Les élections au Gabon pourraient désormais se dérouler à un tour, selon un projet de loi soumis aux députés gabonais sur une révision partielle de la Constitution, a-t-on appris vendredi de source officielle à Libreville.
Le président de l'Assemblée nationale, Guy Nzouba Ndama, a proposé jeudi à l'examen des députés un projet de loi prévoyant une révision de plusieurs articles de la Constitution, dont les articles 4,9 et 10 relatifs à l'organisation des élections.
"Il s'agit essentiellement d'instituer un mode d'élection à un tour", au lieu de deux tours actuellement, a déclaré le président de l'Assemblée nationale, cité vendredi par le quotidien pro-gouvernemental L'Union.
En cas d'adoption par les parlementaires gabonais, cette mesure devrait s'appliquer en toute logique au futures élections présidentielles de 2005.
Le président gabonais Omar Bongo, à la tête du Gabon depuis 1967, n'a pas encore clairement indiqué s'il se présenterait pour un nouveau mandat, ce dont la presse et la classe politique gabonaise ne semblent guère douter.
Selon L'Union, cette mesure serait motivée par un souci d'économie au moment ou ce petit pays pétrolier d'Afrique centrale d'1,2 millions d'habitants traverse une passe financière préoccupante.
Il s'agirait de "réduire les coûts exorbitants qu'impliquent les élections à deux tours", qui reviendraient à 15 milliards de francs CFA (22,8 millions d'euros), poursuit L'Union.
Selon le libellé du texte présenté aux députés, cette mesure vise aussi à "éviter les candidatures fantaisistes", "amener les partis politiques à se responsabiliser davantage en ne présentant que des candidats crédibles", et "éviter les alliances contre nature qui, en cas de deuxième tour, faussent le jeu démocratique et heurtent profondément les consciences".
La classe politique gabonaise n'a pas encore commenté ce projet.
Ce dernier a en revanche été fraîchement accueilli vendredi par l'hebdomadaire indépendant Le Peuple, sous le titre: "au secours, la démocratie en dérive! C'est le vote unique!".
"Y aurait-il des candidats connus qui gêneraient certains au cas où un second tour était organisé?", s'interroge le journal en référence à la présidentielle de 2005.