LA Rentrée judiciaire d'hier lundi 7 octobre 2002 a été marquée par l'intervention du premier président de la Cour des comptes Gilbert Ngoulakia; discours consacré, certes, au renforcement des capacités du corps judiciaire, mais également à la participation de cette famille à l'organisation des élections politiques dans notre pays intervenant dans un contexte préélectoral, mais surtout au lendemain d'une refonte du Code électoral, qui retire l'exclusivité de l'organisation des élections dans notre au corps judiciaire, exclusivité consacrée par les Accords de Paris, la sortie de Gilbert Ngoulakia "grand manager"des dernières élections législatives, a été l'occasion pour lui, de tirer les enseignements de cette expérience ayant connu des fortunes diverses.
Au lendemain des opérations électorales très contestées par la classe politique, laquelle n'a pas hésité à faire porter aux magistrats la responsabilité de ce chaos électoral sans précédent, les accusés ont, par la voix du président Ngoulakia, récusé les critiques dont les acteurs politiques n'ont cesse de les accabler depuis la fin des Législatives de 1996. C'est à l'issue des Accords de Paris deux ans plus tôt, que la classe politique réunie dans la capitale française à l'initiative du président Omar Bongo s'était accordée pour les faire descendre dans l'arène politique afin de garantir la sincérité et la crédibilité des élections politiques dans notre pays. Ce sont ces mêmes politiques, et davantage ceux de l'opposition qui sont montés au créneau oui demander le retrait des magistrats du jeu électoral au prétexte que ces derniers s'étaient dévoyés par leur partialité et autres attitudes lors du dernier vote des membres de la Chambre des députés.
Face à ces récriminations que les magistrats ont jusque là mal digérées, Gilbert Ngoulakia a choisi la rentrée judiciaire pour non seulement s'insurger contre ces attaques répétées, mais pour afficher la fierté des membres de sa famille dans l'action qui aura été la leur pendant toutes les années passées à la tête des structures chargées de l'organisation des élections politiques dans notre pays. Pour peu que l'on revienne sur les différentes consultations électorales organisées depuis 1996 notamment, l'on comprend aisément que l'action du corps judiciaire dans un monde où l'ada e selon lequel l'homme est un loup pour homme se vérifie chaque jour, n'a pas été si simple que cela. Bien au contraire. Cantonnées dans la seule préparation du vote, les magistrats ont vu leur rôle élargi à la réalisation d'un exercice périlleux de révision des listes électorales 'exagérément gonflées par les acteurs politiques de tous bords.
En dépit des manquements observés et dénoncés ici et là, il est évident que ces juges et autres hommes en toges ont marqué d'une forte empreinte la vie électorale de notre pays, notamment la phase de préparation. De ce point de vue Gilbert Ngoulakia et ses collègues affichent leur fierté d'avoir apporté leur contribution àl'équilibre et à 1 édification de la démocratique dans notre pays. Convaincu de la mémoire courte dont font preuve certains compatriotes plus enclins à la critique parfois stérile, le président de la Cour des comptes s'est employé hier à préciser que c'est grâce à leur savoir-faire, a leur sagesse et leur maîtrise en matière de management des élections que le Gabon a retrouvé la paix sociale, la stabilité politique et la sérénité démocratique quelque peu perturbées par les évènements de 1993.
Sortie en forme de bilan, celle faite hier par Gilbert Ngoulakia n'avait d'autre but que de susciter la sympathie, la reconnaissance des acteurs politiques, de la Nation pour l’œuvre accomplie pendant ces périodes difficilement vécues par ces hommes et femmes, qui ont été appelés à naviguer dans les eaux troubles de la politique. Où chausses trappes, coups bas, intrigues et autres manipulations, qui sont monnaie courante, sont apparues pour ces hommes de loi, des pratiques surréalistes. En somme, il s'agissait pour l'orateur de fixer l'opinion sur le rôle réel joué par le cors judiciaire tout au long du processus électoral, mais cette précision avait manifestement pour but interpeller les acteurs politiques sur l’œuvre accomplie par les magistrats durant la longue période passée au cœur de l'organisation et la préparation des élections dans notre pays.