Le président du PGP, qui souhaite "bon vent" à son collègue ayant décidé de saisir la Cour constitutionnelle pour dénoncer la procédure de révision en cours, annonce que le PGP n'ira pas devant les juges constitutionnels.
PLUS d'une semaine après l'intention affichée par Pierre Mamboundou, le président de l'Union du peuple gabonais de saisir la Cour constitutionnelle au sujet de la réunion prochaine des deux chambres du Parlement en Congrès en vue de l'adoption de la révision de la Loi fondamentale, Pierre-Louis Agondjo Okawé, leader du Parti gabonais du progrès, a laissé entendre un autre son de cloche.
A la faveur d'une conférence de presse tenue avant hier à Libreville, le vieil opposant a pris le contre-pied de son collègue de l'opposition dite "radicale" en annonçant clairement que son parti le PGP "n'ira pas à la Cour constitutionnelle". Mais, il a toutefois souhaité " bon vent "à ceux( les opposants) qui s'y hasarderaient.
Sous entendu, lui Pierre-Louis Agondjo Okawé, qui est le seul maître à bord au PGP, a-t-il tenu à préciser, ne suivra pas Pierre Mamboundou dans la démarche pour le moins inutile qu'il entend mener en direction des juges constitutionnels à ce sujet.
Cette déclaration du leader progressiste intervient dans un contexte parlementaire marqué par l'adoption par l'Assemblée nationale des nouvelles modifications intervenues dans l'article 9 de la Constitution. Le moins qu'on puisse dire c'est que la sortie publique du président du PGP vient davantage creuser le fossé qui sépare les deux dirigeants de 1’opposition gabonaise.
Tant il est clairement apparu depuis quelques années qu'Agondjo Okawé, qui avait pourtant contre toute attente, apporté son soutien en 1998 à Pierre Mamboundou, candidat à la présidentielle, a, à chaque fois, eu des positions sur plusieurs questions de la vie politique nationale qui contredisaient celles du leader upégiste. Mais aussi par rapport à la démarche suivie par l'un et l'autre pour atteindre les objectifs qu'ils se sont respectivement assignés dans leur combat politique.
Cette contradiction est observée surtout dans la forme, faut-il le remarquer, d'autant plus que le PGP par la voix de son président, se déclare non seulement opposé à une saisi de la Cour sur cette question, mais il dit être très attaché à la procédure référendaire comme seul mode démocratique de révision constitutionnelle. Sur le fond, les progressistes fidèles à leur guérilla parlementaire ont, selon l'honorable Agondjo Okawé, voté à l'Assemblée nationale contre la révision qui devrait malgré tout être adoptée par la majorité des députés et sénateurs mardi prochain lors de la réunion des deux chambres en Congrès. Un vote qu'il inscrit, fait-remarquer, dans le cadre d'une procédure viciée. En sus, le président du Parti gabonais du progrès, revenant sur la tenue samedi et dimanche derniers des assises du PDG, les a qualifiées de " congrès de restructuration ou de recomposition de la majorité présidentielle en un grand rassemblement de style Union pour la majorité présidentielle (UMP) en France".