Le gouvernement gabonais a estimé lundi que la révision constitutionnelle qui doit être entérinée mardi, portant sur un scrutin à un tour et la non-limitation du nombre des mandats présidentiels, est un moyen d'"assurer un meilleur fonctionnement de l'Etat"."L'élection présidentielle est la seule pour laquelle notre Constitution impose un nombre de mandats limités alors qu'il n'existe aucune limite pour tous les autres scrutins", a affirmé M. René Ndemezo Obiang, porte-parole du gouvernement et ministre chargé des Relations avec le parlement.
"La nouvelle disposition se propose de mettre fin à cette discrimination", a-t-il ajouté.
L'Assemblée nationale et le Sénat devraient se réunir en Congrès mardi pour entériner ce projet de révision.
Si le texte est adopté, l'article 9 de la Constitution stipulerait: "Le président de la République est élu pour 7 ans au suffrage universel direct et au scrutin secret à un tour. Il est rééligible" et non plus: "Il est rééligible une fois".
Interrogé sur le lien "entre la révision constitutionnelle et la présidence à vie", "il n'y a aucun rapport, a répondu le ministre. La présidence à vie est un système autocratique sans consultations électorales".
La révision envisagée n'est "pas une révision personnalisée", contrairement à ce qu'ont affirmé, selon lui, certains opposants politiques.
"Pour se présenter, si tel était son souhait, le président de la République n'a pas besoin de procéder à une révision de la Constitution", a poursuivi le ministre. Le président Bongo, au pouvoir depuis 1967, peut se présenter pour son deuxième mandat à l'élection de 2005, a-t-il précisé.
Initié par le parlement, cette révision pouvait avoir lieu par référendum. Mais par souci d'économie, la voie parlementaire a été privilégiée: autrement "le gouvernement serait en totale contradiction avec lui-même", a indiqué le porte-parole.
Cette révision intervient alors que le parti présidentiel, le Parti démocratique gabonais (PDG), a tenu mi-juillet son 8ème congrès. Le président Bongo, qui avait précédemment abandonné les rênes du parti, a été élu président lors de ce dernier congrès et son fils, Ali, ministre de la Défense, a été élu vice-président. Le parti compte six vice-présidents.
"Il n'y a aucune liaison à faire entre cela (la nomination d'Ali Bongo à la vice-présidence) et la succession à la tête de l'Etat gabonais", a répondu aux journalistes M. Ndemezo'Obiang.