La presse gabonaise titre mercredi sur la révision constitutionnelle votée la veille, considérée par certains comme "une nouvelle ère" pour la démocratie mais qui, pour d'autres, place le Gabon au rang de "monarchie républicaine"."Omar Bongo, unique Gabonais!", titre le journal Le Peuple après l'adoption mardi par l'Assemblée nationale et le Sénat gabonais d'une révision constitutionnelle instaurant le scrutin à un seul tour et autorisant le président à se présenter sans limitation de mandats.
"Le chef de l'Etat avait-il vraiment besoin de modifier la Constitution pour rester au pouvoir?", s'interroge cet hebdomadaire indépendant.
En effet, cette révision permettra au président Omar Bongo, au pouvoir depuis 1967, de se représenter, s'il le souhaite, à l'élection présidentielle de 2012.
Ce qui fait dire à La Sagaie, un nouvel hedomadaire, qu'"en faisant de Bongo un président à vie, (la révision constitutionnelle) va définitivement classer le Gabon au rang de monarchie républicaine".
Ce journal indépendant rappelle en première page que "depuis le retour du multipartisme en 1990, Bongo a manipulé la Constitution cinq fois" en 1991, 1994, 1995, 1997 et 2000, auquel s'ajoute 2003.
Le pouvoir est donc monopolisé depuis 13 ans "par le seul PDG (Parti démocratique gabonais, au pouvoir) d'Omar".
La Sagaie qualifie cette révision de "gros caprice, après la fantaisie de l'an 2000", accordant "au prince" l'immunité judiciaire.
Les partisans de ces élections à un seul tour avançaient plusieurs arguments dont la réduction des coûts. Mais ce journal rappelle que de 1968 à 2003, personne n'a "participé à un second tour de présidentielle".
Le seul quotidien gabonais, L'Union, titre en Une, à propos de cette révision adoptée par 183 voix contre 5: "Comme une lettre à la poste".
Le journal pro-gouvernemental consacre presque deux pages à cette révision constitutionnelle qualifiée par le président de l'Assemblée nationale, de "jour historique", "en ce sens qu'il ouvre une nouvelle ère pour notre démocratie et pour notre pays".
Dans le premier numéro de Sub-version, ce bimensuel expose sous le titre "qui, après le Mollah Omar?", les différents scénarii concernant la succession d'Omar Bongo.
Ce débat a été relancé par cette révision puisque les textes en vigueur jusqu'à présent autorisaient déjà le président à briguer un nouveau mandat lors du prochain scrutin présidentiel en 2005.