Le ministre Idriss Ngari a annoncé le début du paiement de ce fonds alloués par l'Etat.
LE ministre de l'Intérieur, Idriss Ngari a mis fin hier à la longue attente des partis politiques suscitée par la subvention annuelle de fonctionnement allouée par l'Etat aux forces politiques reconnues et disposant d'élus nationaux et locaux.
Depuis le début de cette semaine et alors que des inquiétudes de ces derniers avaient été exprimées lors d'une précédente rencontre du ministre Ngari avec divers partis de l'échiquier politique national, les formations politiques aussi bien de la majorité que de l'opposition sont appelées à la caisse.
Conformément à l'article 24 de la loi relative aux partis politiques et aux conclusions de la concertation politique du mois de juin 2001 autour du président de la République, ils seront, selon des données recueillies auprès des services compétents, une vingtaine sur les trente six (36) partis légalement reconnus a se voir octroyer cette manne tant attendue par leurs responsables.
Sur cette vingtaine, et plus précisément les 19 partis concernés par ce financement, lequel leur permettra d'assurer le fonctionnement de leurs structures, on avance le chiffre de 12 qui répondent aux critères de représentation au niveau du Parlement, c'est-à-dire, avoir au moins un député ou un sénateur. Les autres étant des partis qui ont au moins un conseiller dans les assemblées municipales et départementales.
Le montant alloué sur fonds publics ayant été revu à la hausse en raison des plaintes formulées par les chefs de partis politiques lors de ladite rencontre avec le président de la République, à la veille des élections législatives de 2001, ces formations devront se partager 500 millions de francs inscrits dans le budget de l'Etat.
CONDITIONS.
Il est donc clair au vu de cette répartition que les heureux bénéficiaires disposeront, s'ils ne l'ont pas déjà fait, d'une bonne enveloppe qui devrait, d'ici la tenue des élections locales dans moins de soixante jours, s'enrichir de la subvention de campagne. Même si l'article 24 précité conditionne son versement au paiement préalable, par chaque parti politique, du cautionnement électoral indiqué à l'article 67 de l'ordonnance pour l'ensemble des candidatures présentées par ladite formation politique.
Face à cette manne financière, l'opposition et la majorité qui parlent évidemment le même langage lorsqu'il s'agit du "nerf de la guerre" pour avoir milité ensemble pour obtenir une hausse des dites subventions, ne manqueront pas à l'appel.
Que ce soit l'Union du peuple gabonais (UPG) de Pierre Mamboundou qui sort de sa solitude en amorçant un retour tactique aux côtés de ses compagnons de l'opposition, ou encore le PSD, le FAR, le CDJ, et autres, que ce soit les partis de la majorité qui comptent des élus au Parlement, (PDG, MCD, ADERE, RNB-RPG, CLR et autres), les portes du Trésor public leur sont grandement ouvertes.
C'est donc au regard de l'enveloppe globale qu'un responsable de parti voulant jouer la transparence, a révélé que le partage de ces fonds sera modulé pour ceux représentés au Parlement en fonction du nombre d'élus nationaux (députés et sénateurs). Tandis que ceux qui disposent d'un seul élu local au moins auront chacun au moins six millions de francs CFA. Ce qui ne représente pas grand chose clament certains, mais qui constitue néanmoins, une dotation assez importante, surtout au regard de la situation financière difficile que traverse le pays et des problèmes sociaux auxquels les pouvoirs publics doivent faire face pour assurer le mieux-être des populations. D'où le sentiment partagé à plusieurs niveaux de la strate sociale que la démocratie coûte vraiment cher à notre pays.