L'Assemblée nationale et le Sénat gabonais, réunis en Congrès mardi à Libreville, ont adopté une révision constitutionnelle instaurant le scrutin à un seul tour et autorisant le chef de l'Etat à briguer plus de deux mandats, a constaté une journaliste de l'AFP.Ces amendements ont été adoptés par 183 voix pour et 5 voix contre.
Parmi ces modifications, l'article 9 de la Constitution stipulera désormais: "Le président de la République est élu pour 7 ans au suffrage universel direct et au scrutin secret à un tour. Il est rééligible".
Jusqu'à présent, ce même article 9, adopté en 1997 pour sa première partie, précisait: "le président de la République est élu pour 7 ans au scrutin universel direct. Il est rééligible une fois".
Le président gabonais, Omar Bongo, en exercice depuis 1967, a été élu en décembre 1993 lors de la première présidentielle pluraliste, puis réélu en décembre 1998.
"L'élection présidentielle est la seule pour laquelle notre Constitution impose un nombre de mandats limités alors qu'il n'existe aucune limite pour tous les autres scrutins (...) La nouvelle disposition se propose de mettre fin à cette discrimination", avait expliqué lundi le porte-parole du gouvernement, René Ndemezo Obiang.
Outre la fin d'une "discrimination", cette révision vise également "à renforcer la démocratie en consacrant le suffrage universel comme seul juge en matière d'élection. En effet, le peuple est seul souverain et dépositaire de la légitimité quant au choix de ses représentants", avait fait valoir M. Ndemezo.
Un parti d'opposition, l'Union du peuple gabonais (UPG), avait introduit lundi un référé d'heure en heure devant le tribunal de Libreville afin d'obtenir le report de ce Congrès afin de laisser à la Cour constitutionnelle le temps d'examiner sur le fond sa requête concernant la conformité à la loi fondamentale de la convocation du Congrès.
Le secrétariat de l'UPG n'a pu préciser mardi matin où en était cette procédure judiciaire.
En octobre 2000, le Parlement a voté une révision de la Constitution qui accorde au chef de l'Etat une immunité judiciaire après l'expiration de son mandat.
Des élections présidentielles sont prévues au Gabon en 2005.