres candidats appartenant au même arrondissement font également figure de challengers sérieux, mais il faut encore patienter en ce qui concerne ces derniers.
Ancien ambassadeur du Gabon au Maroc récemment nommé délégué général au tourisme, Mehdi Teale se lance lui aussi dans la course à la mairie. Il bénéficie du soutien des jeunes notamment, c'est un homme neuf en politique "politicienne", et à ce titre il incarne donc le changement.
Florent Mba Sima, l'ex gouverneur de l'Estuaire, est l'un des challengers dont on parle de même que le quatrième maire adjoint de Librevile, Marguerite Virginus Makaga, l'une des tenantes de l'aile dure du RNB/RPG, une battante pas facile à manoeuvrer. Mais pour l'heure, toutes ces candidatures restent du domaine des hypothèses, puisque pour la plupart il leur faudra en dernier ressort obtenir l'onction de l'appareil de leur parti.
Ceci étant, pour les Librevillois, les enjeux de cette élection attendue sont énormes à commencer par le grand défi de conjuguer l'ambition internationale de Libreville et la démocratie de proximité. Avant tout, il s'agira pour les prétendants d'imposer déjà une profonde rupture dans leur discours programme, axé sur la gestion municipale pour promouvoir les investissements mi tardent jusque-là à être palpables avec un budget qui oscille autour de 15 milliards de t'CFA.
Actuellement la plus grosse part est allouée par l'équipe sortante au paiement des salaires faramineux, dit-on, pour certains, et très modeste, pour d'autres. Il s'agira surtout au regard des fortes attentes des populations d'être plus imaginatif et d'accorder la priorité au cadre de vit, et donc à l'environnement pour sortir la ville des ordures ménagères sous le poids desquelles elle croûte.