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Révision constitutionnelle: "Le suffrage universel est seul juge en matière d'élection"
Auteur:  Jean Christian KOMBILA  | Date: 29 Juillet 2003  | Réactions ()
Section: Politique  | Source: L'Union

"Le suffrage universel est seul juge en matière d'élection"

Le ministre René Ndémezo' Obiang, au cours d'une conférence de presse hier, a défendu la révision constitutionnelle qui consacre un seul tour de scrutin pour toutes les élections dans notre pays. Pour lui, l'amendement de l'article 9 ne vise pas à instaurer une « La présidence à vie » du chef de l'Etat, M. Omar Bongo.

LA révision constitutionnelle initiée par le Parlement qui consacre dorénavant un seul tour de scrutin pour toute élection organisée en République gabonaise d'une part, et l'amendement de l'article 9 de la loi fondamentale qui, jusqu'à présent, fixait le nombre de mandats présidentiels, d'autre part, n'ont pas cessé d'alimenter le débat dans la classe politique. Le gouvernement, ne pouvait pas trouver meilleur avocat défenseur pour monter au créneau que son tribun porte-parole, et ministre chargé des Relations avec le Parlement, René Ndémezo Obiang.

Objectif : remettre les choses dans l'ordre concernant cette révision initiée, en réalité, par l'Assemblée nationale, mais au sujet de laquelle des voix critiques se sont élevées dans l'opposition pour susciter la polémique, en laissant entendre que l'Exécutif était le commanditaire, en sous-main, de ces changements intervenus dans la loi fondamentale.

C'est de Pierre Mamboundou, le leader de l'Union du peuple gabonais (UPG), que sont venues, en premier, les critiques les plus acerbes, puis, il y a quelques jours, le président du parti gabonais du progrès (PGP), Me Pierre Louis Agondjo Okawé a pris le relai. Pèle-mêle ils ont qualifié la révision constitutionnelle de "recul démocratique", de personnalisation de la République, de "volonté d'instaurer une présidence à vie" du président Omar Bongo. Certains leur ont emboîté le pas dans l'outrance en parlant de "chosification de la démocratie". Pas moins !

C'est donc sans surprise qu'hier lundi 28 juillet, la presse nationale et internationale a été conviée à une conférence de presse à l'Hôtel Méridien Ré Ndama par le ministre porte-parole du gouvernement, pour "contrer" ces attaques de l'opposition. René Ndémezo' Obiang a tenu à rappeler d'emblée que c'est l'Assemblée nationale, conformément à la Constitution, qui a initié cette proposition de loi portant révision de certaines dispositions de la loi fondamentale. " Elle vise essentiellement à instituer un mode de scrutin à un tour pour toutes les élections et à assurer un meilleur fonctionnement des institutions de l'Etat", a-t-il déclaré en préambule. Puis, il a ajouté que ce texte a été adopté le 14 juillet par le Conseil des ministres qui l'a clarifié en proposant de supprimer, pour une meilleure lisibilité, à article 9 de la Constitution, la limitation du nombre de mandats pour les candidats à l'élection présidentielle. Le nouvel intitulé étant désormais: " Le président de la République est rééligible", refusant à céder à la polémique, le ministre chargé des Relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement a estimé les analyses des leaders de l'opposition " erronées", voire "parfois malintentionnées".

Dans la mesure où le gouvernement qui est respectueux du sacro-saint principe de la séparation des pouvoirs, n'a jamais influencé le pouvoir législatif à cet effet. « L'initiative de la révision constitutionnelle appartient concurremment au président de la République, le Conseil des ministres entendu, et aux membres du Parlement ». Ainsi la présente proposition de révision émane du Parlement, elle doit encore être validée par voie parlementaire. " La révision est acquise soit par référendum, soit par voie parlementaire", a rappelé d'un ton ferme et définitif le porte-parole du gouvernement.

S'agissant de l'amendement proposé par le gouvernement, et pour battre en brèche les critiques, Ndemezo Obiang a expliqué que ledit amendement poursuit deux objectifs.

SOCLE INTANGIBLE

En premier lieu " l'harmonisation des conditions fondamentales d'éligibilité à toutes les élections". En effet, il n'existe aucune limite pour tous les autres scrutins, qu'il s'agisse des élections locales, législatives ou sénatoriales". Il était donc devenu urgent de loger les présidentielles à la même enseigne. " La nouvelle disposition, selon le porte-parole du gouvernement, a pour but de «mettre fin à cette discrimination ».

Le deuxième objectif que poursuit l'amendement 0uvernemental, est de " renforcer la démocratie".
" Il faut consacrer le suffrage universel comme seul juge en matière d'élection ". Autrement dit : " Le peuple seul est souverain et dépositaire de la légitimité quant au choix de ses représentants". Cette conclusion du ministre chargé des Relations avec le Parlement était contenue dans son propos liminaire. Elle aurait pu couper court au débat avec les journalistes, mais au contraire elle a suscité plusieurs réactions de leur part, fondamentalement axées autour de la volonté ou non d'instaurer la "présidence à vie".

« Entre la révision constitutionnelle et ce dont parle l'opposition, il n'y a aucun lien », a répondu Ndemezo'Obiang, expliquant qu’il « s'agit de donner tout le pouvoir ait peuple ». La sortie assez maladroite du leader du PGP traduit son désarroi: "Il semble que Me Agondjo et quelques-uns dans l'opposition ont perdu toute ambition d'arriver au pouvoir et toute idée d'alternance". Au journaliste qui a rappelé les vives critiques formulées par le vieil opposant sur les antennes de RFI, il a répondu: " C'est une façon de vouloir attirer l'attention sur lui au moment où son parti est déchiré".

Concernant l'autre attaque du chef du PGP liée à la succession à la tête du pays, et faisant un lien avec 1’élection de l'actuel ministre de la Défense au poste de vice-président du PDG à l'issue du dernier Congrès de ce parti, et reprise par le même journaliste, la réponse aussi a été nette : " Le PDG n'est pas un parti-Etat". Et d'ajouter : " La succession à la tête de l'Etat est codifiée par la Constitution, elle n'a aucun rapport avec les changements internes intervenus dans notre formation politique". Et de redire, une fois pour toutes

" Le peuple est libre de mettre fin au pouvoir de ses dirigeants par voie d'élection". Au-delà, il y a eu cette ultime interrogation consistant à se demander si, au-delà-même de la révision du nombre de mandats présidentiels, ce n'est pas au fond un problème de recherche permanente d'équilibre de la Constitution qui se pose . " Le socle de la Constitution est intangible, il n'a jamais été touché. Mieux, le gouvernement partage ce souci de ne pas voir galvauder la loi fondamentale", a conclu René Ndémezo' Obiang.

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