Pierre Mamboundou, leader de l'Union du peuple gabonais, entend saisir la Cour constitutionnelle sur la convocation prochaine de la réunion des deux chambres du Parlement en congrès.
L'OPPOSITION gabonaise, par la voix du leader de l'Union du peuple gabonais, a annoncé hier une série d'actions aux allures de baroud d'honneur autour de la révision constitutionnelle qui doit intervenir à l'occasion de la réunion prochaine des deux chambres du Parlement en Congrès.
Longtemps terré dans son fief de Ndendé où l'homme, après sa sortie de l'Assemblée nationale, assume uniquement les fonctions de maire depuis les élections de 1996 et 2001 dans cette localité, Pierre Mamboundou a décidé de saisir la Cour constitutionnelle.
Dans la logique de ce dernier, la haute juridiction devra statuer sur les modalités de convocation de cette réunion, ses règles de fonctionnement, au cours de laquelle les deux institutions parlementaires seront convoquées prochainement pour adopter la nouvelle mouture de la Loi fondamentale.
La démarche de cet opposant n'a rien de surprenant. Bien au contraire, puisqu'il en avait initié une similaire en 1997 à la veille de la révision constitutionnelle ayant débouché sur l'instauration du poste de vice-président de la République, autonomie financière des deux chambres du Parlement, etc. Celle-ci n'avait eu aucune influence sur la tenue, de cette première rencontre des deux chambres du Parlement, d'autant que le texte était passé comme lettre à la poste.
Par contre, ce qui étonne dans la sortie du leader du l'UPG, c'est simplement que l'homme, bien que convaincu de ce que celle-ci reste vaine? mais en plus, n'aura aucune influence sur le cours de l'Histoire. Puisque l'opposition est minoritaire au sein du Parlement (Assemblée nationale et Sénat), tente le coup. Question semble t-il de sortir d'un long et curieux silence.
Mais pour son parti qui reconnaît qu'il se lance dans une action individuelle, manière de s'attaquer à ses collègues de l'opposition "qui pour lui, n'ont rien entrepris jusque-là", cette procédure engagée auprès de la haute juridiction est une manière de "faire son travail"de parti politique.
A l'appui de sa prochaine requête, le président de l'Union du peuple gabonais présente des arguments d'ordre juridique et tente, en revanche, de faire croire que ceux émis par les initiateurs de la proposition de loi, doublée depuis hier du projet de la modification présenté par le gouvernement lors du Conseil des ministres, notamment financiers, ne sont pas fondés.
Pour ce faire, au-delà de la saisine de la haute cour pour "la mettre devant ses responsabilités" et sans illusion sur la suite qui sera donnée à celle-ci, cette formation politique, qui se dit parti légaliste, entend désormais, selon les termes de l'opposant, se mettre en ordre de bataille pour défendre "les résultats des urnes".