Devant le ministre de l'Intérieur Idriss Ngari, les leaders de ce bloc politique ont exprimé des inquiétudes par rapport à une éventuelle modification par le Parlement majoritairement du Parti démocratique gabonais (PDG) de l'ordonnance 05/2002 qui réglemente les élections dans notre pays. Par Lin-Joël NDEMBET L'OPPOSITION gabonaise a donné avant hier face au ministre de l'Intérieur, Idriss Ngari qui recevait ses leaders des signes encourageants de participation positive au débat en vue de la transparence électorale, en se prononçant pour le maintien de I esprit et de la lettre du Code électoral actuellement sur la table des députés. Contre toute attente et au moment où l'on s'interrogeait sur l'état d'esprit qui anime ce bloc politique qui fait son retour sur la scène politique après la volte face du mois d'août dernier, son chef de file, jules Aristide Bourdès Ogouliguendé, s'est posé en fervent défenseur de l'ordonnance élaborée de manière consensuelle lors de la concertation politique placée sous les auspices du résident Omar Bongo. Ce sommet des leaders de la majorité et de l'opposition avait été présenté par le chef de l'Etat comme une opportunité qui leur avait été offerte, après les fortes critiques autour de l'outil électoral, pour dessiner de nouvelles règles qui devaient permettre d'améliorer de manière si5nificative l'organisation des élections dans notre pays. RECUL ÉLARGISSEMENT Dans cet ordre d'idées l'opposition convie publiquement la majorité et la société civile à une table ronde qui permettra, selon le leader du CDJ, d'éclairer l'opinion nationale sur les dispositions du nouveau Code électoral et de les intéresser à nouveau au processus électoral, surtout après la forte abstention qui a marqué les dernières élections législatives. A moins de deux mois de la date butoir fixée par la Cour constitutionnelle, la réunion tenue au ministère de l'Intérieur à l'initiative de l'opposition elle-même, semble avoir permis des avancée sur plusieurs points et sur des préoccupations majeures et manquement exprimés devant le ministre Idriss Ngari. Notamment autour de la dynamisation du Conseil national de la Démocratie, organe, qui i 1 faut le reconnaître, n'aura eu d'existence que légale, faute d'avoir fonctionné normalement depuis s a création. Or, cet organe, qui a vu son utilité à nouveau reconnue par toute la classe politique, est appelé à jouer un rôle fondamental dans le processus électoral conformément à l'article 113 de la loi électorale, puisqu'il est destinataire des procès-verbaux transmis sans délai par 1a Commission nationale électorale. ENJEU ÉLECTORAL Sans toutefois donner d'indications précises ni fournir les preuves des faits incriminés, ses leaders ont fait état des manigances orchestrée, par diverses personnalité politiques et futurs candidat visant à inscrire en masse d c -électeurs, en violation du l'article 48 qui exige des inscriptions individuelles et personnelles sur le fichier national. Des manœuvres qui traduisent la remise au goût d, i tu r et sous une autre forme lancinant problème du "transfert des électeurs" aura causé beaucoup de tort a l’organisation des opérations électorales et à la transparence du vote dans notre pays depuis plusieurs années. Il faut dire aujourd'hui que, plus qu'hier, les opposants entendent faire de a mise en place de cette institution présidée depuis sa création par le leader du CDJ, un nouvel enjeu électoral. En ce sens, que la non prise en compte par le gouvernement de cette recommandation faite par la Commission paritaire majorité opposition, de doter cette structure de moyens lui permettant d'assumer pleinement ses missions, tranche avec la volonté exprimée de part et d'autre de parvenir à la transparence et la crédibilité du prochain vote. Au-delà, l’est évident que cette exigence formulée par ce camp politique ne cache pas moins les arrière-pensées des opposants qui, après avoir tenté en vain d'obtenir l'élargissement du nombre des destinataires des procès-verbaux, voient dans l'application effective de l'article 113 du code électoral, un moyen à leur portée pour contrôler a posteriori des résultats électoraux. Dans tous les cas engagé à nouveau dans le débat autour de la transparence électorale, l'opposition gabonais( a sauté sur l'occasion pour dénoncer le retour de pratiques jugées contraires au, nouvelles dispositions de 1a loi électorale, notamment en matière d'inscription sur les listes électorales.• En fait, les opposants estiment que la mouture qui sortira du parlement pourrait ne plus être identique à celle élaborée par les deux parties autour du président de la République. Ce qui, de leur point de vue, constituera un recul par rapport aux acquis obtenus durant la concertation politique.Au regard de la démarche initiée par cette famille politique, représentée lundi après-midi, à l'avenue de Cointet certains de ses ténors, dont Michel Essima Ossé, du RNB, Léon Mbou Yembi, du PAR, Joseph Louembé, du Parti gabonais du progrès, Albertine Maganga Moussavou du PSD, il y a visiblement une volonté marquée de préserver ces acquis indéniables devant garantir la transparence électorale souhaitée par tous les acteurs politiques.• Rompant avec une attitude qui était depuis lors apparue à rebours du climat de franchise et de considération mutuelle qui avait dominé leurs discussions avec la majorité autour du nouveau dispositif, jules Aristide Bourdés Oguliguendé a clairement affiché, et ce pour la première fois, son entière satisfaction par rapport à l'ordonnance 05/2002 portant modification du Code électoral. Indiquant que ses pairs et lui n'ont rien à redire sur ce texte. En revanche, c'est justement par crainte de voir le nouveau dispositif électoral, fruit de dix (10) jours de " confrontations parfois harassantes et délicates, mais souvent de juxtaposition imprévues et heureuses" entre représentants des deux camps politiques, subir d'éventuels amendements du Parlement dominé par "la majorité présidentielle", que Jules Aristide Bourdès Ogouliguendé et ses collègues ont exprimé quelques inquiétudes. Les appréhensions du leader du CDJ, juriste émérite, avaient principalement trait aux risques perceptibles que pourraient engendrer l'utilisation par les parlementaires de leur droit d'amendement de l'ordonnance reconnu par la Loi fondamentale. De l'avis, du chef de file de l'opposition, ce texte pourrait subir quelques modifications. S’appuyant sans aucun doute sur les appréhensions exprimées par les députés jaloux de leurs prérogatives et qui s'étaient refusé à donner à leur institution l'image d'une chambre d'enregistrement en recevant dernièrement le ministre Idriss Ngari, l'opposition argue que la démarche législative en cours soulèvera quelques aspects purement politiques qu'il faudra nécessairement prendre en compte.
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